Accueil > Dictionnaire > Les termes psychologiques commençant par L > La définition de lacan


La définition de Lacan


Jacques Marie Lacan, médecin et psychanalyste (1901-1981).Jacques Marie Lacan est un médecin et un psychanalyste français. Il est né à Paris en 1901. Il est mort en 1981.


La formation de Lacan

Lacan est né d'une mère issue d'une riche famille de vinaigriers orléanais et d'un père représentant de commerce de l'entreprise. Ce fut une tante maternelle qui distingua la précocité de Lacan et lui permit des études au collège Stanislas, à Paris. Le provincial fut alors introduit à la vie mondaine de la capitale et séduit par elle. Néanmoins, il suivit ses études médicales. Il s’intéressa également aux lettres et la philosophie, à l'anthropologie, à l'histoire, à la linguistique, aux sciences exactes, etc...
Aussi, les études de psychiatrie se mêlèrent à la fréquentation des surréalistes d'une façon qui le mit en marge des deux milieux. D'ailleurs, sa thèse de doctorat en médecine: De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité, est une illustration clinique des potentialités de l'amour quand il est porté à son extrême ; mais elle est aussi en rupture avec les travaux des psychiatres français de l'époque, qui voient dans la psychose paranoïaque une aggravation des traits définissant le caractère paranoïaque.


Ses premiers pas vers la psychanalyse

La description phénoménologique exhaustive d'un cas conduisit Lacan à la psychanalyse. Pour lui, la psychanalyse est le seul moyen de déterminer les conditions subjectives de la prévalence du double dans la constitution du moi.
Après 1920, Freud introduisit sa deuxième topique. Celle-ci fait du moi une instance régulatrice entre le ça, le surmoi et la réalité. Ainsi, pour Freud, un renforcement du moi, pour harmoniser ces courants chez le névrosé, peut apparaître comme une finalité de la cure.
Or, Lacan fait son entrée dans le milieu psychanalytique avec une tout autre thèse: « Le moi, écrit-il, se construit à l'image du semblable et d'abord de cette image qui m'est renvoyée par le miroir ce suis-je. L'investissement libidinal de cette forme primordiale, bonne parce qu'elle supplée la carence de mon être, sera la matrice des identifications futures. La méconnaissance s'installe ainsi au cœur de mon intimité et, à vouloir la forcer, c'est un autre que je trouverai ; ainsi qu'une tension jalouse avec cet intrus qui, par son désir, constitue mes objets en même temps qu'il me les dérobe, du mouvement même par lequel il me dérobe à moi-même. C'est comme autre que je suis amené à connaître le monde: une dimension paranoïaque est, de la sorte, normalement constituante de l'organisation du je ».


Son concept du stade du miroir

C'est en 1936 que Lacan présenta pour la première fois le stade du miroir comme formateur de la fonction du je. Mais sa théorie ne pas beaucoup d'enthousiasme. Pourtant, elle illustre la prise précoce de l'enfant dans le langage. En effet, si la remarquable découverte du stade du miroir n'est pas déductible de la pratique analytique, elle doit portant son support, son cadre à une analyse du langage qui s'expérimente dans la cure, mais en tant que déduction rétroactive. Aussi, l'imaginaire propre à cette phase n'est investi d'une telle charge libidinale que parce qu'il fonde la protestation contre le défaut radical par lequel le langage soumet le parlêtre, c'est-à-dire celui qui pose la question de l'être parce qu'il parle.


L'entre-deux

Ainsi, le langage devient symbole du pacte de ce à quoi l'individu renonce. Il peut s'agir, par exemple, de la maîtrise de son sexe en échange d'une jouissance dont il devient serf. Oui, mais laquelle? Car pour Lacan, il n'y a pas de rapport sexuel. Par cette formule choc, il rappelait que, si le désir vise l'entre-deux voilé par l'écran où se projette la forme excitante, le rapport ne se fait jamais qu'avec une image. Image de quoi? sinon de l'instrument qui fait la signifiance du langage, c'est-à-dire le Phallus. C'est pourquoi une femme se voue à le représenter en faisant semblant de l'être (c'est la mascarade féminine) alors que l'homme, lui, fait semblant de l'avoir (c'est le comique viril). Si rapport il devait y avoir, il se ferait ainsi, imaginairement, avec le Phallus et non pas avec la femme qui, elle, n'existe pas.
Par ailleurs, la catégorie de l'Autre est essentielle parmi les formulations originales de Lacan parce qu'elle désigne primordialement, dans l'entre-deux, la place vide, mais aussi potentiellement grosse de tous les éléments du langage susceptibles de venir s'insérer dans l'énonciation et y donner à entendre un sujet qu'on ne peut reconnaître comme sien sans pour autant le faire parler à sa guise ni même savoir ce qu'il veut: c'est le sujet de l'inconscient.


Le signifiant selon Lacan

Pour Lacan, un signifiant (S1) est ce qui représente un sujet ($) pour un autre signifiant (S2). Mais que ce dernier (S2) vienne du lieu Autre le désigne aussi comme symptôme. Le signe, lui, désigne bien quelque chose (par exemple, la fumée est l'indice du feu, la cicatrice est l'indice de la blessure, etc...), mais pour quelqu'un. Aussi, en présence de la chose, je s'évanouit.
Par ailleurs, la formule lacanienne du fantasme: $ x a lie l'existence du sujet ($) à la perte de la chose (a), ce que la théorie enregistre aussi comme castration. L'émergence éventuelle dans l'univers perceptif de l'objet perdu singulier qui fonde l'individu comme sujet d'un désir inconscient l'oblitère, ne lui laissant que l'angoisse propre.


Sa rupture avec la Société psychanalytique de Paris

En 1953 et bien qu'il la présidât, Lacan démissionna de la Société psychanalytique de Paris, en compagnie de Daniel Lagache, Juliette Favez-Boutonier, Françoise Dolto. Avec eux, il fonda la Société française de psychanalyse.
Le motif de la rupture fut la décision par la Société parisienne de fonder un Institut de psychanalyse chargé de délivrer un enseignement réglé et diplômable sur le modèle de celui de la faculté de médecine. Mais la réalité était sans doute plus triviale. En effet, le séminaire de Lacan, les cours en Sorbonne de Lagache et de Favez-Boutonier, le charisme de Dolto attiraient la majorité des étudiants, qui d'ailleurs les suivirent en cet exode. Celui-ci connut l'atmosphère stimulante et fraternelle des communautés d'affranchis à leur départ. Mais rapidement, ce succès vint faire ombrage à ses amis, puis aux élèves qui avaient grandi et se montraient maintenant soucieux de leur personnalité. Ainsi, après une décennie de nomadisme, nombreux étaient ceux qui souhaitaient réintégrer l'Association psychanalytique internationale (l'IPA). Des négociations furent alors menées par un trio d'élèves qui obtinrent la reconnaissance par l'IPA en échange du renoncement de Lacan à former des psychanalystes.
En 1964, Lacan fonda seul l'École freudienne de Paris. Une poignée d'amis déprimés et d'élèves esseulés le suivirent en ce nouveau désert. Mais grâce à son travail, il allait se révéler d'une exceptionnelle fécondité. L'objectif de Lacan était d'assurer à la psychanalyse un statut scientifique qui aurait protégé ses conclusions du détournement des thaumaturges et l'aurait imposée à la pensée occidentale. Mais le champ psychanalytique est-il propre à un traitement scientifique ? Voire est-il apte au calcul des réponses qui sont susceptibles d'être données par un individu? Oui, si l'on admet qu'il existe une clinique des hystéries, c'est-à-dire une recension des modes de la contestation faite par l'individu de l'ordre formel qui le condamne à l'insatisfaction.


Autres termes psychologiques :