Accueil > Dictionnaire > Les termes psychologiques commençant par R > La définition de réactionnelle


La définition de Réactionnelle



La formation réactionnelle

Il s'agit d'un comportement ou d'un processus psychique de défense, ayant valeur de symptôme, mobilisé par l'individu en réaction contre certains contenus ou désirs inconscients.
La formation réactionnelle exprime surtout d'une manière manifeste la composante défensive du conflit. Alors que, dans la formation de compromis, les deux forces qui se sont séparées se rencontrent de nouveau dans le symptôme, dans la formation réactionnelle, c'est le processus de défense qui prédomine dans son opposition systématique au surgissement de motions pulsionnelles refoulées. C'est en ce sens que la formation réactionnelle a pour origine essentiellement le surmoi.


La psychose réactionnelle

Il s'agit d'une maladie mentale de structure psychotique provoquée par une situation, un événement ou un accident. Elle met l'individu qui en est victime dans l'incapacité de s'y adapter sur un mode simplement émotionnel ou névrotique. On peut considérer la psychose réactionnelle comme une véritable défaillance psychique conduisant à un état psychotique aigu ou subaigu, qui est la conséquence directe d'une épreuve insurmontable venant du milieu externe. C'est une psychose psychogène ou exogène, s'opposant, dans la nosologie d'Emil Kraepelin, aux grandes psychoses endogènes, dont l'évolution est plutôt chronique, que ce soit sur un mode continu ou périodique.
Depuis les débuts de la psychiatrie, on a reconnu l'origine émotionnelle de certaines affections psychotiques. Philippe Pinel avait décrit des cas de manie et d'idiotisme provoqués par des émotions intenses. Jean-Étienne Esquirol montrait de son côté que les causes morales sont aussi fréquentes que les causes physiques dans le déclenchement de l'aliénation mentale. Et Valentin Magnan insistait sur les facteurs émotionnels susceptibles de produire une psychose chez les individus atteints de dégénérescence.
Mais c'est Ernst Kretschmer qui a le mieux précisé la distinction de Kraepelin entre psychoses endogènes et psychoses psychogènes réactives. Pour ces dernières, il conseille de bien différencier les réactions primitives des réactions de la personnalité. Les premières seraient ontogénétiquement et phylogénétiquement archaïques et s'observeraient le plus souvent chez des individus dont la personnalité est restée immature ou faible, ou a été affaiblie par un traumatisme trop violent. Quant aux secondes (les réactions de la personnalité), il faut les considérer comme des réactions représentant vraiment l'expression la plus pure et la plus marquante de l'individualité tout entière. Ce sont de véritables expériences clés. Ce qui amène Kretschmer à faire de certains délires paranoïaques de véritables réactions de la personnalité, qu'ils soient passionnels, comme la jalousie morbide ou l'érotomanie, ou relationnels, comme le délire de relation des sensitifs.
Mais, pour Henri Ey, avec une telle extension de la causalité réactionnelle, on en arrive à faire de toute psychose une psychose réactionnelle « en ce sens qu'il n'y a pas de troubles mentaux qui ne soient en étroite relation avec l'histoire du sujet ». C'est pourquoi il faut restreindre la notion aux troubles qui ne se seraient pas produits si le traumatisme psychique n'avait pas eu lieu, et qui sont en relation compréhensible avec le facteur déclenchant. Il n'y aurait donc psychose réactionnelle que lorsqu'elle apparaît en continuité temporelle avec un événement exogène, psychogène, atteignant un psychisme relativement sain. Ainsi, devant le même événement traumatisant, l'individu qui fait une psychose réactionnelle doit avoir un seuil de réaction plus bas que celui qui n'en fait pas. Mais le terme doit être réservé aux psychoses où la prédisposition reste minimale alors que la cause occasionnelle est maximale.


La psychose réactionnelle au plan étiologique et clinique

Sur le plan étiologique, on décrira surtout des psychoses de guerre, ou de grandes catastrophes, et parfois consécutives à l'isolement, à l'emprisonnement, à la séparation brutale.
Sur le plan clinique, leurs manifestations sont parfois de type dépressif et, plus rarement, maniaque. Elles revêtent souvent l'aspect d'une psychose subaiguë anxieuse et confusionnelle du type bouffée délirante. Elles peuvent être aussi, pour Kretschmer, des réactions délirantes systématiques à type de délire de relation ou de psychose passionnelle. Mais celles-ci n'évoluent pas forcément vers un délire chronique, pouvant n'apparaître que comme une réaction paranoïaque subaiguë. Cependant, la place nosologique des psychoses réactionnelles reste très discutée.


Autres termes psychologiques :