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La définition de Handicap


Un handicap désigne la situation d'une personne qui se trouve désavantagée, d'une manière ou d'une autre, par rapport à d'autres personnes.


Les différents types de handicap

Un déficit sensoriel visuel ou auditif est un handicap car l'enfant qui en est atteint vit et se développe dans un monde organisé matériellement et socialement par et pour des voyants et des entendants. Il en est de même des handicaps moteurs qui restreignent la locomotion et l'accomplissement des activités quotidiennes dans un monde organisé pour des personnes mobiles et autonomes.
Le handicap créé par un déficit mental (par exemple, l'intelligence) est plus difficile à définir et à identifier, car la norme varie selon les définitions données à l'intelligence et aux autres fonctions psychologiques, et selon les méthodes de mesure. Cependant, quelles que soient ces mesures, un écart trop important par rapport à la moyenne du groupe constitue un handicap, car il se répercute sur les acquisitions scolaires, professionnelles et sociales, toujours organisées selon certaines normes de développement.


La détection du handicap

Le handicap doit être détecté le plus tôt possible chez l'enfant car les mesures médicales et éducatives propres à atténuer ses effets sont d'autant plus efficaces qu'elles sont appliquées précocement. Ce dépistage est relativement facile pour les troubles moteurs, mais il est plus délicat pour la cécité ou la surdité et pour les handicaps mentaux.
Sur le plan médical et technique, deux questions sont importantes:

  • L'évolution possible du trouble (état stabilisé, aggravation ou amélioration prévisibles).
  • La possibilité ou non d'un appareillage (prothèse des membres, prothèse auditive, prothèse visuelle, etc...).

La prise en charge du handicap

Les mesures éducatives consistent d'abord, pour les très jeunes enfants, en une guidance parentale très suivie par laquelle la famille est soutenue psychologiquement et reçoit des conseils quant aux attitudes éducatives à adopter (éviter la surprotection de l'enfant, encourager sa prise d'autonomie et son activité, etc...). Ensuite, une scolarisation appropriée de l'enfant sera recherchée et variera selon le handicap. Il existe des écoles spécialisées pour les aveugles et déficients visuels, les sourds et malentendants, les infirmes moteurs, les retardés mentaux, etc...
Cependant, cette scolarisation pose de nombreux problèmes:

  • Il est rare de trouver une telle école à proximité de son domicile. Souvent, l'enfant handicapé doit être séparé de sa famille pour être placé en institution, ce qui a des inconvénients certains.

  • Le regroupement des handicapés dans un même établissement accentue chez eux le sentiment de leur différence et rend plus difficile leur intégration ultérieure au monde dit normal. C'est pourquoi on essaie souvent de scolariser ces enfants dans des classes ordinaires en leur donnant, par ailleurs, un soutien pédagogique par des maîtres spécialisés qui les initient aux techniques propres à leur handicap.

  • Il y a le problème des handicapés multiples (sourds et aveugles, aveugles et infirmes moteurs, etc...), dont le nombre connu augmente en raison des progrès de la médecine (qui les dépiste plus tôt) et dont la prise en charge scolaire et sociale est souvent difficile.

L'intégration professionnelle des handicapés dépend de la gravité du handicap et de la réussite de la formation scolaire, professionnelle et sociale. La législation française incite à l'embauche des handicapés, mais n'est pas toujours appliquée. Les handicapés qui parviennent à avoir une activité régulière, quelle qu'elle soit, sont évidemment ceux qui parviennent le mieux à s'intégrer à la société.


Le handicap mental

Il s'agit d'un désavantage, ou d'une infériorité sociale et professionnelle, résultant d’une maladie mentale.
Le terme handicap, d’abord utilisé par les Anglais pour désigner un jeu de hasard, puis le poids que devaient porter les chevaux les plus rapides pour équilibrer les chances des autres chevaux dans une course, est entré dans le vocabulaire médicosocial en France avec la loi du 23 novembre 1957 sur le reclassement des travailleurs handicapés: « Est considérée comme travailleur handicapé [...] toute personne dont les possibilités d’obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par suite d’une insuffisance ou d’une diminution de ses capacités physiques et mentales. »
Avec Philip Wood, on doit bien distinguer:

  • La déficience (ou déficit fonctionnel): elle est la conséquence directe de l’atteinte anatomophysiologique de l’organisme par le processus morbide ou traumatique.
  • L’inadaptation: elle représente les conséquences de ce processus sur les possibilités d’autonomie de l'individu et sur ses compétences dans sa vie familiale et quotidienne.
  • Le handicap: il est le véritable désavantage social, c’est-à-dire la limitation ou la modification des rôles sociaux et professionnels que l’individu pouvait ou était en droit d’espérer tenir avant le processus pathologique invalidant.

Le handicap est donc à comprendre en fonction de ces rôles sociaux auxquels la société elle-même participe, ce qui est particulièrement vrai du handicap mental. Ce dernier ne doit donc pas être conçu comme une incapacité qui serait facilement mesurable. Il est fonction des interactions entre le handicapé et son milieu. Il est variable et peut, dans certains cas, être seulement potentiel. C’est pourquoi la loi française du 30 juin 1975 dite d’orientation en faveur des personnes handicapées, en étant avant tout une loi d’invalidité correspondant à une déficience quantifiable et définitivement fixée, passe à côté de la notion même de handicap, en particulier dans le domaine de la pathologie mentale, où le processus morbide est, en plus, toujours évolutif.


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