Accueil > Dictionnaire > Les termes psychologiques commençant par R > La définition de réaction


La définition de Réaction


La réaction désigne un comportement simple et bien identifiable, suscité par un élément constant ou répétable de l'environnement, que l'on appelle généralement le stimulus de cette réaction.


La différence entre la réaction et la réponse

Le comportement peut être découpé de diverses façons. Par exemple en unités définies par leurs buts, appelées des conduites (se promener, travailler, raconter, etc...). Dans certains cas, la mention du stimulus déclenchant est de peu d'intérêt.
Certains comportements peuvent être caractérisés par le fait qu'ils apparaissent de façon constante quand l'individu se trouve en présence d'un certain élément ou événement de l'environnement. C'est cette catégorie particulière de comportements qu'on appelle des réactions (ou des réponses). Les événements qui les suscitent sont alors les stimulus de ces réactions.
Cependant, il serait inexact de considérer que tout comportement est une réaction, bien qu'il ait existé une tendance à confondre ces deux notions. On peut considérer le mot réaction comme absolument synonyme de réponse. En revanche, le mot réflexe a un sens plus restreint. En effet, il ajoute l'idée que le stimulus produit toujours (à 100%) la même réaction. Au contraire, on peut parler de pourcentage de réactions à un stimulus lorsque la constance est relative.


La réaction en psychiatrie

En psychiatrie, la réaction correspond à la réponse psychopathologique originale et spécifique qu'un individu peut opposer à un événement vital, un traumatisme psychologique, risquant de mettre en péril son équilibre mental. En référence à la théorie médicale vitaliste du XVIIIe siècle qui désignait par réaction toute réponse d'un organisme vivant à tout ce qui met en péril sa survie, sous la direction du principe vital, cette notion est trop vague pour être utilisée valablement en psychiatrie, si ce n'est comme adjectif pour désigner une névrose ou une psychose réactionnelle.
Cependant, elle a été largement développée par Adolf Meyer, qui avait tenté, au début du XXe siècle, de substituer à la nosographie psychiatrique d'Emil Kraepelin une classification en types de réaction. Pour lui, la maladie mentale doit s'envisager comme une réponse, un comportement réactionnel pathologique à des stimulations, des exigences du milieu, auxquelles l'individu ne peut donner une réponse adaptée. Et il classe ces types de réaction morbides en se référant à une notion de dynamisme global, d'ergon (énergie en grec), qui va servir de base à la subdivision des comportements psychopathologiques, appelés par lui troubles de l'ergasie. Il fait donc les distinctions suivantes:
D'une part, les major réactions (ou psychoses), représentées par:

  • L'anergasie: elle se définie comme réaction organique où le comportement se trouve modifié par des défauts aussi bien structurels que fonctionnels, comme dans la paralysie générale, les troubles de la sénilité, l'épilepsie et tous les états démentiels.
  • La dysergasie: elle se définie comme un trouble déterminé fonctionnellement où la structure n'est pas directement compromise. Ce trouble n'est pas neurologique. Le cerveau subit les effets d'agents infectieux ou de déficience nutritive (délires dans le sens delirium, délire aigu, et crises hallucinatoires).
  • La thymoergasie: elle correspond à une humeur déprimée ou exaltée, exprimée dans l'anxiété ou l'excitation, les états maniaco-dépressifs et les dysthymies.
  • La paraergasie: elle se définie par la distorsion essentiellement délirante ou paranoïaque. Elle comprend à la fois les anciens délires chroniques et les diverses formes de la schizophrénie.

D'autre part, les minor réactions, où l'on retrouve:

  • Les oligoergasies: il s'agit des insuffisances de développement intellectuel et des déficiences constitutionnelles allant de la simple débilité mentale aux formes graves d'arriération.
  • Les syndromes névrotiques: c'est le grand domaine des troubles fonctionnels partiels (ou merergasies).

Comme le remarquera Jules Masserman, on trouve là une entorse à la doctrine holistique défendue par Meyer puisqu'il admet dans ce cas une atteinte partielle du comportement. Ce qui montre au passage la fragilité d'une telle classification, qui eut pourtant un grand succès aux États-Unis pendant près de quarante ans. En effet, on la retrouvera à la base du DSM I, publié en 1952. Ce qui avait séduit indiscutablement ses partisans tenait en partie au refus de reconnaître des entités nosologiques derrière les syndromes psychiatriques, qui n'étaient plus considérés que comme des réponses comportementales, des réactions à des stimulations du milieu et, surtout, à des événements vitaux. Mais il est évident que la notion de réaction ne pouvait pas remplacer celle de maladie mentale. Et, dès les années 1960, le DSM II faisait retour à la classification de Kraepelin.


La réaction d'éveil

Il s'agit d'une modification brutale des paramètres électrophysiologiques dans le sens d'une activation des processus physiologiques.


Autres termes psychologiques :