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La définition de Personnalité


La personnalité désigne l'ensemble de caractéristiques affectives, émotionnelles et dynamiques relativement stables et générales de la manière d'être d'une personne dans sa façon de réagir aux situations dans lesquelles elle se trouve.


L'examen de la personnalité

Dans la grande majorité des cas, le terme de personnalité ne couvre pas les aspects cognitifs de la conduite (l'intelligence, les aptitudes, les connaissances). Il concerne toujours les aspects affectifs, émotionnels et dynamiques. La personnalité est décrite en termes de traits beaucoup plus souvent que par référence à des types.
L'analyse factorielle de questionnaires de personnalité a distingué certains de ces traits de façon stable et convergente chez des auteurs différents comme Hans Eysenck et Raymond Cattell. Il en est ainsi pour l'introversion-extraversion et pour le névrosisme. De très nombreux autres traits de personnalité plus spécifiques ont fait l'objet de questionnaires destinés à leur évaluation.
L'examen de la personnalité peut aussi utiliser des épreuves projectives (l'interprétation par l'individu d'un matériel dépourvu de sens) et des tests dits objectifs (par exemple, des épreuves perceptives pouvant faire l'objet d'une notation objective et dont le psychologue sait qu'elles sont liées à des styles de conduite plus généraux).


Le questionnaire des seize facteurs de personnalité (ou 16 PF)

Il s'agit d'une série de questions élaborée par Cattell et ses collaborateurs. Celles-ci visent à cerner tous les aspects de la personnalité, répartis en 16 facteurs.
Ce questionnaire a fait l'objet de nombreuses études d'analyses factorielles et est largement utilisé. Il comporte deux formes équivalentes: une forme A et une forme B, comptant chacune 187 questions. Il fournit des mesures sur 16 facteurs élémentaires dont la plupart ont leur origine dans l'analyse par Cattell de la sphère de la personnalité.
Ces facteurs de premier ordre s'organisent en facteurs d'ordre supérieur, qui sont:

  • l'introversion-extraversion,
  • l'anxiété,
  • la sensibilité,
  • l'indépendance.

Le 16 PF est applicable à partir de 16-17 ans. Cattell a proposé des questionnaires de même type pour des individus plus jeunes:

  • Le High School Personality Questionnaire (ou HSPQ): il est utilisable de 12 à 17 ans.
  • Le Children's Personality Questionnaire (ou CPQ): il est utilisable de 8 à 12 ans.

La personnalité multiple

Il s'agit d'un trouble de la personnalité défini par l'existence chez une même personne de deux ou plusieurs personnalités distinctes, dont chacune prend tour à tour le contrôle total du comportement de l'individu. Globalement, cette pathologie reste rare.
Au niveau phénoménologique, les cas recensés sont surtout des femmes présentant une personnalité anxio-dépressive avec des troubles du comportement alimentaire ainsi que des manifestations hallucinatoires auditives et visuelles. De même, on peut retrouver dans les antécédents des manifestations de conversion, d'amnésie psychogène, des fugues nombreuses, des comportements suicidaires ainsi que des conduites d'automutilation. Les principaux diagnostics différentiels évoqués sont les états limites, les formes psychiques d'épilepsies temporales ainsi que le syndrome de Briquet (ou hystérie de conversion). Aussi, certains auteurs ont souligné, dans la genèse et le développement des troubles, une possible implication des interventions médicales ou psychiatriques pour enrichir les symptômes, d'autant que toutes les études concordent pour démontrer le côté fortement suggestible de ces individus. De même, ils semblent également très facilement hypnotisables. Dans les antécédents personnels de ces patients, on retrouve fréquemment des expériences traumatisantes dans l'enfance avec abus sexuels et relations incestueuses.
À partir de ces observations plusieurs tentatives d'explication des troubles par les notions d'ambivalence extrême, de forme de déni très élaboré telle que l'enfant finit par attribuer l'événement à quelqu'un d'autre que lui-même, sont apparues. Pour Otto Kernberg, l'individu mettrait en place des mécanismes de défense de type clivage, identification projective, idéalisation, déni et omnipotence. Ainsi, suivant l'importance des processus de clivage ou des tentatives pour réprimer les souvenirs traumatisants, l'individu développerait des troubles de la personnalité de type narcissique ou état limite.


La personnalité psychopathique

Il s'agit d'une personnalité pathologique dont la structure n'est ni psychotique ni névrotique. Elle se caractérise par l'instabilité, l'impulsivité et une grande variété de traits de caractère. Elle se manifeste surtout par des conduites antisociales ne s'accompagnant pas de culpabilité consciente.
Jean-Étienne Esquirol avait le premier décrit une monomanie instinctive, sans trouble du jugement, avec atteinte unique de la volonté, poussant l'individu à commettre des délits. Ce qu'avait repris l'Anglais James Prichard, en 1835, en décrivant une folie morale. C'est à Valentin Magnan que l'on devra ensuite la notion de déséquilibre mental, qui deviendra, dans la perspective constitutionnaliste d'Ernest Dupré, perversion instinctive. Le psychiatre allemand K. Schneider Schneider, en 1923, l'appellera psychopathie.
C'est aux psychanalystes, et en particulier à Donald Winnicott et à Roger Misès, que revient le mérite de tracer la personnalité psychopathique dans une perspective évolutive et psychodynamique en la situant dans un non-dépassement de la phase dépressive, l'enfant « renonçant à la restauration de l'objet » et « abandonnant les mouvements de réparation ». Le lien avec l'objet total n'est plus maintenu que grâce à une maîtrise omnipotente et à l'utilisation de toutes les ressources de la défense maniaque. Cette dysharmonie évolutive particulière conduira à l'absence de culpabilité et au passage à l'acte antisocial, dans lequel « le sujet cherche à échapper à l'anxiété dépressive, à la nostalgie, au danger d'une régression où il perdrait ses limites ».


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