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La définition de DSM


Le DSM (le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) est un manuel proposé aux États-Unis par l'Association américaine de psychiatrie (l'APA). Il vise à établir un diagnostic psychiatrique après l'examen d'un malade mental, en se référant à une classification des syndromes et des maladies.


du DSM I au DSM II

La première version du DSM (le DSM I) est apparue en 1952. Le DSM I était très influencé par les théories d'Eric Meyer, leader alors incontesté de la psychiatrie nord-américaine. Plus précisément, il était fondé sur une classification où les maladies mentales étaient conçues, dans la perspective meyérienne, comme des réactions à des facteurs biologiques, psychologiques ou sociaux.
Quelques années plus tard, la notion de réaction devient obsolète aux États-Unis et le DSM II, de 1968, retient une classification assez proche de celle qu'utilise alors l'Organisation mondiale de la santé, comportant dix catégories principales de maladies:

  • arriération mentale,
  • syndromes organiques cérébraux,
  • psychoses qui ne peuvent être directement attribuées à une atteinte organique,
  • névroses,
  • troubles de la personnalité,
  • troubles mentaux psychophysiologiques,
  • syndromes spécifiques de l'enfance,
  • affections transitoires et réactionnelles,
  • comportements psychopathiques,
  • états d'inadaptation socio-affective sans trouble psychiatrique manifeste.

Du DSM II au DSM III

Le DSM II est vite très critiqué parce qu'il repose sur la notion de maladie mentale postulant l'existence d'entités morbides définies par une étiologie et une pathogénie qui restaient toujours discutables en psychiatrie.
De fait, en 1980, le DSM II cède la place au DSM III qui se veut athéorique. Ce dernier repose uniquement sur la description de symptômes et de troubles du comportement qui, selon Pierre Pichot, peuvent seulement se regrouper en « constellations de symptômes associés dans la nature avec une fréquence plus grande que ne le voudrait une distribution au hasard ». Très vite, le DSM III connaît un grand succès en Europe. Il est traduit en français en 1983 et largement utilisé dans notre pays. D'autant qu'il arrive en France à un moment où les grandes idéologies psychopathogéniques ont perdu de leur vigueur, tant du côté de la psychogenèse (avec la psychanalyse qui n'a pas réalisé tous les espoirs qu'on a mis en elle) que de celui de la sociogenèse (où l'antipsychiatrie a sombré dans l'utopie) et que de celui de l'organogenèse (où la psychiatrie biologique et la psychopharmacologie marquent le pas).
Toutefois, en s'éloignant beaucoup de la classification internationale des maladies mentales (C.I.M. 9), le DSM III a rendu difficiles certaines enquêtes épidémiologiques où il était utilisé, en concurrence avec la C.I.M. 9, sur un plan mondial. C'est pourquoi, dès 1987, une révision du DSM III a été publiée sous le nom de DSM III R. On note en effet dans celle-ci une certaine européanisation.


Du DSM IV au DSM V

Le DSM IV qui était alors prévu avant l'apparition du DSM III R est finalement paru en 1996. La question que l'on s'est alors posée était de savoir si l'on aurait eu le temps de bien connaître et d'utiliser normalement, en mesurant toute sa portée, la révision du DSM III, avant que ne soit publiée le DSM IV. Néanmoins, le DSM IV a continué à être utilisé durant de longues années.
Ce n'est qu'en 2013 qu'une cinquième version du DSM (le DSM 5) est proposée. Il s'agit cette fois d'une modification majeure. En effet, le DSM 5 privilégie la quantification des symptômes, au détriment de la catégorisation. Plus précisément, plutôt que de constater la présence ou absence de certains symptômes, il préconise d'évaluer la gravité des symptômes sur une échelle. En outre, il propose une classifications chronologiques des troubles. Enfin, il met l'accent sur la standardisation des traitements et des questionnaires.


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