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La définition de Jumeaux


Des jumeaux désignent deux individus nés du même accouchement. Quand les jumeaux sont issus du même ovule, ils sont dits monozygotes et sont de même sexe. Ce sont les vrais jumeaux. Quand ils sont issus de deux ovules et ont partagé la même gestation, ils sont dizygotes, peuvent être de sexes différents et sont de faux jumeaux.
Par ailleurs, la gémellité constitue un phénomène peu fréquent, mais stable au sein des sociétés humaines (en moyenne 1,2% des naissances sont gémellaires). Elle pose deux problèmes:

  • Celui des rapports entre hérédité et milieu.
  • Celui de l'individuation.

Les rapports entre hérédité et milieu

Les jumeaux monozygotes ont exactement le même patrimoine génétique et leurs différences interindividuelles ne pourraient être attribuées qu'au milieu. On s'est donc intéressé aux couples gémellaires dissociés, à diverses périodes de leur vie et pendant des durées variables, mais plus particulièrement aux couples séparés dès la naissance (par exemple, aux jumeaux adoptés par des familles différentes). Les comparaisons ont surtout porté sur l'intelligence, mesurée à l'aide de tests. Elles ont abouti à des conclusions divergentes, qui invitent à mettre en cause la méthode utilisée:

  • Tous les tests d'intelligence souffrent de biais culturels.
  • Les postulats implicites qui ont présidé aux recherches.
  • Les âges d'investigation.
  • Les groupes-témoins choisis.

On n'a pas réussi à mesurer la part respective de l'hérédité et du milieu dans les réponses et les conduites ainsi étudiées. L'idée que l'intelligence de deux jumeaux séparés, représentée par les valeurs de quotient intellectuel, serait plus proche que celle de deux individus de même âge mais de familles différentes, est aujourd'hui contestée.
La méthode des jumeaux, qui consistait à confronter systématiquement jumeaux vrais et non-jumeaux, aux mêmes âges et dans les mêmes situations, n'est plus guère pratiquée que dans les études sur l'animal, où les souches font l'objet de contrôles génétiques précis.
Le bien-fondé du choix des jumeaux pour appréhender les relations hérédité-milieu chez l'être humain est lui-même contesté. En effet, deux individus issus d'une seule cellule-mère ne forment-ils, à la naissance, qu'un individu dédoublé? Peut-on transposer l'identité chromosomique à l'organisme complet? Peut-on atteindre directement le génotype, isolé de toute influence phénotypique? Les lois de l'hérédité biologique, qui expliquent par exemple la couleur des yeux, peuvent-elles expliquer les comportements, les capacités et structures psychologiques? L'état actuel des connaissances oblige à considérer que génotype et phénotype sont liés bien avant la naissance et que les déterminismes génétiques accessibles ne permettent pas d'envisager deux jumeaux comme deux exemplaires identiques. Des inventaires de comportement de nourrissons rapportent des différences interindividuelles, au sein d'un couple gémellaire, différences qui, pour certaines, ne sont pas moins significatives qu'entre individus quelconques de même âge.


L'individuation des jumeaux

Le problème de l'individuation des jumeaux part de l'hypothèse qu'il serait plus difficile de construire sa personnalité propre en présence d'un double de soi qu'au sein d'une fratrie. La gémellité est vue, dans cette perspective, comme un cas particulier de relation à autrui. Il s'agit en somme de savoir si le mythe de l'incomplétude de chacun des partenaires du couple gémellaire repose sur une réalité psychologique, vécue. Les études développementales ont procédé par tests, enquêtes familiales et témoignages directs de couples gémellaires.
Leurs conclusions démentent, pour la plupart, l'infériorité intellectuelle des jumeaux et rapportent nombre des difficultés particulières, rencontrées dans l'élaboration de la personnalité, aux conditions ménagées aux jumeaux par leur entourage et à l'image que la société tente de leur imposer d'eux-mêmes.


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