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La définition de Gilles de la Tourette



La maladie de Gilles de la Tourette

Il s'agit d'une maladie caractérisée en premier lieu par des tics et des incoordinations motrices, et secondairement par de l'écholalie et de la coprolalie.
En 1885, le psychiatre français Georges Gilles de la Tourette faisait paraître une Étude sur une affection nerveuse caractérisée par de l'incoordination motrice, accompagnée d'écholalie et de coprolalie. Les causes déclenchantes occasionnelles peuvent être les émotions, la peur en particulier, mais pour l'auteur, la cause véritable est l'hérédité. Cette maladie existe sous toutes les latitudes.


L'incoordination motrice

La maladie débute toujours par l'incoordination motrice. Les mouvements incoordonnés, appelés tics par Jean-Martin Charcot, sont des secousses musculaires qui commencent le plus souvent par la face ou un des membres supérieurs, dont les doigts s'allongent et se fléchissent. Les épaules se soulèvent et le cou s'incline. Au niveau du visage, on assiste à des clignements d'yeux, la bouche se déforme. Parfois, les dents grincent du fait de la contraction des masséters. Enfin, le malade frappe du pied, se baisse, se relève, mais surtout saute sur place.
Tous ces mouvements sont exécutés simultanément ou en alternance et très rapidement. Ceux-ci peuvent parfois prédire, de par leur état de malaise particulier, que la journée qui commence va être plus mauvaise que les autres. Le sommeil fait disparaître les secousses.


L'écholalie et la coprolalie

Secondairement apparaissent l'écholalie et la coprolalie. Pendant les secousses musculaires, le malade pousse avec force un cri inarticulé ou articulé qui survient parfois en écho. Il est parfaitement conscient de ce qu'il fait et cherche à empêcher l'imitation, mais ne peut y parvenir. Cette faculté d'imitation irrésistible de ces malades peut parfois les mettre dans une situation dangereuse pour eux-mêmes ou les autres.
Cette écholalie est associée chez presque tous les malades à la coprolalie qui, pour Gilles de la Tourette, est le signe caractéristique de cette maladie. Le patient profère à haute voix des mots parfois obscènes, qu'il voudrait bien retenir, toujours à l'occasion d'un accès d'incoordination. Ces paroles, émises involontairement, parfois devant des personnes que le malade aime beaucoup, ne sont jamais accompagnées de gestes en rapport avec leur signification.


Les causes et l'évolution de la maladie de Gilles de la Tourette

Enfin, l'évolution de cette maladie est faite d'alternance d'exacerbations et d'accalmies, sans que la guérison complète ne puisse survenir si les trois symptômes (incoordination, écholalie, coprolalie) sont présents. Cependant, il faut noter que la santé physique des patients est préservée.
Quelque cent ans après cette description, il existe une vive polémique autour de la cause et de la compréhension de la maladie de Gilles de la Tourette. Pour certains psychanalystes, il existe une parenté entre cette maladie et les névroses de l'enfant. Sigmund Freud rapprochait les tics de l'hystérie de conversion (il parle de convulsion de la parole). À sa suite, Sándor Ferenczi recherche dans le tic le souvenir du traumatisme organique. Le tiqueur, chargé d'excitations pulsionnelles intenses, chercherait à se débarrasser de l'excitation par des contractions musculaires. Serge Lebovici pense que les tics peuvent s'inscrire dans le cadre de l'hystérie prénévrotique qui comporte peu de symptômes mentaux chez l'enfant. Cette organisation peut évoluer au cours de la phase de latence vers la névrose phobique ou obsessionnelle.
L'autre tentative de compréhension des tics repose sur la neurophysiologie. L'existence de signes neurologiques mineurs, de troubles non spécifiques de l'électroencéphalogramme, et la dominance latérale mal définie encouragent certains auteurs dans leurs recherches d'étiologie organique cérébrale. Cependant, aucune lésion cérébrale n'a pu être mise en évidence malgré les moyens modernes d'investigation qui n'ont permis que de soupçonner une activité particulière des noyaux gris centraux. L'utilisation des neuroleptiques a été proposée avec succès dans quelques cas. Cela suffit pour certains à lier l'étiologie de cette maladie à une hyperactivité des neuromédiateurs.


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