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La définition de Période



La période critique

Il s'agit du moment du développement de l'individu durant lequel des stimulations du milieu doivent impérativement s'exercer pour que se poursuive correctement le développement. Cette notion de période critique, empruntée à l'embryologie, a été utilisée pour rendre compte du fait que certains comportements ne peuvent apparaître qu'à partir d'une phase déterminée du développement et qu'ils ne peuvent plus apparaître après une autre phase de ce développement.
En réalité, ce caractère contraignant a été considérablement assoupli, si bien qu'on utilise désormais plutôt la notion de période sensible ou de période privilégiée.


La période sensible

Il s'agit d'une phase du développement de l'individu pendant laquelle les changements fonctionnels et comportementaux reflètent une plasticité particulière des structures nerveuses et semblent liés à une sensibilité plus forte qu'à d'autres moments aux influences de l'environnement. De telles périodes ont d'abord été qualifiées de critiques, ce qui laissait entendre que les changements qui les caractérisent leur étaient strictement limités et ne pouvaient se produire en dehors d'elles. L'acquisition du langage fournit un bon exemple de cette conception. Mais les âges limites du phénomène n'ont pu être précisément définis et les arguments tirés de pathologies précoces et de l'existence d'enfants sauvages résistent mal à l'examen et des exemples d'apprentissages tardifs sont venus contredire une position aussi radicale. D'où la préférence actuelle pour l'adjectif sensible, moins tranché.
La plasticité nerveuse caractérise les organismes jeunes et c'est au début du développement, avant et après la naissance, que des périodes sensibles ont été repérées. Le phénomène d'imprégnation (ou d'empreinte), qu'on peut obtenir dans les premières heures qui suivent la naissance, dans de nombreuses espèces animales, paraît caractéristique d'une période sensible périnatale, de durée variable, dans de nombreuses espèces animales.
Le phénomène d'empreinte est un exemple illustratif de la notion de période sensible. Par exemple, c'est entre la 14e et la 17e heure que les canetons sont les plus sensibles à la mobilité d'un stimulus du milieu. Cette sensibilité ne s'éteint pas brutalement à la 17e heure de vie, mais la réponse comportementale qu'elle induirait s'affaiblit notablement. Les recherches menées sur l'animal ont d'abord étudié l'influence de l'environnement sur le développement par comparaison de groupes de même patrimoine génétique, soumis à des milieux appauvris ou enrichis, à diverses périodes de leur vie et pendant des durées variables, mais toujours contrôlées. Il a ainsi pu être montré que l'exposition à un milieu enrichi est, à durée égale, plus bénéfique pendant la période post-natale qu'à un âge plus avancé. L'effet inverse de privations d'expérience sensorielle ou motrice est également d'autant plus marqué que la privation a eu lieu tôt. Bien que, dans les recherches de ce type, on n'ait pas porté atteinte aux structures nerveuses ni altéré directement leur fonctionnement, les privations précoces se sont révélées causes d'altérations et de dégénérescence nerveuses par défaut d'expérience. La même observation a été faite chez l'être humain. Par exemple, chez le bébé prématuré qui, faute d'exercice binoculaire, présente un strabisme avec amblyopie d'un œil, l'imagerie cérébrale montre des sites appauvris et des agénésies dans les régions corticales visuelles. On a également observé que des nouveau-nés maintenus pendant plusieurs semaines, pour raisons médicales, en décubitus ventral adoptent ensuite une posture due à un raccourcissement des muscles de la nuque et des épaules (muscle du trapèze) ce qui, ultérieurement, obère les praxies.
L'ouverture d'une période sensible est conditionnée, pense-t-on, par le niveau de maturation atteint dans la ou les structures du système nerveux central impliquées dans un secteur du comportement. Il n'y aurait donc pas de période sensible générale caractérisant un moment de la vie. Ce qui détermine la durée et la fermeture d'une telle période n'est pas clairement connu, mais diverses hypothèses sont envisagées. Les unes privilégient l'idée d'oscillations naturelles, endogènes. Les autres supposent qu'elles correspondent à une certaine quantité d'expérience dans un domaine donné, quantité traitable et d'une certaine manière attendue. Les compensations de l'effet de privations sensorielles ou motrices sont d'autant plus rapides et étendues que ces privations avaient été précoces et de durées relativement brèves.
Les investigations, tant neurophysiologiques que comportementales, confirment que la maturation du système nerveux central n'est pas strictement endogène. En effet, des rapports ont pu être établis entre la formation de nouvelles connexions synaptiques au cours d'un apprentissage, chez l'adulte, et la formation de telles connexions au cours du développement.
On s'accorde à penser aujourd'hui que l'ontogenèse, dans les espèces les plus évoluées, se poursuit bien au-delà de l'enfance et que, si les formes de plasticité nerveuse changent au cours de la vie, elles autoriseraient néanmoins l'apparition de périodes sensibles jusqu'à la sénescence et peut-être jusqu'à la mort.


La période d'un rythme

Il s'agit de la durée séparant la réapparition d'une même phase d'un rythme. La période est un paramètre essentiel définissant un rythme. Elle est une fonction inverse de la fréquence. La période (ou la fréquence) sert à classifier les rythmes biologiques et psychologiques. Ainsi, on distingue les rythmes infradiens, circadiens et ultradiens.


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