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La définition de Masochisme


Le masochisme correspond à la recherche de la douleur physique ou, plus généralement, de la souffrance et de la déchéance. Celle-ci peut être consciente ou inconsciente, notamment dans le cas du masochisme moral.
Le terme de masochisme vient du nom de Leopold von Sacher-Masoch. En effet, cet écrivain autrichien décrivit dans ses romans une attitude de soumission masculine à la femme aimée, avec recherche de la souffrance et de l'humiliation.


Le masochisme en psychanalyse

Pour la psychanalyse, le masochisme constitue une des formes dans lesquelles la libido peut s'engager. Cela se produirait bien plus souvent que ne le laisserait penser le nombre réduit de masochistes au sens trivial de ce terme, c'est-à-dire d'adultes ne pouvant trouver une satisfaction sexuelle que si on leur inflige une douleur déterminée.
La prise en compte de la sexualité infantile montre que la pulsion sexuelle prend généralement une dimension sadique ou masochiste dans l'enfance. Le masochisme y apparaît plus précisément comme un renversement du sadisme et un retournement sur la personne propre. Par ailleurs, Freud précise qu'à la base, le sadisme vise plutôt à l'humiliation ou à la domination de l'autre. Et c'est dans le renversement masochiste que la sensation de douleur peut se lier à l'excitation sexuelle. Alors seulement le but sadique d'infliger des douleurs à autrui peut aussi apparaître. Cela signifie qu'à ce moment-là, « on jouit soi-même de façon masochiste dans l'identification avec l'objet souffrant ».


Le masochisme selon Freud

Le plus souvent, le masochisme infantile cède au refoulement. Ainsi, il subsiste dans l'inconscient sous forme de fantasmes. Or, ces fantasmes peuvent revenir à la conscience, généralement avec une formulation transformée. C'est le cas du fameux fantasme un enfant est battu, dont Freud a consacré un des articles les plus importants en ce qui concerne la théorie psychanalytique du fantasme.
Aussi, cette représentation fantasmatique est avouée avec une fréquence étonnante chez les personnes hystériques ou obsessionnels, qui ont demandé une analyse. Il s'y rattache des sentiments de plaisir et souvent une satisfaction onanistique, éventuellement rejetée et revenant alors de façon compulsionnelle. Freud démonte, à partir de quatre cas les différents temps de ce fantasme:

  • Dans le premier temps, le fantasme se présente sous la forme « le père bat l'enfant haï par moi ». Cette forme témoigne d'une rivalité infantile primitive.

  • Dans le second temps (reconstruit par l'analyse), c'est le patient lui-même qui est battu : « Je suis battu(e) par le père. » À cette étape, masochiste, le fait d'être battu satisfait la culpabilité œdipienne et permet en même temps l'obtention d'un plaisir sur un mode régressif.

  • Dans le troisième temps, le fustigateur ainsi que l'enfant battu perdent toute identité définie, ce qui permet au fantasme de se maintenir conscient sous cette nouvelle forme, tolérée cette fois par la censure.

Si cet article limite la place du masochisme, dont il fait un des temps du fantasme, et un temps qui n'est que le renversement d'un fantasme sadique, un article ultérieur, intitulé Le problème économique du masochisme (1924), lui donne une portée bien plus grande en distinguant trois types de masochisme:

  • Le masochisme érogène: Freud reprend les thèses antérieures selon lesquelles il y a masochisme érogène dès lors que le plaisir est lié à la douleur. Il continue également à distinguer le fantasme masochiste de sa réalisation perverse.

  • Le masochisme féminin: cette idée d'un masochisme spécifiquement a été historiquement controversée. Ainsi, si des psychanalystes comme Helene Deutsch la reprennent et en font une condition indispensable pour assumer la fonction de reproduction, d'autres auteurs l'ont rejetée. Il est d'ailleurs intéressant de noter que Freud décrit surtout ce masochisme féminin chez des hommes dont le fantasme masochiste serait d'être castré, de subir le coït ou d'accoucher.

  • Le masochisme moral: il concerne les individus qui n'attendent pas leur souffrance d'un partenaire mais qui s'arrangent pour l'obtenir des diverses circonstances de la vie, témoignant par là même d'une sorte de sentiment inconscient de culpabilité ou d'un besoin inconscient de punition. Cette forme de masochisme peut paraître totalement désexualisée et relever d'un besoin d'autodestruction. Cependant, Freud indique que le besoin de punition, lorsqu'il se révèle comme désir d'être battu par le père, peut renvoyer à celui d'avoir des rapports sexuels passifs avec lui. Ainsi, même cette forme de masochisme relève de l'intrication des pulsions.

Le masochisme selon Lacan

Lacan s'est également intéressé à la question du masochisme. Il a notamment tenté de démontrer que, en se faisant objet, en se faisant déchet, le masochiste vise à provoquer l'angoisse de l'Autre, un Autre qu'il faut situer au-delà du partenaire du pervers, un Autre qui, à la limite, se confondrait ici avec Dieu. En fait, ce que l'on peut surtout saisir, c'est qu'il y a une pente de tout individu vers le masochisme, précisément en ce que l'Autre, où chacun cherche le sens de l'existence, l'Autre auquel nous posons la question de notre être, ne répond pas. Dès lors, étonnamment, l'individu suppose le pire et n'est jamais si assuré d'exister aux yeux de l'Autre que lorsqu'il souffre.


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