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La définition de Méthadone


La méthadone est un opiacé de synthèse. Son action est voisine de celle de la morphine. Elle est prescrite dans le cadre de traitements de substitution.


L'histoire de la méthadone

La méthadone a été synthétisée en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale, afin de pallier le manque en morphine. Dès 1946, on montra aux États-Unis qu'elle permettait de traiter efficacement les manifestations de manque en morphine. Ainsi, jusqu'au début des années 1960, elle ne fut utilisée que pour faciliter le sevrage en opiacés, sous forme de cures brèves, à doses dégressives. Puis, au début des années 1960, la mortalité liée à l'héroïnomanie constitua la première cause de mortalité chez les jeunes New-Yorkais de 15 à 35 ans. En outre, les cas d'hépatites se multiplia, le nombre des incarcérations augmenta, alors même que les établissements pénitentiaires ne pouvaient proposer de soins médicaux efficaces aux toxicomanes.
De fait, à partir de 1962, Vincent Dole et Marie Nyswander développèrent, avec le concours d'un autre médecin comme Mary Kreek, les premiers travaux scientifiques relatifs aux possibilités de traitement par substitution chez les héroïnomanes. La méthadone fut retenue à cette fin, parce qu'elle s'administrait par voie orale et, surtout, parce qu'elle avait une action suffisamment prolongée. Elle fut d'abord prescrite à des personnes ayant bénéficié d'un traitement de maintenance par morphine. Ainsi, Dole, Nyswander et Kreek montrèrent qu'une posologie quotidienne comprise entre 80 et 120 mg permettait aux patients de mener une existence socialement acceptable et bloquait les effets des drogues opiacées qu'ils étaient susceptibles de s'injecter. Ce traitement pouvait être prolongé de façon quasi indéfinie dans le temps et, surtout, supprimait tout risque de manque.


Le développement des programmes méthadone

Contre l'avis de Dole et de Nyswander, les programmes méthadone se multiplièrent dans l'Amérique des années 1970. Aussi, le gouvernement Nixon, inquiété par l'augmentation de la délinquance, initia en juin 1971 une politique fédérale autorisant un emploi large de la méthadone. De fait, dès 1973, plus de 80 000 Américains utilisaient quotidiennement le produit.
Dans un tel contexte, le détournement du médicament fut massif, alors même que la Food and Drug Administration ne disposait pas encore d'études statistiquement validées lui permettant de conférer le statut de médicament à la méthadone. Et en raison du manque de personnel qualifié et du désinvestissement dans le suivi psychologique des patients, il y eu de nombreux dérapages, provoquant par là même des critiques acerbes de la méthode. Néanmoins, les résultats globaux furent satisfaisants.


La pharmacologie de la méthadone

La méthadone est un agoniste opiacé, comme la morphine ou l'héroïne, et en possède donc toutes les propriétés pharmacologiques. Ses effets sont les suivants:

  • Un effet sédatif.
  • Un effet analgésique et antitussif par action sur le cerveau.
  • L'atténuation des réflexes émétiques.
  • Un ralentissement du rythme respiratoire. En cas de surdosage, elle peut provoquer une dépression respiratoire.
  • Des modifications hormonales, notamment au niveau de l'hypophyse, avec un retentissement inconstant sur la libido.
  • Une constipation.
  • Une dysurie.
  • Une hypersudation.
  • Une baisse de la tension artérielle avec un risque de vertiges et d'impuissance.

Par ailleurs, la méthadone entraîne un usage addictif analogue à celui décrit avec la morphine ou l'héroïne. C'est pourquoi elle est inscrite sur la liste des stupéfiants. Aussi, l'arrêt d'un traitement prolongé se traduit par des signes de sevrage identiques à ceux décrits avec l'héroïne, mais plus retardés. La sécurité liée à l'administration de méthadone fait l'objet de controverses. En effet, les décès par overdose de toxicomanes dans les années 1970 et 1980 ont été fréquemment le fait de l'usage de méthadone obtenue auprès de réseaux clandestins, et donc souvent frelatée.


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