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La définition de Institutionnelle



L'analyse institutionnelle

Il s'agit de l'ensemble des opérations intellectuelles et matérielles que pratique une collectivité sur elle-même, grâce à un ou plusieurs analyseurs, en vue de modifier ses structures, son organisation pour éliminer les effets pathogènes de l'institution et permettre une meilleure communication entre les membres qui la composent.


La pédagogie institutionnelle

Il s'agit de l'ensemble de techniques, d'organisations, de méthodes, d'institutions internes nées de la pratique des classes coopératives et inspirée de la thérapie institutionnelle.


La thérapie institutionnelle

Il s'agit de la méthode thérapeutique cherchant à traiter et à réadapter les malades mentaux en agissant sur la structure sociale de l'institution psychiatrique où ils sont soignés. Faut-il parler d'une ou de plusieurs thérapies institutionnelles? Car les formes de cette thérapie sont très variées. En effet, il peut s'agir d'un traitement centré sur l'hôpital psychiatrique lui-même, qu'il faut soigner comme un malade véritablement contagieux, réformer comme une institution archaïque ou tout simplement détruire ; ou seulement d'une utilisation habile, à l'aide de techniques psychosociales et organisationnelles, de l'institution, cette forme de thérapie étant alors un simple appoint aux autres psychothérapies et traitements médicamenteux individuels appliqués au patient.
Le terme thérapie institutionnelle semble avoir été proposé pour la première fois par Georges Daumézon et Philippe Kœchlin en vue de désigner « l'ensemble des conduites réglées à visée psychothérapique empruntant les médiations du milieu dans lequel vit le patient ». Pour Daumézon, l'institution ne se limitait pas au seul hôpital, et le médecin, comme tous les autres soignants, en faisait partie. Mais la première expérience de thérapie institutionnelle, en France, s'est située à Saint-Alban (en Lozère), en pleine occupation allemande, animée par le psychiatre républicain espagnol François Tosquelles. Dans cet hôpital psychiatrique très isolé s'est accompli un travail exemplaire.
Cette théorie, Tosquelles l'avait d'abord découverte chez le psychiatre allemand Hermann Simon, qui avait préconisé une thérapie active, méthode de soin des malades par l'activité et le travail en agissant sur toute la vie du pavillon d'hospitalisation pour éviter que ce dernier ne sécrète la chronicisation et l'aggravation de la maladie mentale. Il s'agissait pour lui de traiter la maladie du pavillon en rétablissant la communication et des relations authentiques entre soignants et soignés, dans des lieux d'activité privilégiés où était possible une certaine intervention interprétative, qui devait se limiter, comme le rappelle Daumézon, au hic et nunc concret (ici et maintenant) de l'institution. Cette analyse était alors de type sociologique et dialectique, inspirée de concepts hégélo-marxistes.
C'est vers 1965 qu'elle va prendre une autre direction en s'inspirant de la psychanalyse lacanienne, dans le cadre de la Société de psychothérapie institutionnelle. Avec Ginette Michaud, Jean Oury, Philippe Rappard, le collectif soignant va centrer son analyse institutionnelle autour de réunions, de clubs d'ergothérapie, de groupes de discussion. Cette pratique permettait une véritable topologie de la rencontre. Félix Guattari et Oury rappelaient alors la nécessité de quelques principes essentiels:

  • la liberté de circulation,
  • l'existence de lieux concrets bien structurés,
  • la tenue de contrats avec les patients, révisables, à l'entrée comme à la sortie,
  • l'accueil permanent disposant de grilles symboliques et de médiations.

Le tout devait être repris dans une analyse où les grands concepts lacaniens sur le langage et la psychose allaient être largement utilisés. Certains, comme Robert Castel, ont regretté cette évolution, qui aurait, selon lui, vidé la thérapie institutionnelle du dynamisme quasi révolutionnaire de ses débuts. Il faut reconnaître qu'elle s'est diluée dans la constellation des structures intermédiaires, au milieu d'un secteur psychiatrique centré de plus en plus sur une intervention intracommunautaire, le service hospitalier n'étant plus que le lieu de traitement des phases psychotiques aiguës ou processuelles pour des temps de séjour assez courts. Finalement, ce sont des centres de soins prolongés, souvent privés (comme les cliniques de Cour-Cheverny ou de Chailles) qui ont su le mieux entretenir et conserver l'esprit de la thérapie institutionnelle pour faire de tels lieux de véritables instruments thérapeutiques.


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