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La définition de Induction


L'induction désigne une forme d'inférence qui consiste à généraliser une propriété commune aux cas déjà connus d'une classe d'objets ou d'événements à l'ensemble des cas de la même classe (elle passe du particulier au général).
L'induction correspond également au raisonnement en jeu dans la découverte de régularités ou de lois scientifiques, et en particulier l'activité de formulation et de test d'hypothèse.
Enfin, l'induction peut désigne aussi toute forme d'inférence comportant une projection des cas connus vers les cas non connus, y compris l'inférence du particulier au particulier, ou l'inférence d'une classe vers une classe de même niveau dans une taxonomie.


Les caractéristiques de l'induction

L'induction étant une inférence, on peut assimiler les informations sur les cas connus aux prémisses d'un argument, et la conjecture sur les cas non connus à sa conclusion. Elle a deux caractéristiques fondamentales. D'une part, elle attribue aux cas non encore observés ce qui est connu des cas déjà observés. D'autre part, la vérité des prémisses étaye ou confirme la plausibilité de la conclusion, mais sans permettre d'en garantir la vérité. La conclusion d'une induction (par exemple, « j'ai toujours constaté que le jour succède à la nuit donc il en sera de même dans le futur »), peut être suffisamment plausible pour paraître certaine. Néanmoins, elle n'est pas une conséquence nécessaire des prémisses. L'induction est analysable en deux processus fondamentaux:

  • Le premier consiste à identifier une propriété commune aux cas déjà observés, propriété qui constitue une conjecture pour les cas non observés.
  • Le second consiste à évaluer la plausibilité de cette conjecture, ou en d'autres termes à mesurer le degré de confirmation de la conclusion par les prémisses.

L'identification d'une propriété commune aux cas observés

Elle a été étudiée dans des situations dites d'identification d'une règle ou de test d'hypothèse, et plus particulièrement dans des situations consistant à découvrir une propriété définissant l'appartenance à une classe d'objets dans une partition en deux classes. Les objets sont généralement présentés un par un, ce qui introduit des difficultés de codage et de mémorisation. Dans les tâches les plus simples où la règle consiste en un invariant perceptif unique, certaines propriétés (la forme, la couleur, etc...) sont plus précocement considérées que d'autres (l'orientation des éléments, la texture, etc...).
Lorsque la règle englobe plusieurs propriétés, le type de connecteur intervenant dans sa formulation joue un rôle important, une règle conjonctive comme P et Q étant beaucoup plus facile à identifier qu'une règle disjonctive comme P ou Q. Cela résulte notamment d'une tendance marquée à rechercher des propriétés couvrant tous les objets de la classe à définir, même si elles ne sont pas propres à celle-ci, plutôt que des propriétés discriminant bien les deux classes sans être caractéristiques de l'une d'elles.
Dans les tâches où il faut identifier l'action ou la suite d'actions qui permet d'engendrer un résultat particulier, le mode de segmentation et de codage de l'activité s'avère fondamental. Les présupposés, parfois assimilés à des biais, peuvent favoriser ou contrecarrer la formulation de l'hypothèse pertinente.


L'évaluation de la plausibilité de la conjecture

La composante la plus typique de l'induction consiste à transformer une propriété des cas connus en une hypothèse ou conjecture sur les cas de la même espèce non encore connus. Dans l'induction véritable, cette hypothèse ne peut jamais être prouvée. La question qui se pose est de déterminer quel est le degré de certitude conféré par les cas connus à la conjecture, ce qu'on désigne par degré de confirmation ou encore force de l'argument. Un facteur important est constitué par le nombre de confirmations de la conjecture en l'absence de tout contre-exemple. Ainsi, l'énoncé: « Toutes les émeraudes sont en silicate. » est mieux confirmé par cette constatation sur dix émeraudes analysées que sur une seule. À nombre égal de confirmations, les conjectures sont inégalement convaincantes.
Un autre facteur important est constitué par la compatibilité d'une conjecture avec les autres connaissances tenues pour assurées. Ainsi, l'argument: « Ces trois morceaux de cuivre conduisent l'électricité donc tous les morceaux de cuivre conduisent l'électricité. » paraît généralement beaucoup plus convaincant que: « Trois de mes étudiants sont barytons donc tous mes étudiants sont barytons. » Cet exemple illustre une caractéristique fréquente des inférences inductives, qui est de faire appel subrepticement à un grand nombre d'autres informations en addition à celles présentées comme prémisses. En procédant ainsi, on peut éventuellement transformer un argument inductif en un argument déductif. On a également mis en évidence le rôle de la similitude entre les objets mentionnés dans les informations constituant les prémisses et dans les informations constituant la conclusion.
Existe-t-il des schémas d'inférence inductive faisant appel seulement à la forme syntaxique de l'argument, sur le modèle des arguments déductifs tels que tous les A sont B, tous les B sont C, donc tous les A sont C? Le philosophe anglais John Stuart Mill a défini cinq canons (ou méthodes) par leur forme syntaxique pour identifier la cause ou l'effet d'un phénomène P. Les deux principaux sont:

  • La méthode de concordance: elle incrimine l'élément commun à toutes les occurrences de P.
  • La méthode des différences: elle incrimine l'élément présent lorsque P est présent et absent sinon.

Ces méthodes constituent à coup sûr de bonnes heuristiques pour formuler des hypothèses. En outre, elles sont communément observées en psychologie. Elles permettent également, sous certaines conditions, d'affirmer que le schéma d'inférence est déductivement valide, ou, en d'autres termes, de faire la preuve que la conjecture est vraie. C'est le cas à condition notamment qu'il existe une relation biunivoque entre le prédicteur et ce qui est prédit, qu'il soit possible d'énumérer toutes les hypothèses, et que l'information soit fiable (non bruitée).
Dans les expériences ou situations étudiées en psychologie, les participants reçoivent parfois l'assurance que ces conditions sont satisfaites. Lorsque ce n'est pas le cas, ils ont tendance au moins initialement à supposer qu'il en est ainsi.


Le facteur d'induction (ou facteur I)

Il s'agit d'un facteur mis en évidence par Louis Thurstone, présent dans les tâches consistant à découvrir sur des données spécifiques une règle ou un principe général et à l'appliquer correctement. Un exemple d'épreuve saturée en I consiste à continuer une série de chiffres dont les premiers, se succédant selon une certaine loi, sont donnés.


L'induction génétique

Il s'agit de l'ensemble des orientations phénotypiques déterminées par le génome. Selon Gilbert Gottlieb, le poids des contraintes varie en raison inverse du niveau de l'évolution. Ainsi, plus une espèce est évoluée, moins le poids des contraintes est fort.


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