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La définition de Jaspers


Karl Jaspers, psychiatre et philosophe (1883-1969).Karl Jaspers est un psychiatre et un philosophe allemand. Il est né à Oldenburg, en 1883. Il est mort à Bâle, en 1969. Il fut professeur de psychopathologie, puis de philosophie aux universités de Heidelberg et de Bâle.


Le parcours de Jaspers

Jaspers entreprend des études de droit à Fribourg-en-Brisgau, puis de médecine, d'abord à Berlin, puis à Göttingen et à Heidelberg, où il devient assistant à la clinique psychiatrique universitaire, en 1915. Puis il change d'orientation et devient enseignant de psychologie, puis de philosophie dans cette même université. Il y devient professeur de philosophie en 1921.
Marié à Gertrud Mayer (la sœur du philosophe juif Ernst Mayer), il est révoqué par les nazis en 1937. Sa chaire lui est rendue après la Seconde Guerre mondiale. Mais il ira à Bâle, où il finira sa carrière d'enseignant et d'écrivain en philosophie.


Les travaux de Jaspers

En dehors de son œuvre philosophique d'inspiration phénoménologique, et de ses œuvres de réflexion politique (La culpabilité allemande en 1946, Origine et Sens de l'histoire en 1949, La bombe atomique et l'avenir de l'homme en 1958), il est surtout connu pour sa monumentale Psychopathologie générale, publiée pour la première fois en 1913. La troisième édition (de 1923) fut traduite en français en 1927 et a profondément marqué des psychiatres français.
Son auteur, qui avait été très influencé par l'ouvrage de Wilhelm Dilthey, intitulé Idées concernant une psychologie descriptive et analytique, propose de bien distinguer en psychopathologie ce qui relève de l'explication causale naturaliste et ce qui dépend de la compréhensibilité, qui est seule du domaine de l'analyse psychologique et, plus précisément, phénoménologique. Certains phénomènes psychiatriques vont donc pouvoir être compris, dans une démarche subjective, soit dans leur aspect strictement phénoménologique et statique, soit dans leur aspect génétique et dynamique, qui permet de saisir l'enchaînement des faits et de comprendre comment s'est élaboré un délire à partir du développement d'une personnalité prémorbide, ou comment a fait irruption une psychose réactionnelle à la suite d'un événement particulièrement dramatique pour l'individu. En revanche les processus considérés comme organiques de certaines maladies mentales (comme les démences ou la schizophrénie) resteront du côté de l'explication naturaliste. Encore que, pour la schizophrénie, il faille bien distinguer les phases processuelles incompréhensibles des réaménagements psychopathologiques secondaires, qui peuvent être phénoménologiquement compréhensibles.
Cette approche psychopathologique, envisageant le patient dans la globalité de sa personnalité et dans la totalité de sa vie (à la fois synchroniquement et diachroniquement), reste encore très actuelle et toujours largement pratiquée.


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