Accueil > Dictionnaire > Les termes psychologiques commençant par O > La définition de olfaction


La définition de Olfaction


L'olfaction désigne la fonction sensorielle qui permet la détection à distance, la reconnaissance et l'identification de substances chimiques. Le stimulus est constitué par des molécules qui, portées par un flux d'air ou d'eau, atteignent les récepteurs de l'organe olfactif.


L'olfaction chez l'homme

La perception olfactive humaine est caractérisée par trois attributs, largement interdépendants:

  • la qualité,
  • l'intensité,
  • la valeur hédonique.

Le système olfactif a une forte capacité voisine du maximum théorique à discriminer des substances chimiques présentées séparément. La représentation consciente associée à chaque stimulus est l'odeur. Les odeurs (ou qualités olfactives) résistent aux tentatives de les analyser en traits constituants et de les classer. Leurs relations sont mieux représentées comme un continuum multidimensionnel.
Par ailleurs, les descriptions des odeurs font référence aux substances et objets-sources plutôt qu'à des attributs spécifiques. Aussi, l'intensité de l'odeur est perçue comme une fonction croissante et bornée de la concentration des molécules. Pour des raisons à la fois physiques et neurobiologiques, la concentration au seuil de perception varie beaucoup selon les substances. Les variations interindividuelles sont également grandes. Aussi, les anosmies spécifiques, qui sont en réalité des hyposmies, constituent des cas extrêmes d'hyposensibilité limitée à un petit nombre de molécules apparentées.
Au plan affectif, la sensation olfactive est rarement neutre. En effet, elle se range d'emblée dans la catégorie de l'agréable ou du désagréable. Ce caractère hédonique est lié à l'intensité et est en partie acquis par apprentissage. Aussi, la mémoire des odeurs, de nature fortement associative, présente la particularité d'être assez médiocre à court terme, mais très résistante à l'épreuve du temps.


Le système nerveux olfactif

Chez l'être humain, le neuroépithélium olfactif est situé au sommet des fosses nasales. Il est recouvert d'une mince couche de mucus que les molécules doivent traverser avant d'entrer en contact avec les cils des cellules réceptrices. Ces cellules sont des neurones qui cumulent les fonctions de réception du stimulus, de transduction et de transmission du message sensoriel au cerveau, via le bulbe olfactif.
Le système nerveux olfactif possède plusieurs particularités:

  • Les cellules réceptrices expriment une beaucoup plus grande variété de récepteurs moléculaires que n'importe quel autre système sensoriel.
  • Les neurones récepteurs continuent d'être engendrés à l'âge adulte et ils sont remplacés en cas de destruction.
  • L'organisation nerveuse est relativement simple et compacte. Un seul neurone, la cellule mitrale, s'intercale entre le neurorécepteur et la cellule pyramidale du cortex olfactif.

Les analyses électrophysiologiques ont permis de montrer qu'il n'existe pas de neurones étroitement spécialisés dans le traitement d'une odeur. Dans les trois niveaux du système, le codage repose sur l'activité différentielle évoquée par le stimulus dans des ensembles de neurones. Dans l'épithélium olfactif et le bulbe olfactif, le motif plurineuronal d'activité dessine une carte, parfois désignée comme image olfactive, et qui peut être visualisée à l'aide de méthodes d'anatomie fonctionnelle. Cette dimension spatiale du codage s'estompe dans le cortex.
L'observation et l'étude neurophysiologique des comportements ont permis de mettre en évidence l'importance de l'olfaction en tant que guide de nombreuses conduites animales telles que la prise alimentaire, le comportement sexuel et parental, le marquage de territoire, les communications sociales. Certains signaux chimiques, qui contrôlent le comportement et parfois la physiologie, sont désignés comme phéromones. Chez l'être humain, les odeurs sont étroitement associées aux saveurs dans le contrôle de la prise d'aliments. Elles interviennent aussi dans les relations interindividuelles, en particulier les relations mère-enfant, et conservent une fonction d'alarme.


Autres termes psychologiques :