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La définition de Proposition



La proposition en linguistique

En grammaire traditionnelle, la proposition désigne l'unité syntaxique élémentaire construite autour d'un verbe. La grammaire traditionnelle analyse toutes les phrases en des unités de base (les propositions), qui peuvent avoir divers statuts:

  • propositions indépendantes,
  • propositions principales,
  • propositions subordonnées,
  • etc...

Le critère de l'existence d'une telle proposition grammaticale est la présence d'un verbe à un mode personnel. En fait, il s'agit d'une phrase élémentaire (par exemple, « Le train rapide, qui est arrivé ce matin à 8 heures à Paris, ne comportait pas, à son départ de Rome, de wagon-restaurant. »).


La proposition en logique

En logique, la proposition correspond au plus petit énoncé auquel puisse être attachée une valeur de vérité. La logique moderne analyse les énoncés en unités élémentaires qui sont, en règle générale, plus petites que les précédentes. En effet, son critère est la possibilité d'attacher à une telle unité une valeur de vérité (dans la logique standard, le vrai ou le faux). L'exemple précédent devra donc être décomposé avec un grain d'analyse beaucoup plus fin. Ainsi, dans le genre d'analyse le plus familier aux psychologues, on pourra avoir quelque chose comme (Il est vrai que):

  • le train est arrivé
  • le train est un rapide
  • (cela, c'est-à-dire a eu lieu) ce matin
  • à 8 heures
  • à Paris
  • le train ne comportait pas de wagon-restaurant
  • (et cela) à son départ
  • (qui était) à Rome.

Dans une analyse concrète, on peut écrire ou disposer ces propositions de diverses façons, mais cela n'a pas d'importance par rapport aux principes de l'analyse, qui sont stables et, malgré quelques variations, bien établis.
Pour chacune de ces unités (ces propositions élémentaires), on peut repérer la valeur de vérité. Cela se voit mieux si on se rend compte que chaque proposition pourrait être niée séparément, c'est-à-dire se voir attribuer l'autre valeur de vérité, le faux. Par exemple, on pourrait dire que toute la phrase est vraie sauf « à 8 heures ». Ainsi, cette inversion de la valeur de vérité serait équivalente à la suppression de la négation, ce qui donnerait: « le train comportait un wagon-restaurant ».
La logique des propositions s'appuie sur cette sorte d'analyse en propositions élémentaires pour établir les conditions auxquelles des inférences peuvent être faites de façon valide. Cela correspond au souci primordial de sauvegarder la vérité de ces propositions, vérité que l'on suppose donnée au départ.
Les propositions sont susceptibles d'être liées par des connecteurs (et, ou, non, si... alors, équivalent à, égal). Aussi, une partie de la logique, qui est appelée calcul des propositions, traite de leur usage.
Une proposition élémentaire du type défini ici est néanmoins encore analysable. En effet, elle se décompose en un prédicat et un ou plusieurs argument(s). Elle peut en outre recevoir un quantificateur (tous, il existe au moins un... qui). Une seconde partie de la logique, le calcul des prédicats, traite de ces questions.


La proposition en psychologie cognitive

En psychologie cognitive, la proposition désigne l'unité de connaissance qui semble constitutive d'une portée de la cognition. La linguistique contemporaine a emprunté à la logique beaucoup des notions décrites ci-dessus. Il en va de même pour la psychologie cognitive. En effet, celle-ci ne met pas au premier rang de ses préoccupations, comme la logique, la valeur de vérité des propositions, mais leur réalité psychologique. Toute une vaste famille de théories adoptent, avec plus ou moins de force, le modèle propositionnel. Celui-ci, sous sa forme de base, revient à dire que la proposition, telle qu'elle vient d'être caractérisée, constitue réellement une unité fondamentale de la cognition.
Cette hypothèse de travail vaut pour le langage. Dans cette perspective, on dira que, pour un individu qui entend la phrase ci-dessus, comprendre cette phrase implique de comprendre séparément que:

  • le train est arrivé,
  • ce train est un rapide,
  • (cela s'est passé) ce matin,
  • à 8 heures,
  • à Paris,
  • etc...

Symétriquement, pour un individu qui parle, construire cette même phrase revient à affirmer séparément, d'abord dans son esprit, ensuite dans ses paroles, chacune des unités en question. En bref, c'est dire que la proposition est, pour le récepteur comme pour l'émetteur, une unité de traitement cognitif, mental.
Dans cette perspective, tout ce qui concerne les valeurs de vérité et leur sauvegarde perd une grande partie de son importance, tandis que tout ce qui concerne les modalités de traitement psychologique en prend. C'est ce qui oppose le point de vue de la logique et le point de vue de la psychologie en ce qui concerne la proposition.
Par ailleurs, modèle propositionnel signifie encore un peu plus. En effet, ce n'est pas seulement le langage, mais bien la cognition tout entière qui est supposée être analysable en unités telles que la proposition. Cela revient à dire, par exemple, que toutes les connaissances et croyances d'un individu I peuvent être décrites dans les schémas suivants: « I sait que p », « I ne sait pas que q », « I croit que t », etc..., dans lesquels p, q, t, etc..., sont des propositions mentales. Par exemple: « I sait que tous les chiens ont quatre pattes », « I sait (ou ne sait pas) que l'eau est composée d'hydrogène et d'oxygène », « I croit que Salieri a assassiné Mozart », etc... Ces connaissances et croyances sont supposées être stockées sous cette forme dans la mémoire sémantique et encyclopédique. Il en va de même pour le contenu de la mémoire autobiographique, qui est supposée contenir des souvenirs de la forme: « je me souviens que p », « que q », « que r », etc..., où p, q, r sont autant de contenus propositionnels. Enfin, un grand nombre de motivations et d'émotions particulières ont aussi un contenu, qui peut être conçu comme étant de la même forme: « I trouve agréable que p »; « I désire que q », « I craint que r », etc... Ce dernier aspect a été moins développé en psychologie cognitive.
La principale notion qui se trouve être en compétition dans ce type de modèle avec celle de proposition, ou de contenu propositionnel, est celle d'image mentale ou de contenu figuratif. En fait, beaucoup de modèles admettent parfaitement que les deux formats cognitifs coexistent, ils sont vus comme propres à deux parties distinctes de la cognition et l'on propose alors des solutions variées pour les articuler l'un à l'autre. Il est généralement admis qu'une proposition est composée de concepts ou d'entités qui, comme les significations de mots, sont apparentés aux concepts. Ainsi, il n'y a pas de différence de nature entre les modèles propositionnels et les modèles conceptuels. Sur ce point aussi, les différents modèles proposent des modes d'articulation variés.


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