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La définition de Grammaire



La grammaire en linguistique

En linguistique, la grammaire désigne la description des principes d'organisation de la langue. Selon les théories linguistiques, cette description rend compte soit de la totalité de la langue, c'est-à-dire de l'organisation des phonèmes (la phonologie), des règles d'articulation des morphèmes et des syntagmes (la syntaxe), du lexique (la lexicologie) et des sens des morphèmes (la sémantique), soit ne prend en charge qu'une partie des phénomènes de la langue (par exemple, la syntaxe).
Avec Noam Chomsky, le terme grammaire signifie théorie des structures linguistiques, dont le pivot est la syntaxe. L'objectif de la grammaire de la théorie est de rendre compte de toutes les phrases grammaticales. La grammaire se présente comme un système formel, incluant des axiomes et des systèmes de règles, à partir desquels une infinité de phrases peut être générée. Mais la grammaire doit aussi rendre compte de la connaissance implicite, la compétence, qu'un locuteur idéal a de sa langue. Enfin, elle doit caractériser l'articulation entre les signaux physiques les sons et le sens. Cependant, le primat est toujours donné à la composante syntaxique.
Un modèle plus récent proposé par Chomsky est celui d'une grammaire universelle, c'est-à-dire d'une théorie des propriétés universelles des langues naturelles.


La grammaire cognitive

Il s'agit d'une théorie linguistique, proposée par Ronald Langacker, qui s'intéresse aux processus cognitifs sous-jacents à la production et à l'interprétation des énoncés. La grammaire cognitive de Langacker ne comporte que 3 types de structures (phonologiques, sémantiques et symboliques). Dans cette théorie, les structures symboliques, qui reposent sur des principes non spécifiques au traitement du langage, assurent le lien entre les structures phonologiques et sémantiques. Tout énoncé est donc conçu comme communiquant une signification qui indique la façon dont le locuteur conceptualise une certaine situation, et le langage n'est qu'un outil offrant aux individus un appareillage symbolique général très sophistiqué leur permettant d'exprimer ces conceptualisations.
Cette dimension apparaît bien lorsque l'on analyse les différences de comportement entre termes relevant de classes grammaticales différentes (les noms, les verbes, les adjectifs, les prépositions, etc...). Ainsi, chacune de ces expressions, et des constructions dans lesquelles elles entrent, donnent de la situation rapportée une représentation schématique originale. En effet, il n'est pas du tout équivalent de dire « La voie ferrée longe le canal » et « La voie ferrée passe le long du canal ». Dans le premier cas, le verbe marque une relation spatiale qui est suivie ou parcourue mentalement état par état. Le processus est donc conceptualisé dans sa dynamique. En revanche, avec la préposition, la même disposition est enregistrée de manière globale avec une saisie simultanée, mais statique, des différentes positions relatives des entités en cause.
Pour mener à bien ce programme, Langacker présente un vaste ensemble d'outils conceptuels s'articulant autour des notions de domaine, de profil, de figure/fond, de site/cible, de point de référence, etc..., qui sont exploités pour décrire notamment les phénomènes de référence et de prédication. Aussi, les travaux de Langacker et de ceux qui se rattachent au courant de la grammaire cognitive apportent des observations très fines sur les processus cognitifs sous-jacents à l'activité de production et d'interprétation.


La grammaire de récit

Il s'agit d'un système de notations utilisé pour décrire les régularités qu'on rencontre dans les récits. La description de ces régularités s'effectue à l'aide d'un système de règles sur le modèle de celui de la grammaire générative. Il s'agit de règles de réécriture et de transformation du récit, qui consistent à remplacer un élément du récit en une autre unité ou en une séquence canonique d'unités.
Ces transformations aboutissent à la représentation de la structure des récits et permettent ainsi les comparaisons entre différents récits. Par exemple, la structure d'un récit bien formé (structure canonique) peut s'écrire sous la forme:

  • Règle 1: récit → exposition + thème + intrigue + résolution
  • Règle 2: exposition → personnage + lieu + temps
  • Règle 3: thème → (environnement) + but
  • règle 4: intrigue → épisode exposition + événement début + réactions + actions + but + tentative + issue + fin

Dans cette description, il est indiqué que le concept à gauche de la flèche est constitué des sous-composants écrits à droite de la flèche. Ainsi, un récit est composé d'une exposition, d'un thème, d'une intrigue et d'une résolution (règle 1). Les trois autres règles précisent l'organisation interne de l'exposition, du thème et de l'intrigue.
Par ailleurs, la grammaire de texte ne doit pas être confondue avec le schéma de récit, qui est la représentation mentale d'une histoire bien formée.


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