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La définition de Psychosomatique


Psychosomatique se dit de ce qui concerne à la fois le corps et l'esprit, notamment à propos des atteintes viscérales organiques ou fonctionnelles provoquées partiellement ou totalement par des facteurs psychoaffectifs.


L'histoire de la médecine psychosomatique

La médecine psychosomatique, qu'on a cru découvrir au début du XXe siècle, remonte en fait aux origines hippocratiques. Pour l'école de Cos, la maladie la plus somatique a toujours une partie de ses causes et un retentissement psychiques, l'homme étant un complexe psychosomatique qui doit être toujours traité dans sa totalité. Et même au siècle des Lumières, le médecin genevois Samuel Tissot décrivait longuement « l'influence des passions de l'âme dans les maladies et les moyens d'en corriger les mauvais effets ». Les influences du moral sur le physique étaient également bien décrites par Georges Cabanis, Philippe Pinel et Jean-Étienne Esquirol.
Mais ce n'est que depuis la réflexologie pavlovienne et surtout la psychanalyse que la causalité psychique d'affections organiques a été étudiée d'une manière plus scientifique en tentant, en particulier, d'établir des corrélations entre telle maladie et tel type de conflit, de personnalité ou de traumatisme affectif. C'est d'ailleurs là où l'on peut trouver ces corrélations que se situe le véritable domaine de la médecine psychosomatique, dont on peut dire qu'il s'agit plus d'un type d'approche des malades que d'une véritable spécialité médicale. Cette démarche a été bien éclairée par la psychanalyse.


L'approche psychanalytique

L'explication la plus simple du trouble psychosomatique avait d'abord été cherchée du côté de la conversion hystérique, dont le mécanisme reste trop spécifique à une névrose pour qu'elle puisse être véritablement retenue ici, dans la perspective psychosomatique. C'est ensuite du côté de la recherche d'une symbolisation psychosomatique que d'autres analystes, et en particulier Franz Alexander et l'école de Chicago, ont tenté d'expliquer la manifestation organique. Chaque maladie somatique devait alors correspondre à un type de conflit déterminé ou à un niveau précis de fixation ou de régression libidinale. Là aussi, l'interprétation s'est avérée assez hasardeuse et les corrélations recherchées ont été rarement évidentes. Du niveau de régression, on est tout naturellement passé au type de personnalité et de fonctionnement mental.
L'école de Paris, avec Michel Fain, Pierre Marty et Joyce McDougall, s'est particulièrement illustrée dans ce domaine. Elle a rattaché l'expression morbide psychosomatique à la carence des fonctions symbolique et imaginaire chez le patient, qui ne disposerait que d'une pensée opératoire et serait forcé d'agir dans et par son corps sur les conflits et l'angoisse dont il souffre, dans une sorte de processus de psychose blanche.


L'approche neurophysiologique

De nombreux mécanismes endocriniens et biochimiques ont été également recherchés. Mais Peter Sifneos a introduit le concept nosologique d'alexithymie, qui relie la maladie psychosomatique à un type de personnalité alexithymique assez caractéristique. Il s'agit de patients tendus, rigides, éprouvant de grandes difficultés dans leur contact avec les autres et restant incapables d'exprimer leurs sentiments et leur état affectif. L'alexithymie apparaît donc comme cette incapacité d'établir des connexions entre les émotions et leurs représentations mentales.
L'explication neurophysiologique serait l'absence de connexions entre les noyaux du système limbique et le néocortex. Cela engendrerait une hyperactivité du système neurovégétatif pouvant entraîner, sur certains terrains, la survenue de troubles somatiques. Finalement, cette conception rejoint celle de Marty. Aussi, un bon exemple d'alexithymie est fourni par les individus ayant survécu à des expériences très traumatisantes (par exemple, des guerres) et qui pensent s'en être sortis grâce à leur insensibilité et au déni massif de leurs émotions. De retour à la vie normale, il y a conservation de cette ligne de conduite avec fréquente apparition de troubles somatiques.


La prise en charge thérapeutique

Au traitement organique spécifique de la maladie, on associe généralement une prise en charge psychothérapique. Mais celle-ci reste difficile dans la mesure où l'individu est rarement demandeur et n'a guère de possibilité, comme on l'a vu plus haut, de s'exprimer avec aisance sur le plan émotionnel. Cette psychothérapie doit en plus aborder des conflits très archaïques, avec un transfert d'une relation maternelle particulièrement précoce, très proche de celui du psychotique, difficile à contrôler. En outre, le rétablissement de la fonction imaginaire reste assez aléatoire.


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