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La définition de Folie


La folie désigne la maladie de l'esprit. Elle correspond à la déraison ou à l'absence de raison et à ce qui échappe au contrôle de celle-ci.


Le terme de folie

Folie est un terme ancien qui désigne d'une manière générale l'aliénation mentale, en particulier dans ses formes psychotiques. On le trouve encore utilisé quoique de plus en plus rarement dans le vocabulaire psychiatrique, allié à un adjectif qui le précise (par exemple, la folie circulaire, la folie raisonnante, ou encore la folie du doute).
Mais le terme de folie, utilisé sans adjectif ni complément de nom, est surtout employé dans les approches sociologique (par exemple, l'image de la folie dans la société) et anthropologique.


La folie comme maladie mentale

C'est à travers l'approche anthropologique que Michel Foucault a montré dans son Histoire de la folie à l'âge classique (1961) que celle-ci n'aurait reçu son statut de maladie mentale qu'à la fin du XVIIIe siècle avec Philippe Pinel et les premiers médecins aliénistes européens de cette époque. En effet, ceux-ci ont cherché à classer les troubles de l'esprit, en imitant les méthodes des botanistes ou des zoologistes, pour les repérer ensuite dans une grille nosographique et les faire apparaître comme des maladies spécifiques, sur le modèle de la pathologie médicale. En outre, en créant l'asile avec Jean-Étienne Esquirol et la loi de 1838, ils ont également donné un lieu de traitement à la folie, un lieu enfermé où les malades sont observés pour de longues descriptions cliniques, et gardés jusqu'à leur mort pour être autopsiés. Cependant, la vérification des corps ne permet pas, sauf dans le cas de la paralysie générale, de trouver des causes organiques aux affections mentales. Néanmoins, celles-ci sont considérées comme des maladies organiques à partir de 1845. Aussi, à défaut d'une étiologie somatique indiscutable, les aliénistes se rabattent sur la notion de maladie héréditaire dont la doctrine de la dégénérescence est le support théorique.
Ainsi, à partir de Pinel qui a retiré progressivement de son langage médical le terme de folie, cette dernière perd ses caractères d'expérience existentielle anthropologique, pour ne plus être qu'une maladie. C'est de cette manière qu'elle peut s'inscrire dans le discours rationnel inauguré par l'aliéniste, et dominé par les trois grands impératifs naturalistes:

  • observer,
  • définir (en classant et en diagnostiquant),
  • traiter.

L'isolement apparaît alors comme l'outil indispensable à la création de l'objet médical qu'est devenue la folie, ainsi qu'à son étude scientifique. Ainsi, on passe du cadre anthropologique, social et juridico-policier (pour la folie dangereuse et délinquante) au cadre de l'enfermement asilaire appliqué à la catégorie aliénation-maladie. Par l'outil-isolement, celle-ci peut donc trouver sa place dans un discours purement médical où le médecin devient le seul maître de sa reconnaissance, de son diagnostic et de son traitement.


Le retour à l'anthropologie

Il faut attendre Sigmund Freud et la découverte de l'inconscient pour que la folie retrouve en partie son sens et ses dimensions anthropologiques. En effet, elle cesse, avec la psychanalyse, d'être une simple maladie déficitaire. Elle est à nouveau reconnue comme une tentative, pour l'homme, de dépasser ses conflits originaires. Elle est également, avec l'antipsychiatrie des années 1960, reconsidérée comme une expérience positive et là aussi comme une tentative pour l'individu de sortir des conflits familiaux et sociaux, du conformisme, de la norme, pour retrouver son authenticité, son originalité, ses possibilités créatives. Enfin, l'ethnopsychiatrie et le courant culturaliste, de Géza Róheim à Georges Devereux, relativisent la notion de maladie mentale et redonnent à la folie, dans une certaine mesure, une perspective plus vaste sinon universaliste.
Il se peut que le XXIe siècle assiste à la disparition de la psychiatrie en tant que spécialité médicale. D'un côté, la biologisation forcenée de la maladie mentale, avec l'idéologie d'une psychopharmacologie triomphaliste qui la sous-tend, conduirait à traiter dans le cadre de la médecine somatique ce qui ne sera plus que des troubles du comportement répertoriés dans un manuel de diagnostics. Et de l'autre côté, la folie retrouverait ses droits, en quelque sorte, et reprendrait sa place dans la culture, et dans ce qui est, au plus intime de chaque être humain, la contradiction nécessaire, dramatique et fondamentale de l'esprit de l'homme entre raison et déraison.


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