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La définition de Gestalt-théorie


La gestalt-théorie (ou théorie de la forme) désigne une théorie psychologique qui a particulièrement mis l'accent sur les aspects de configuration et plus généralement de totalité dans la vie psychologique.
Par ailleurs, la gestalt-théorie a mis en valeur les éléments de configuration et de prééminence de la totalité sur les parties dans le domaine de la perception.


Les grandes idées de la gestalt-théorie

La gestalt-théorie est née en Allemagne au début du XXe siècle, en réaction contre l'associationnisme du XIXe siècle. Les théoriciens les plus connus de la forme sont Max Wertheimer, Wolfgang Köhler et Kurt Koffka. Cette théorie repose sur quelques grandes idées:

  • La notion de forme: il n'existe pas d'expérience phénoménale qui n'ait une forme. On perçoit directement des touts organisés, délimités en unités individuelles qui se détachent sur un fond, et qui ont une forme, ce qui n'est pas le cas du fond.

  • La sensation et la perception: les excitations sensorielles sont des intermédiaires indispensables entre les flux énergétiques (la lumière, les ondes sonores, etc...) venus de l'environnement et l'expérience perceptive. Mais aucune correspondance terme à terme n'existe entre les propriétés du percept et celles des excitations nerveuses. La perception n'est pas une somme de sensations. La transposition d'une mélodie en est l'exemple le plus classique. En effet, une mélodie est composée de notes qui ont entre elles des relations précises de hauteur tonale et d'ordre temporel. Si on permute des notes ou si on modifie la hauteur de l'une d'elles, la mélodie originale est altérée. Mais, si on transpose cette mélodie dans un autre ton, on la reconnaît parfaitement, et pourtant chacune des notes a changé.

  • La notion de champ et le postulat d'isomorphisme: Köhler définit un champ par une distribution dynamique d'énergie entre ses parties. Il postule l'existence d'un isomorphisme de nature topologique entre trois sortes de champs: un champ physique, dont l'équilibre est fonction des dimensions relatives des objets qui le composent, un champ cérébral, créé par l'arrivée sur les zones projectives cérébrales des excitations sensorielles issues du champ physique, et un champ perceptif. L'isomorphisme entre ces trois champs explique entre autres pourquoi l'objet perçu ressemble à l'objet physique et non à sa projection rétinienne. La perception d'un changement dans l'environnement passe forcément par un changement dans le champ cérébral.

  • Les lois d'organisation perceptive: les lois d'organisation perceptive ont été énoncées par Wertheimer. Afin de démontrer que l'organisation spontanée d'excitations sensorielles est indépendante des significations apprises, les gestaltistes ont utilisé un matériel non figuratif de figures ou d'éléments discrets (points, traits). Ils ont ainsi montré que des éléments discrets ont tendance à se regrouper avec les plus proches (loi de proximité) et avec les plus semblables (loi de similitude). Des points rapprochés tendent à former une ligne, mais l'appartenance d'un point à une ligne dépend surtout du fait que ce point est le meilleur prolongement pour cette ligne (loi de continuité). La loi de destin commun est une des plus puissantes. On peut la mettre en évidence chez le nourrisson de quelques semaines: des éléments qui se déplacent simultanément selon une même trajectoire conservent leur appartenance à une même unité.

  • La bonne forme: un percept tend toujours à prendre la meilleure forme possible, celle qui est la mieux équilibrée, la plus stable. Elle est caractérisée par la simplicité de sa structure, la régularité de ses éléments et de son contour, la symétrie. Le cercle est la meilleure des formes possibles. En termes plus modernes, la meilleure forme est la plus redondante possible.

  • Le tout et ses parties: la propriété essentielle d'un percept est de former un tout, décomposable en parties. Mais ces parties lui sont, à des degrés variables, subordonnées, et il est autre chose et plus que la somme de ses parties.

La gestalt-théorie aujourd'hui

La théorie de la forme s'est voulue assez générale pour pouvoir rendre compte de l'ensemble des phénomènes psychologiques. L'expérience a prouvé qu'elle prédisait fort bien de nombreux phénomènes perceptifs et il est impossible aujourd'hui de parler perception sans tenir compte de ses apports. Sa valeur explicative s'est révélée bien moindre dans les autres domaines. Son grand échec a été l'impossibilité de démontrer l'existence de champs cérébraux et de leur isomorphisme. Cependant, il faut ajouter qu'à l'heure actuelle la psychophysiologie n'a pas prouvé que ces champs ne pouvaient pas exister.


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