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La définition de Programme



Le programme: de l'informatique à la psychologie

En informatique, le programme désigne une suite d'instructions organisées pour réaliser une certaine catégorie de buts. En psychologie, le terme est utilisé par analogie pour désigner une suite de commandes qui sont supposées être stockées en mémoire procédurale et commander de façon ordonnée l'exécution d'une action complexe. On parle, par exemple, du programme moteur qui gouverne une activité spécialisée, professionnelle ou sportive.
En informatique, la plupart des programmes sont construits sous forme de logiciels, au moyen d'un langage de programmation. Mais certains d'entre eux, d'usage particulièrement fréquent, peuvent être inscrits directement dans la structure physique de la machine. Par analogie, la plupart des programmes psychologiques sont élaborés par apprentissage. Toutefois, certains d'entre eux sont innés et, par hypothèse, inscrits dans la structure nerveuse des organismes.


Le programme de renforcement

Dans la méthodologie de Burrhus Skinner, le programme de renforcement correspond à un type de régularité déterminant la façon dont les renforcements opérants sont donnés dans une situation donnée de conditionnement. Par exemple, dans une boîte de Skinner, on peut renforcer un rat en lui donnant de la nourriture pour une réponse sur trois d'appui sur le levier. Cela donne lieu à deux types de programmes:

  • Les programmes dans lesquels le renforcement est régulier (toutes les trois réponses).
  • Les programmes dans lesquels le renforcement est donné de façon aléatoire tout en maintenant le taux de 1/3.

De même, on peut ne renforcer l'animal qu'après avoir laissé s'écouler une certaine période de temps après une réponse. Dans ce cas aussi, on peut décider de s'en tenir à un intervalle fixe ou instaurer un intervalle qui varie (au hasard) parmi un certain nombre de valeurs prédéterminées.
Il existe dans la méthodologie de Skinner de l'analyse du comportement une vaste gamme de programmes de renforcement standardisés.


Le programme moteur

Il s'agit de l'organisation du mouvement au niveau du système nerveux central permettant de générer un ensemble de commandes motrices destinées à sélectionner les muscles, à régler leur contraction et leur relâchement à des moments appropriés. Le programme moteur préexiste donc à la production du mouvement.
On distingue généralement des programmes essentiellement déterminés au niveau génétique (la locomotion, le mouvement des yeux) de programmes mis en place au cours d'apprentissages (l'écriture, les gestes sportifs).
La mise en évidence de cette organisation centrale nécessite d'isoler le système nerveux central. De ce fait, la suppression de tout ou partie de l'information sensorielle périphérique a constitué l'un des moyens privilégiés et en tout cas le plus direct de mettre en évidence l'existence de programmes moteurs. Chez un singe déafférenté (à qui on a supprimé dans sa quasi-totalité l'information sensorielle en provenance des pattes par section des racines des nerfs sensoriels) et en l'absence de vision, on observe une locomotion à peu près normale. On peut également observer une motricité fonctionnelle chez l'être humain souffrant de déafférentation des membres inférieurs. Il apparaît donc que, en l'absence de réafférences sensorielles périphériques, des programmes moteurs centraux suffisent à assurer la production du mouvement.
L'analyse des mouvements rapides constitue un autre moyen de limiter l'intervention des informations périphériques dans la production du mouvement. En effet, on sait que l'acheminement des informations sensorielles jusqu'au système nerveux central nécessite un délai. Pour tout mouvement de durée inférieure, on peut donc exclure que leur participation soit importante. Ainsi, puisque le pianiste ou la dactylographe produisent des mouvements de doigts de durée nettement inférieure, il faut donc qu'ils disposent de toutes les commandes nécessaires avant de déclencher leur geste.


L'actualisation du programme moteur

Un programme moteur n'est pas directement utilisable, il doit être actualisé en fonction des caractéristiques du mouvement à produire (par exemple, sa direction et son amplitude). Cela explique en partie le délai observé entre un ordre d'agir et le déclenchement d'une réponse motrice volontaire.
Si l'on donne à l'individu des informations préalables sur une ou plusieurs caractéristiques du mouvement à effectuer, on constate des variations de ce délai proportionnelles au nombre de caractéristiques restant à spécifier. Par exemple, une personne doit pointer avec la main droite ou gauche une cible lumineuse apparaissant en haut ou en bas d'un écran, à une distance variable. Elle reçoit avant le signal d'action une information plus ou moins complète sur les caractéristiques du geste à effectuer (par exemple, main droite, grande amplitude). On analyse alors l'évolution de ses temps de réaction selon la nature de l'information préalable.


Les paramètres codés par le programme moteur

On peut facilement montrer que le programme n'est pas une mémoire des contractions musculaires mais une mémoire du mouvement. Les équivalences motrices illustrent bien ce point. Lorsqu'on demande à un individu d'écrire une phrase en utilisant la main droite, le bras droit, la main gauche, la bouche ou le pied droit, on peut non seulement lire la même phrase, mais aussi reconnaître les caractéristiques personnelles de son écriture. Les gestes ainsi produits ont été générés par le même programme moteur. Pourtant les muscles impliqués et partant les commandes envoyées ont nécessairement été très différents. Ainsi, il apparaît que le programme, qui s'actualise par une série de contractions musculaires organisées, n'est pas une mémoire de ces contractions mais une mémoire du mouvement lui-même. S'il apparaît clairement que le programme moteur ne code pas les contractions musculaires, la question de son contenu reste ouverte. D'ailleurs, on imagine facilement que ces questions se posent différemment selon la nature des mouvements (caractère inné ou acquis, durée, etc...) et les caractéristiques de l'individu (âge, niveau d'habileté pour les gestes appris).
La recherche des propriétés invariantes de la performance, indépendantes des conditions d'exécution, peut fournir des indications intéressantes sur les paramètres codés par le programme. Ainsi, la durée de la saccade oculaire ou de l'oscillation de la jambe au cours de la marche reste à peu près constante quelle que soit l'amplitude du mouvement ou bien le pourcentage de temps que prend l'écriture d'une lettre dans un mot est le même quelle que soit la vitesse à laquelle on écrit ce mot. On a trouvé de nombreux invariants dans les domaines cinématique et dynamique. Les caractéristiques invariantes du mouvement sont l'expression de lois générales du mouvement, elles en simplifient le contrôle. Il est malgré tout difficile de trancher à partir de ces invariants sur les paramètres codés par le programme moteur du fait notamment d'équivalences entre cinématique et dynamique. Ainsi, l'amplitude du mouvement d'un bras dans la saisie d'un objet peut être conçue comme le résultat d'une programmation motrice, soit de la trajectoire spatiale, soit de la force et sa durée d'application au départ du geste, soit encore de l'équilibre entre agoniste et antagoniste à la fin du geste.
Toutefois, le fait qu'une action motrice puisse être effectuée sans participation des messages sensoriels (en boucle ouverte) ne doit pas conduire à sous-estimer l'importance de ces messages. Ainsi, un singe déafférenté peut marcher mais il marche irrégulièrement et, surtout, il ne peut s'adapter aux conditions changeantes de l'environnement. Un contrôle efficace du déroulement d'un geste implique l'intégration des informations sensorielles afférentes, notamment proprioceptives.


Le programme nerveux

Il s'agit d'un ensemble hiérarchisé de commandes nerveuses, organisées préalablement à leur émission et spécifiant les éléments nécessaires à l’exécution d’un processus.


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