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La définition de Imitation


L'imitation désigne la reproduction du comportement d'un modèle observé. Il est insuffisant de définir l'imitation comme une réponse similaire de deux organismes différents (A et B) dans les mêmes circonstances. En effet, cette définition ne permet pas de distinguer l'imitation de la production fortuite de comportements similaires. On y ajoute donc un critère perceptif: si B a observé la production de A avant de produire le comportement similaire, alors on peut dire qu'il imite A. On comprend, en évoquant ce critère, que l'imitation peut être vue comme un mécanisme d'apprentissage de nouvelles conduites.


L'imitation au plan développemental

L'étude de l'imitation durant la prime enfance fait l'objet de débats cruciaux concernant les capacités initiales du nouveau-né. Plusieurs chercheurs, et notamment Andrew Meltzoff et Keith Moore en 1977, 20 ans après René Zazzo, ont montré que le nouveau-né tire la langue si vous la lui tirez et ouvre la bouche quand vous ouvrez la vôtre. On devrait en conclure qu'il imite. Or, cela suppose qu'il peut traduire, à peine né, ce qu'il voit sur le visage d'un autre en mouvements de son propre visage. De nombreux auteurs ont recherché une explication minimale du phénomène (le contrôle sous-cortical), en insistant notamment sur certaines caractéristiques de l'imitation précoce:

  • Le nouveau-né reproduit des mouvements mais non des positions statiques.
  • Les reproductions motrices ne sont pas nettement localisées mais impliquent plus globalement le corps.

D'où, pour certains, l'hypothèse que ces capacités précoces pourraient être réflexes et disparaître, comme la marche et la nage automatiques, au cours du 3e mois. Ou pour d'autres, l'hypothèse que l'imitation néonatale entre dans la catégorie des mécanismes innés de déclenchement induits par la présence de certains stimulus (par exemple, les mouvements rythmiques). Mais de nombreux constats vont dans un sens contraire. Ainsi, l'imitation du nouveau-né est tout d'abord hésitante et malhabile, comme si le nourrisson cherchait comment sortir sa langue: cette description ne s'apparente pas à un réflexe, immédiatement adapté. En outre, des études montrent qu'entre 15 jours et 5 mois, il n'y a pas disparition de l'imitation au cours du 3e mois.
Cela établit le premier désaccord avec Jean Piaget, qui avait daté la reproduction de mouvements non visibles du corps propre (donc concernant le visage) au stade IV de l'imitation, soit vers 8-9 mois. Un autre élément, établi par les deux auteurs précités, concerne l'aspect fonctionnel du phénomène: il est spécifique, car ne se produit que sur modèle humain, et il est prédictif de capacités sociales ultérieures.
Le deuxième désaccord concerne l'imitation différée. En effet, Piaget avait modélisé le parallélisme entre le développement de l'imitation et les stades du développement cognitif, notamment l'apparition simultanée, au cours de la 2e année, entre 18 et 24 mois, des principaux indices initiaux de pensée symbolique: la représentation graphique, le langage, le jeu symbolique, et l'imitation différée (c'est-à-dire la reproduction d'un comportement en l'absence du modèle). Les résultats de plusieurs auteurs, parmi lesquels Meltzoff, montrent qu'il existe certaines capacités d'imitation différée dès 9 mois, sur un délai de 24 heures.
C'est à partir de 5-6 mois que l'on peut rendre compte plus complètement de la fonction sociale de l'imitation, déjà notée dans la période néonatale. Le nourrisson se montre sensible à la reproduction de ses comportements par l'adulte. Il y réagit par l'attention et le sourire. Peu après s'instaurent avec l'adulte des séquences imitatives réciproques à valeur de communication. Ces séquences culminent vers 15-18 mois, alors qu'elles ne se manifestent que vers 2 ans lorsque le partenaire est un enfant de même âge. On peut alors montrer l'importance de l'alternance imiter/être imité comme la mise en place de tours de parole complexes à l'initiative de l'enfant.
On discute également l'hypothèse selon laquelle l'autisme s'accompagnerait d'incapacité partielle ou totale à imiter, ce qui renforce l'hypothèse d'un rôle capital de l'imitation dans le développement social de l'enfant.


L'imitation au plan social

Au plan social, l'imitation désigne un processus sociopsychologique de reproduction et de diffusion des idées dans la société.


L'imitation au plan éthologique

Au plan éthologique, l'imitation désigne une forme d'apprentissage social au cours duquel un individu observateur apprend les actes ou une partie des actes d'un congénère démonstrateur.
L'imitation se distingue d'autres formes d'apprentissage social, où les actes ne sont pas appris mais dans lesquels l'observateur se base sur des caractéristiques de l'environnement mises en évidence par le démonstrateur. Le sujet naïf dirige alors son activité sur un lieu ou un objet particulier, ou répond à un stimulus, à un objet ou à un événement indépendamment de leur localisation.
La véritable imitation (ou apprentissage par observation), est considérée comme propre aux espèces hautement encéphalisées, car elle exige des capacités cognitives suffisantes pour que l'individu puisse se représenter les actes d'un congénère et établir une relation entre ces actes et leurs conséquences. Elle semble se distinguer de la copie (cas de l'imitation vocale des oiseaux), qui exigerait de moindres capacités de représentation, car l'individu peut ajuster sa propre production à ce qu'il peut percevoir et il n'apprend pas de conséquences à ses actes.
En outre, l'imitation ne doit pas être confondue avec la facilitation sociale (ou contagion), par laquelle un acte non appris lors de l'interaction (car déjà présent dans le répertoire comportemental) advient lorsque les congénères sont engagés au même moment dans le même comportement.


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