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La définition de Pharmacopsychologie


La pharmacopsychologie désigne la discipline qui étudie les effets des substances chimiques chez l'être humain et leur capacité à induire des troubles mentaux. Pour certaines écoles, pharmacopsychologie est synonyme de psychopharmacologie.


L'histoire de la pharmacopsychologie

Au XIXe siècle, Jacques-Joseph Moreau de Tours remarque, chez les consommateurs de haschisch, une dissociation psychique, que la psychiatrie allemande définira plus tard comme la Spaltung caractéristique de la schizophrénie. À l'aide du peyotl, un cactus mexicain, et d'un de ses alcaloïdes, la mescaline, il est possible de provoquer artificiellement chez les individus sains des états psychotiques, comme l'a fait Wilhelm Mayer-Gross avant la Seconde Guerre mondiale. Ces états, de durée plus brève que d'authentiques troubles mentaux, sont aussi vécus avec un certain degré d'autocritique à l'égard des phénomènes psychiques anormaux.
En 1943, des chimistes travaillant sur des dérivés de l'ergot de seigle éprouvèrent des phénomènes hallucinatoires. Ceux-ci purent être rapportés au lysergamide, ou L.S.D. 25, qui peut induire des troubles mentaux réversibles, évoquant la schizophrénie, à des doses très faibles. Or, le L.S.D., structure indolique proche de la sérotonine, active les récepteurs sérotoninergiques. Ainsi, des perturbations métaboliques pouvaient sembler à l'origine de troubles psychiatriques ne correspondant à aucune lésion neuroanatomique.
Cependant, jusqu'aujourd'hui, on n'a pu montrer qu'un processus neurochimique était nécessaire et suffisant pour expliquer un trouble psychique. Mais les ligands de certains récepteurs peuvent être utilisés pour susciter artificiellement des états pathologiques dont on veut étudier la sensibilité à différents psychotropes. Ainsi, la m-chlorophénylpipérazine (m-C.P.P.), agoniste des récepteurs sérotoninergiques, aggrave les symptômes obsessionnels, qu'il est ensuite possible de réduire à l'aide d'autres composés sérotoninergiques.


Les psychoses expérimentales (ou pharmacopsychoses)

Les toxicomanes recourant au L.S.D. ou aux amphétamines à fortes doses provoquent involontairement des psychoses expérimentales et présentent des états schizophréniforme aigus. L'utilisation régulière de drogues conduit à un appauvrissement de l'activité et de l'affectivité similaire à l'état déficitaire de la schizophrénie chronique. Aussi, il est souvent difficile de distinguer ces pharmacopsychoses des psychoses endogènes.
Enfin, les barbituriques à brève durée d'action et les amphétamines à faible dose restent utilisés en clinique dans les narcoanalyses pour lever l'inhibition de certains patients et recueillir les éléments du diagnostic ou faciliter la psychothérapie.


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