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La définition de Logique



La différenciation de la logique et de la psychologie

La logique est une science qui constitue une des parties de la philosophie et qui a pour objet la recherche de règles assurant la validité des raisonnements. La logique et la psychologie trouvent leur source commune dans la philosophie et pendant longtemps les philosophes logiciens ont cherché comment donner à l'homme des directives, afin qu'il utilise correctement son intelligence. C'est au XIXe siècle que les deux disciplines ont cherché à définir le domaine d'investigation qui était propre à chacune d'elles:

  • La logique: elle souhaite éviter le risque de psychologisme, se constitue alors comme une science dogmatique avec Bernard Bolzano, George Boole et Auguste De Morgan. Elle est axiomatisée, à la recherche des lois de la vérité, afin de servir de fondement au raisonnement scientifique et à la mathématique.

  • La psychologie: elle veut se libérer de la métaphysique et de la pédagogie de la rectitude des raisonnements. Elle devient alors, sous l'influence de physiologistes comme Wilhelm Wundt et Ivan Pavlov, ou de physiciens comme Gustav Fechner et Hermann von Helmholtz, une science du comportement (le béhaviorisme) des êtres vivants.


Toutefois, la perspective béhavioriste, réticente à l'idée de s'intéresser à la boîte noire dans laquelle s'élaborent les liaisons entre stimulus et réponse, montra rapidement ses limites. En effet, dès 1950 Jean Piaget exposait son projet d'une épistémologie génétique dans laquelle on peut voir les prémisses de la psychologie dite cognitive qui s'est développée à partir des années 60.


La logique et la psychologie cognitive

La psychologie cognitive visait non seulement à décrire les mécanismes d'élaboration qui se situent entre le stimulus et le réponse, mais elle cherchait à expliquer ces processus, en particulier par l'étude de leur genèse. Le problème, pour Piaget, par exemple, était de comprendre pourquoi et comment l'homme devient mathématicien et logicien. La psychologie entre ainsi dans la nébuleuse des sciences cognitives, avec la logique, la linguistique, l'anthropologie, la neurophysiologie. La logique devient alors la discipline qui permet de construire des modèles, c'est-à-dire une structure de groupement qui décrirait les opérations de pensée propres à l'enfant de 7 ans,une structure de groupe, qui décrirait la pensée opératoire de l'adulte, des modèles de représentation des connaissances dans la mémoire sémantique, ou encore des tentatives de simulation sur ordinateur des activités cognitives en intelligence artificielle.
Plus récemment, des études sur la logique naturelle se sont développées, grâce à une collaboration entre logiciens, psychologues et linguistes qui se donnent pour tâche d'étudier les opérations logiques permettant à l'individu d'organiser son action, éventuellement, de faire partager ses convictions à un interlocuteur.


La logique naturelle

Il s'agit de l'ensemble des opérations de pensée qui permettent de raisonner à l'aide de la seule langue naturelle. Cette expression doit être considérée en relation avec la logique formelle et la logique mathématique:

  • La logique formelle: elle remonte à Aristote. Elle se caractérise par l'utilisation, dans un contexte qui conserve l'usage de la langue naturelle, de variables permettant de donner une forme générale à des types de raisonnement dont on cherche à évaluer la validité (par exemple, tout A est B, or C est A, donc C est B).

  • La logique mathématique: elle est issue de la logique formelle. Elle calcule uniquement sur des symboles et n'utilise plus de termes appartenant à la langue naturelle (par exemple, le syllogisme précédent s'écrirait : ((8x) (ax . bx) L ax1) . bx1). Elle est devenue la théorie des systèmes formels, et sa fonction est à peu près exclusivement de fonder la validité du raisonnement mathématique.

Pendant longtemps, la logique formelle fut considérée comme un modèle des lois de la pensée. mais Piaget introduit, en 1947, la notion de logistique opératoire, dont la logique formelle constituerait l'axiomatique et qui doit rendre compte du fonctionnement réel de la pensée. Enfin, en 1962, la notion de logique naturelle est introduite et Piaget parle alors d'une logique intuitive, naïve, en deçà de la formalisation et dont il faut dégager les rapports avec les structures formalisées.
Mais l'expression de logique naturelle a été reprise dans les années 1970, par des logiciens et des linguistes, avec une acception différente. En effet, la logique naturelle n'est plus considérée comme une forme immature de la logique formelle, mais comme un modèle des opérations qui permettent d'engendrer et de rendre cohérent le discours en langue naturelle, discours qui porte évidemment sur des domaines qui ne sont pas ceux de la mathématique. Pour Jean-Blaise Grize, la logique naturelle est un phénomène de pensée. Plus précisément, elle représente l'ensemble des opérations logico-discursives qui permettent au locuteur de construire les représentations (ou schématisations) qu'il veut communiquer à son interlocuteur. En revanche, pour George Lakoff, la logique naturelle est un phénomène de langue et elle se confond avec la grammaire.


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