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La définition de Exploration


En éthologie, l'exploration désigne la phase d'activité locomotrice induite par la nouveauté d'un site et, par extension, la recherche active de situations nouvelles.


La conduite d'exploration

Il s'ait de l'ensemble des parcours effectués à des fins de connaissance, pendant lesquels un organisme vivant applique ses capacités d'observation au milieu.
Les conduites d'exploration ont été mises en évidence, expérimentalement, chez l'animal, dans des dispositifs du type labyrinthe, où la tâche consistait à atteindre un appât ou une cible par un trajet déterminé. Il s'agit d'expériences d'apprentissage. Selon les cas, l'individu dispose ou non d'indices perceptifs lui permettant de repérer et de suivre la bonne direction. Dans tous les cas, on a pu montrer qu'un besoin d'exploration se manifeste, de sorte que le sujet produit des erreurs (par exemple, il s'engage dans des impasses). La question est alors de savoir si l'exploration facilite la sélection du trajet correct, ce dont est censée rendre compte la diminution progressive ou la suppression soudaine des erreurs. Dans ces situations, alors que l'individu a déjà pris connaissance du bon trajet, il arrive qu'il s'en détourne pour effectuer d'autres parcours. Cette conduite se distingue d'un tâtonnement par le fait que, d'un point quelconque, le sujet demeure capable de rejoindre sans faute le trajet correct, de sorte que cette conduite n'altère que passagèrement la performance.


L'approche théorique des conduites d'exploration

Les conduites d'exploration ont alimenté les débats théoriques sur la nature des apprentissages. Ainsi, Clark Hull considérait ces conduites comme des phénomènes d'inhibition réactive dans un apprentissage dit de réponse, qui se réduit à une séquence de réponses hiérarchisées à partir des renforcements reçus.
Au contraire, Edward Tolman y a vu le signe d'une activité cognitive, conduisant à des apprentissages dits de lieux. Ce sont les conduites d'exploration qui permettent à l'individu d'élaborer une carte cognitive de son environnement, indépendante de ses propres positions. Les expériences de Tolman, faites sur le rat dans des labyrinthes à double entrée, ont montré que l'animal qui avait d'abord appris à trouver l'appât en partant de A, c'est-à-dire en tournant à gauche, le retrouvait sans erreur en partant de B, c'est-à-dire en tournant à droite, s'il avait eu, lors du premier apprentissage, la possibilité d'explorer toutes les branches du labyrinthe. Ainsi, Tolman a montré que le rat est capable d'organiser spontanément ses parcours dans un labyrinthe non pas en fonction des conduites antérieurement apprises et renforcées, mais en choisissant la solution la plus économique par anticipation inférentielle.


L'études des conduites d'exploration selon les modalités sensorielles

Les conduites d'exploration ont été étudiées chez l'animal et chez l'être humain, adulte et enfant, dans diverses modalités de capture des informations extérieures, c'est-à-dire dans diverses modalités sensorielles (exploration manuelle tactile, visuelle, olfactive et auditive).
Ces études consistent à suivre les déplacements de l'organe des sens sollicité dans un espace délimité ou sur une cible, sur une configuration ou un ensemble d'objets, à mesurer les temps de parcours relativement aux périodes d'arrêt ou d'inertie, à rechercher les parcours répétés de façon systématique. Les structurations figurales, les illusions optico-géométriques secondaires, les schématisations empiriques, l'habituation sont supposées dépendre de l'exploration perceptive. Cette dernière se développe avec l'âge. En effet, les champs d'appréhension sensorielle s'étendent, les déplacements deviennent de plus en plus complexes et des stratégies les systématisent. Ainsi, le champ visuel augmente chez le nourrisson, d'abord rapidement entre 2 et 8 mois, puis plus lentement jusqu'à 12 mois. A cette date, il n'est encore que partiellement semblable à celui de l'adulte. Il ne le sera complètement que vers 4 ans.
Les stratégies paraissent inféodées aux tâches qui sont demandées à l'individu ou à celles qu'il s'assigne lui-même. Elles varient aussi en fonction des caractères des espaces, cibles ou objets proposés et de leur prégnance relative. La psychologie de la forme les a attribuées à des relations psychophysiques. La thèse des points focaux, proposée pour expliquer l'évolution des explorations visuelles, défend une idée voisine en considérant que l'organisation des déplacements du regard est commandée par une organisation du champ visuel, qui, selon l'âge, privilégie des orientations et des dimensions différentes.


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