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La définition de Génétique



La psychiatrie génétique

Il s'agit d'un domaine de la psychiatrie consacré à la recherche de facteurs étiologiques héréditaires des maladies mentales. Les premières études ont d'abord été d'épidémiologie familiale, en étant fondées sur l'analyse quantitative de la distribution d'un caractère morbide au sein d'une ou de plusieurs familles. Elles se sont orientées vers la méthode des jumeaux, qui permet d'évaluer l'indice de détermination génétique dans une affection mentale donnée. Les jumeaux monozygotes possèdent un génotype commun, alors que les jumeaux hétérozygotes ne partagent que la moitié de leur patrimoine génotypique (comme des frères et sœurs dans une fratrie ordinaire).
Ces deux types de jumeaux se développant généralement dans le même milieu, la méthode gémellaire consiste donc à comparer les taux de concordance pour un trait pathologique entre les jumeaux mono et dizygotiques. En revanche, la méthode des enfants adoptés permet de faire la part entre hérédité biologique et hérédité environnementale. Actuellement, on est passé de cette approche épidémiologique à des méthodes qui permettent, grâce aux progrès de la génétique moléculaire, d'étudier directement des localisations précises sur les chromosomes. Selon Julien Mendlewicz, la méthode du linkage chromosomique permet de « tester au moyen de gènes marqueurs l'hypothèse plus spécifique d'une hérédité liée à un chromosome donné ».
Ces différentes études ont porté essentiellement sur la psychose maniaco-dépressive et la schizophrénie. Seule la première de ces affections aurait une étiologie héréditaire à peu près certaine (au moins au niveau de la prédisposition). Mais, toujours selon Mendlewicz « le gène de chaque famille de psychose maniaco-dépressive n'est pas dominant, n'a pas de pénétrance totale. Le rôle de l'environnement est fondamental: les expériences de la prime enfance, la part jouée par le psychosocial, la théorie psychothérapique et psychanalytique ne sont pas incompatibles avec ce que nous explorons ».


La psychologie génétique

Il s'agit de la psychologie qui étudie la genèse des conduites et des systèmes qui les structurent. La psychologie génétique doit être comprise comme une psychologie du développement et elle ne spécifie pas son objet d'étude dans l'influence du génome, bien que l'hérédité des conduites fasse naturellement partie de ses domaines d'exploration.
Ayant à suivre et à expliquer une évolution au cours du temps, la psychologie génétique se représente la succession des changements qui affectent l'individu comme un ordre logique, reflétant un processus d'ontogenèse, c'est-à-dire comme la construction progressive d'un état stable. Elle fonde son heuristique sur le choix de l'âge comme variable indépendante, composite certes, mais irréductible à toute autre. L'âge peut être diversement compté et caractérisé. Ainsi, on utilise des échelles différentes selon qu'il s'agit d'âge gestationnel, maturationnel, postural, mental, etc..., mais ces échelles ont toutes une correspondance avec l'échelle des âges chronologiques, qui forme une référence commune.
La psychologie génétique admet par hypothèse que chaque âge chronologique est porteur de répertoires ou d'organisations spécifiques qui résultent nécessairement de ceux qui les ont précédés et qui préparent ceux qui leur succéderont. La succession temporelle ne représente donc pour elle que le support d'une diachronie. D'où ses méthodes, qui consistent en des comparaisons d'âges, soit en suivant le ou les mêmes individus (la méthode longitudinale), soit en suivant des individus différents mais issus d'un ensemble parent homogène (la méthode transversale). Aussi, son objectif la contraint à des allers et retours incessants d'un âge à l'autre, c'est-à-dire entre la caractérisation d'un état présent et, d'une part, la détection des éléments ou organisations qui ont gouverné son apparition, d'autre part, celle des constituants qui portent en germe une transformation future.
La psychologie génétique aborde la dimension temporelle soit directement, chronologiquement, soit de façon récurrente. Les notions de prérequis, de préfiguration, de filiation soulignent ce trait caractéristique.
La psychologie génétique offre plusieurs modèles d'ontogenèse. Les modèles longtemps dominants sont ceux d'une suite d'étapes hiérarchisées, proposés notamment par James Baldwin, Sigmund Freud, Henri Wallon et Jean Piaget. Ils ont encouru le reproche d'insister sur des discontinuités plutôt que de rendre compte d'un processus que l'intuition du sens commun voit nécessairement continu. Les modèles continus n'ont pas atteint à une généralité comparable et admettent des conceptions diverses de la continuité, soit selon les domaines de comportement, soit selon les âges.
La psychologie génétique obéit, par ses méthodes et son objectif, aux mêmes principes que la biologie et les sciences de la phylogenèse. S'il est vrai que l'induction du génome pèse de moins en moins lourd au fur et à mesure qu'on s'élève dans l'évolution, la psychologie génétique constitue le prolongement de ces disciplines. Elle propose toujours une explication de l'état stable, et, à ce titre, elle est aussi une psychologie générale. Traditionnellement, elle avait appliqué ses méthodes et ses analyses aux périodes de la vie caractérisées par un rythme de changements soutenu, c'est-à-dire à l'enfance, et elle trouvait dans l'adulte l'état stable de référence. Aujourd'hui, son extension à la durée totale de la vie, du fœtus au vieillard, implique une conception relativiste de la stabilité, considérée elle-même comme transitoire.


La génétique comportementale

En éthologie, il s'agit de l'étude du rôle des facteurs génétiques, d'une part, dans la réalisation phénotypique d'un individu (humain ou animal), au plan de son comportement et de ses compétences psychologiques, et d'autre part, dans la diversification comportementale et psychologique, au sein d'une population.
Ce domaine de recherche, né d'une convergence de préoccupations communes à la psychologie générale et différentielle, à la psychologie animale et à l'éthologie, aux sciences de l'évolution, est passablement complexe. Outre les difficultés méthodologiques liées à l'appréhension et à la mesure de caractères phénotypiques parfois difficiles à circonscrire, la génétique comportementale se heurte à de sérieux obstacles.
La génétique des caractères à variation continue (ou caractères quantitatifs), dont elle est très largement tributaire, se fonde toujours sur des modèles biométriques globaux, sans rapport direct avec les acquis de la génétique moléculaire actuelle, à l'échelon du gène ou de ses sous-unités. En outre, ces modèles reposent sur des postulats dont certains ne sont plus acceptables, notamment la panmixie ou la rencontre purement aléatoire entre des partenaires sexuels potentiels.
Les deux problématiques énoncées dans la définition ci-dessus ne sont pas toujours clairement distinguées en ce qui concerne la part respective des facteurs génétiques et des influences du milieu de vie. Comme le soulignait déjà Donald Hebb en 1953, cette question est dépourvue de sens pour ce qui est de la réalisation d'un phénotype individuel. En effet, dans ce cas de figure, il y a coaction multiplicative (et non additive) des deux ordres de facteurs, qui ont l'un et l'autre statut de conditions nécessaires. En revanche, une décomposition additive des sources génétiques et épigénétiques de la variation interindividuelle est licite, en première approche. Mais nombreux sont les cas où une interaction statistique vient se surajouter aux contributions additives des facteurs génétiques et des facteurs de l'environnement. Ainsi, une différence d'ordre génétique (entre deux individus ou deux lignées consanguines) va se manifester, à des degrés très divers, selon les conditions du développement.
La distinction entre sources d'influence génétiques et épigénétiques précoces n'est pas toujours aisée à faire. En effet, on risque d'attribuer indûment au génome des effets liés soit au cytoplasme de l'ovule, soit au milieu prénatal où s'accomplit le développement embryonnaire, ou à des influences parentales postnatales. C'est surtout l'expérimentation animale qui permet de mettre au jour et de dissocier de tels effets, même si l'étude fine des effets de l'adoption sur le développement psychologique des enfants humains demeure une approche enrichissante.


L'analyse génétique du comportement

Il s'agit d'une étude qui a pour objet l'analyse des associations entre les différences de milieu, les différences génétiques et les différences individuelles de performance dans des tests ou dans toute autre tâche. Lorsque la génétique du comportement prend des animaux comme sujets, elle dispose d'un grand nombre de méthodes expérimentales. Dans ce cas, on peut apparier systématiquement les géniteurs en fonction des besoins de l'expérience. Par exemple, des rats apprenant à parcourir un labyrinthe se différencient quant au nombre d'erreurs qu'ils commettent encore après un certain nombre d'essais. Si l'on croise systématiquement, au cours de plusieurs générations successives, les animaux faisant le moins d'erreurs, d'une part, et les animaux faisant le plus d'erreurs, d'autre part, on obtient deux lignées dont la première réussit l'épreuve sans erreur dès les premiers essais, alors que l'autre continue à faire un grand nombre d'erreurs après de nombreux essais. On peut également faire varier les conditions de milieu à des fins expérimentales. Des rats élevés en milieu enrichi, c'est-à-dire en groupe, dans des cages offrant différentes possibilités de déplacement et d'exercice, parviennent dans une épreuve de comparaison à des performances moyennes supérieures à celles qu'atteignent des rats de la même lignée élevés dans un milieu pauvre.
Pour séparer les effets du patrimoine génétique de ceux du milieu intra-utérin, on peut encore transplanter un œuf fécondé d'une femelle à une autre.
Les résultats de ces expériences sur l'animal ne peuvent être directement généralisés à l'homme. Mais les recherches sur l'être humain ne peuvent évidemment utiliser la méthode expérimentale. On doit se contenter d'observations pratiquées dans les conditions habituelles de vie, ce qui interdit certains contrôles et certaines analyses. L'une des méthodes les plus simples en apparence consiste à choisir un individu présentant le caractère que l'on veut étudier (par exemple, un certain trouble de la conduite ou un talent musical exceptionnel), et à rechercher si ses ascendants ou ses collatéraux présentent ce caractère plus fréquemment qu'il ne s'observe dans la population générale. En fait, cette méthode se heurte à certaines difficultés:

  • La recherche et l'observation des ascendants et des collatéraux.
  • La séparation des effets génétiques et des effets attribuables aux conditions de vie communes à tous les membres de la famille.

Une autre méthode utilise les enfants adoptés. Le développement moyen d'enfants nés dans un milieu défavorisé mais adoptés par une famille favorisée est très supérieur au développement moyen de leurs frères ou sœurs restés dans leur milieu d'origine. Au lieu de porter sur des moyennes de groupes, la méthode peut utiliser un traitement statistique des écarts individuels à la moyenne du groupe. En principe, la corrélation entre, par exemple, le Q.I. des enfants adoptés et le Q.I. ou le niveau culturel des parents adoptifs traduit un effet du milieu, alors que la corrélation entre le Q.I. de ces enfants et le Q.I. de leur mère biologique traduit un effet de la communauté génétique partielle entre la mère et son enfant. Cependant, plusieurs réserves doivent être faites quant à l'interprétation de ces résultats:

  • Les effets du milieu intra-utérin ne peuvent être séparés des effets du patrimoine génétique. Il en est de même pour les conditions dans lesquelles la naissance s'est effectuée, pour les conditions de vie de l'enfant entre la naissance et l'adoption.
  • Le placement peut être en partie sélectif, ce qui se manifeste par une corrélation entre le Q.I. des parents biologiques et celui des parents adoptifs.

Une autre méthode encore est celle des jumeaux. On sait qu'il existe deux catégories de jumeaux:

  • Les jumeaux monozygotes (MZ): ils sont issus d'un seul œuf fécondé par un seul spermatozoïde. De fait, ils ont tous deux exactement le même patrimoine génétique.
  • Les jumeaux dizygotes (DZ): ils sont issus d'œufs différents. De fait, ils ont le même degré de communauté génétique (50% en moyenne) que des frères et sœurs nés à des dates différentes.

Si, pour un caractère déterminé (par exemple, le Q.I.), la ressemblance est plus grande au sein des couples de MZ qu'au sein des couples de DZ, on peut attribuer le fait à la communauté génétique plus élevée chez les premiers, à condition que les effets du milieu soient comparables pour les deux catégories.
Enfin, il existe des méthodes d'analyse mathématique et statistique qui utilisent conjointement des observations de différents types, recueillies sur des enfants adoptés, sur des jumeaux, et aussi sur des parents plus ou moins éloignés. Ces observations servent ici à mettre à l'épreuve un modèle formalisant un ensemble d'hypothèses sur les sources de variation (génétiques et de milieu) susceptibles de rendre compte des corrélations observées au sein des données. Il s'agit de modèles de pistes causales, utilisant un système d'équations structurales. L'avantage de ces méthodes très sophistiquées réside dans le fait qu'elles permettent de pallier d'une certaine façon les difficultés d'analyse expérimentale chez l'être humain.
Ces derniers modèles ont également contribué à mettre en évidence la naïveté des questions portant sur le pourcentage des différences individuelles attribuables au milieu ou à l'hérédité. En fait, ces deux catégories de facteurs sont intriquées dans un réseau de relations et d'interactions dont la complexité ne permet pas d'attacher un sens à la question ainsi posée. Cependant, on peut affirmer que des facteurs génétiques et, parmi eux, des facteurs héréditaires sont parmi ceux qui interviennent dans ce réseau.


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