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La définition de Perspective


La perspective correspond à la manière de représenter les objets et leur environnement tridimensionnel sur une surface plane à deux dimensions. La perspective est fondée sur le fait que la taille angulaire des objets diminue quand leur distance à l'observateur augmente.


La perspective linéaire et la perspective aérienne

La perspective linéaire concerne les règles géométriques permettant de construire la projection bidimensionnelle d'un monde tridimensionnel. Ces règles, qui s'appliquent aux images rétiniennes, suggèrent que l'organisme utilise cette information pour percevoir la profondeur et le relief.
On parle de perspective aérienne pour désigner les effets de l'atmosphère, qui, en fonction de la distance, diminue les contrastes apparents et absorbe plus les grandes longueurs d'onde que les longueurs d'onde courtes, d'où le bleuissement des lointains.


La coordination des perspectives

Il s'agit de l'ensemble des opérations par lesquelles l'enfant parvient à admettre l'équivalence de points de vue autres que le sien propre et à envisager les relations de position et de distance dans un cadre de coordonnées invariantes.
L'évolution qui mène à la coordination des perspectives indique à quel type d'espace l'enfant se réfère pour reconnaître les formes sous diverses inclinaisons, pour dessiner les positions des objets et leurs emplacements, pour estimer les distances. Par des épreuves de reconnaissance stéréognosique, de reproduction de formes, de dessin d'objets naturels, tels que des arbres et des montagnes, ou familiers, tels que des maisons et des verres, de jugements comparatifs de position et de distance, Jean Piaget et Bärbel Inhelder se sont attachés à décrire cette évolution et ont discerné trois grandes étapes, correspondant à trois types d'espace successivement élaborés:

  • Avant 5 ans: l'enfant distingue mal les similitudes de forme à travers des orientations différentes. Il ne reconnaît pas tactilement des formes familières qu'il identifie sans erreur visuellement. Sollicité d'estimer la distance qui sépare deux points dans l'espace, son jugement dépend de sa propre position ou se rapporte à son action, ou encore diffère selon des traits perceptifs de configuration. Devant l'image d'une maison située sur une colline et d'une école en contrebas, il affirme ainsi que la maison est plus proche de l'école que l'école ne l'est de la maison, puisqu'il faut monter pour aller de l'école à la maison. Ayant à dessiner un chemin bordé d'arbres, en perspective, il les dessine d'abord horizontaux, perpendiculaires aux bords du chemin.

  • Vers 6-7 ans: pour ce même dessin, il commence à dessiner les arbres verticaux, mais tous de même taille.

  • Vers 8-9 ans: il ordonne les tailles selon la perspective.

Dans l'épreuve dite des trois montagnes, l'enfant est placé devant une maquette représentant trois montagnes distinctes par leurs positions, leurs tailles et portant chacune des détails caractéristiques différents. On lui demande d'abord de recomposer le paysage, tel qu'il le voit, en plaçant convenablement une série de photographies partielles. Ensuite, on lui demande de composer avec les mêmes éléments le paysage vu d'un autre point de vue, celui d'une poupée placée sur la maquette modèle. Enfin, on lui demande de placer la poupée correctement devant différentes photographies panoramiques du paysage.
Jusqu'à 8 ans, en moyenne, l'enfant ne réussit pas à effectuer les transformations demandées et se contente de reproduire le paysage tel qu'il le voit. La différenciation des points de vue, avec relativité complète des perspectives, n'est pas totalement construite avant 9 ans. Piaget et Inhelder considèrent que, entre 5 et 8 ans, l'espace de l'enfant est un espace projectif, dans lequel toutes les relations ont pour origine sa position propre. La coordination des perspectives marque le passage à l'espace euclidien, défini par un système de coordonnées indépendant de l'individu lui-même, dans lequel une relation entre deux points peut être conservée en dépit de déplacements.
Ces interprétations ont suscité de nombreuses discussions:

  • Sur la nature des tâches demandées à l'enfant, en particulier le dessin.
  • Sur les énonciations verbales de relations.
  • Sur le fond: l'égocentrisme spatial enfantin n'apparaît plus aussi absolu ni dominant. Des rapports euclidiens semblent conçus bien avant 8 ou 9 ans. Il n'est pas sûr que l'enfant et l'adulte n'utilisent pas plusieurs espaces de référence, selon les tâches et activités requises.

La coordination des points de vue a été étudiée à des âges antérieurs à 5 ans et on a pu montrer que, si la relativité complète des perspectives demeure à cet âge incomprise, des systèmes partiels de transformation témoignent néanmoins de coordinations exocentrées. L'appréhension des relations de distance indique aussi que les coordonnées géographiques de l'espace, notamment l'horizontale et la verticale, forment un cadre de référence utilisé plus tôt que ne l'affirme la théorie piagétienne.


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