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La définition de Mot


Un mot est un élément de la langue. Il est composé d'un ou de plusieurs phonèmes, et est susceptible d'une transcription écrite dénotant un objet, une action, une qualité, ou une relation.


La notion de mot en linguistique

La notion de mot, très répandue, est un héritage des grammaires traditionnelles. Cependant, les linguistes contemporains, attentifs au fonctionnement des unités dans les énoncés du code oral, se refusent à assurer une existence linguistique au mot. En effet, le mot, selon eux, ne relève, en français du moins, d'aucun critère phonétique, morphologique ou sémantique indiscutable. Controversée sur le plan théorique, la notion de mot demeure néanmoins opératoire dans le domaine de la pratique lexicographique.


Le mot d'esprit

Il s'agit d'un énoncé surprenant qui use, en général, des ressources propres du langage.
Freud en a démonté la technique afin de rendre compte de la satisfaction particulière qu'il apporte et, plus généralement, de son rôle dans la vie psychique. Dès qu'il commence son travail clinique, dans les premières cures des hystériques, Freud est confronté à la question du mot d'esprit. En effet, si une représentation inconsciente est refoulée, elle peut faire retour sous une forme méconnaissable afin de déjouer la censure. Or, curieusement, le double sens d'un mot (la polysémie langagière) peut constituer la forme la plus appropriée de ces transformations. C'était, par exemple, le cas pour cette jeune femme qui souffrait d'une douleur térébrante au front, douleur qui renvoyait inconsciemment à un lointain souvenir de sa grand-mère méfiante, qui la regardait avec un regard perçant.
Ici, l'inconscient joue avec les mots, et l'interprétation fonctionne tout naturellement comme mot d'esprit. Aussi, lorsque Freud prend un peu de recul par rapport au travail strictement clinique, il est être amené à consacrer à cette question un ouvrage entier: Le mot d'esprit et ses rapports avec l'inconscient (1905).


Les mécanismes liés aux mots d'esprit

Freud cherche à savoir ce qui fait qu'une interjection, une formule, une repartie peut être considérée comme un mot d'esprit. Pour cela, il consacre d'abord une longue partie de son ouvrage à l'étude des mécanismes formels de l'esprit, qui sont les mêmes d'ailleurs que ceux du travail du rêve, c'est-à-dire de l'élaboration qui produit le rêve manifeste à partir du rêve latent.
Parmi ces mécanismes, la condensation est sans doute la plus fréquente. En voici un exemple, relaté par une patiente de Freud: « Docteur, aussi vrai que Dieu m'accorde ses faveurs, j'étais assis à côté de Salomon Rothschild et il me traitait tout à fait d'égal à égal, de façon toute familionnaire ». Ainsi, on voit le sens qu'un tel mot d'esprit peut avoir: Rothschild le traitait familièrement, mais pas plus qu'il n'est possible à un millionnaire, il le traitait sans doute avec cette condescendance ordinaire aux gens très riches.


Le mot d'esprit en tant que levée du refoulement

Mais Freud insiste surtout sur le fait que ce qui se dit avec esprit est plus facilement accepté par la censure, même s'il s'agit d'idées ordinairement rejetées par la conscience. Plus précisément, l'individu, lorsqu'il fait ou écoute un mot d'esprit, n'a pas besoin de maintenir le refoulement auquel il a ordinairement recours. Ainsi, il libère l'énergie habituellement utilisée à cet usage et c'est dans cette épargne d'énergie qu'il trouve son plaisir. Celui-ci se définit comme diminution de la tension.
Par ailleurs, Freud fait un recensement des principales tendances de l'esprit:

  • l'esprit obscène
  • l'esprit agressif
  • l'esprit cynique
  • l'esprit sceptique

On voit combien il peut être important pour un individu qui a dû rentrer en lui-même une plainte ou une moquerie de pouvoir laisser paraître son sentiment, à la faveur du mot d'esprit. « Celui qui laisse ainsi échapper inopinément la vérité, dit Freud, est en réalité heureux de jeter le masque. » Si, dans le mot d'esprit, l'individu peut enfin prendre la parole, c'est qu'en faisant rire il désarme l'Autre, qui pourrait le critiquer.
Par ailleurs, Freud souligne le statut du tiers dans le mot d'esprit. En effet, une moquerie peut viser une personne donnée, mais elle ne vaut comme mot d'esprit que si elle est énoncée pour un tiers, un tiers qui en riant va confirmer qu'elle est recevable. Dans cette perspective, le mot d'esprit donne une des représentations les plus précises de la levée du refoulement.


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