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La définition de Gibson



Eleanor Gibson

Eleanor Jack Gibson, psychologue (1910-2002).Eleanor Jack Gibson est une psychologue américaine. Elle est la femme de James Gibson. Elle est née à Pretoria, dans l'Illinois, en 1910. Elle est morte à Colombia, en Caroline du sud, en 2002.
Diplômée de Smith College, docteur de l'université Yale, où elle travaille avec Clark Hull, elle épouse James Gibson en 1932. Elle poursuit ses recherches à Smith College puis de 1949 à 1965 à l'université Cornell, où elle dirige un laboratoire de recherches sur le développement perceptif et cognitif, dans le cadre de la théorie de Gibson. Elle a poursuivi sa carrière comme Visiting professor, notamment au MIT.


Les travaux d'Eleanor Gibson

Si James fut surtout un théoricien et Eleanor un chercheur, leurs noms et leurs travaux ne peuvent être dissociés. Les travaux d'Eleanor Gibson ont porté sur trois thèmes:

  • l'apprentissage perceptif,
  • la lecture,
  • le développement perceptif du nourrisson.

En 1969, dans Principles of Perceptual Learning and Development, elle expose sa théorie de différenciation selon laquelle le développement perceptif consiste en un affinement croissant des capacités de différenciation entre objets, événements, grâce à la construction d'un répertoire de plus en plus riche de dimensions de différenciation et à l'extraction d'invariants de type relationnel, sur la base desquels va s'opérer l'identification.
La démonstration d'Eleanor Gibson s'appuie sur un nombre considérable de recherches. Le thème de la lecture apparaît dans diverses publications et est traité dans la même perspective théorique. Aussi, les recherches les plus récentes portent sur le développement du nourrisson et apportent de sérieux arguments à l'appui de la théorie de James Gibson, mettant en évidence, grâce à d'ingénieuses expériences, l'existence d'invariants de transformation chez le nourrisson de 1 mois, lui permettant de différencier les objets rigides des objets mous, et la possibilité de transfert intermodal à 1-2 mois. Eleanor Gibson conclut que, dès la naissance, le bébé a une perception directe de son environnement, qu'il est capable de détecter des informations, que celles-ci sont amodales, et que le bébé répond en fonction des affordances de son environnement.


James Gibson

James Jerome Gibson, psychologue (1904-1979).James Jerome Gibson est un psychologue américain. Il est né à McConnelsville, dans l'Ohio, en 1904. Il est mort à Ithaka, en 1979.
Diplômé de Northwestern University, docteur de l'université Princeton, où il rencontre le psychologue gestaltiste Kurt Koffka, James Gibson a été professeur de psychologie à Smith College, puis à l'université Cornell.


Les travaux de James Gibson

Gibson a consacré toute son œuvre à la perception et a apporté une importante contribution au développement de nos connaissances dans ce domaine. Intéressé par l'approche philosophique de la perception, il en vient rapidement à rejeter toute théorie jugeant indispensable une contribution de l'individu percevant, sous forme d'activités associationnistes ou médiationnelles. Il se propose alors de découvrir les conditions dans lesquelles on peut libérer la perception du dualisme rigide, sujet-objet de l'ancienne épistémologie, et pose de manière originale les vrais problèmes de la perception: comment percevons-nous l'environnement qui nous entoure?, comment voyons-nous ses surfaces, leur arrangement, leurs couleurs et leur grain?, comment voyons-nous où nous sommes dans cet environnement?, comment percevons-nous que nous bougeons ou pas, et si nous bougeons, où allons-nous?, comment voyons-nous que telles choses sont utiles à telles choses?, etc...
Sa première préoccupation a été d'éliminer un certain nombre de faux problèmes qui ont trop longtemps hanté la psychologie. Par exemple, le monde physique est tridimensionnel, mais notre connaissance visuelle de celui-ci passe par la rétine, qui est bidimensionnelle. Dans ces conditions, comment pouvons-nous percevoir les distances en profondeur, le volume et la sensibilité d'un objet? Alors que le message sensoriel est en perpétuel état de variation, comment pouvons-nous percevoir un monde stable? Les excitations de nos récepteurs étant ponctuelles, comment percevons-nous des objets invariants? etc... À toutes ces questions Gibson répond que le message sensoriel contient et transmet les informations nécessaires à la connaissance de son environnement, y compris de ce qui s'y passe, par un être vivant. Celui-ci a seulement comme tâche de les en extraire.


Les ouvrages de James Gibson

Dans son premier livre (The Perception of the Visual World, 1950), il offre une description originale du monde physique, particulièrement adéquate à l'étude de la perception visuelle. Le monde est un ensemble de surfaces, définies par leur grain, leur éloignement et leur orientation par rapport à un observateur et à la source lumineuse, surfaces sur lesquelles se réfléchissent les radiations lumineuses. Le flux lumineux (stimulus proximal) qui atteint les récepteurs sensoriels est un ensemble structuré de radiations d'intensités variées, il a une texture optique. La densité de texture, le gradient de densité transmettent fidèlement toutes les informations relatives aux relations spatiales qu'entretiennent les surfaces réelles entre elles et avec l'observateur. Toute modification du déplacement survenu dans l'environnement, comme tout déplacement de l'observateur, entraîne une transformation optique continue du stimulus proximal. Cette transformation obéit à des règles qui spécifient chaque type de déplacement. Ces règles constituent des invariants grâce auxquels l'observateur identifie ce qui se passe et qui en est l'auteur, lui ou une partie de son environnement.
Dans son deuxième ouvrage (The Senses considered as Perceptual Systems, 1966), Gibson développe le concept d'invariants de transformation, voyant dans l'extraction de ceux-ci le processus essentiel de la perception. Alors qu'un seul stimulus proximal suffit déjà pour percevoir distance, volume, inclinaison de divers objets, une série de stimulus proximaux peut informer l'individu sur les événements qui surviennent autour de lui. Dans cette perspective, Gibson développe le concept de systèmes perceptifs adaptés phylogénétiquement au prélèvement d'informations pertinentes. Alors qu'un récepteur sensoriel est excité localement par une stimulation ponctuelle, un système perceptif est activé par un événement. Un tel système intègre les organes des sens (composante sensorielle) et l'orientation des récepteurs (composante motrice) vers un lieu, un objet, un événement qui sont les aspects pertinents de l'environnement de celui qui perçoit.
Dès le début, l'approche de Gibson a été écologique. Cette démarche est encore plus nette dans son dernier ouvrage (The Ecological Approach to Visual Perception). Il y reprend les différents concepts qu'il a exposés dans ses précédentes publications et introduit, avec la notion d'affordances, une nouvelle dimension dans sa théorie. Les affordances sont des propriétés psychologiques de l'environnement. Elles désignent la valeur d'usage d'un objet, un lieu, un événement, une personne. Les affordances d'un même objet diffèrent d'un animal à un autre, d'un nourrisson à un adulte, d'une situation à une autre. Nous percevons de notre environnement d'abord les possibilités d'action qu'il offre, ensuite seulement ses propriétés physiques.


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