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La définition de Dominance


La dominance correspond à la caractéristique d'une représentation, d'un attribut ou d'une interprétation qui fait qu'il s'impose au cours d'un traitement cognitif.


La dominance en psychologie

En psychologie, la dominance est également appelée relief, ou saillance. Elle peut se rencontrer dans divers domaines.
Dans la perception, les figures ambiguës, mises en évidence par la gestalt-théorie, ont presque toujours une interprétation perceptive dominante, qui se manifeste de façon plus fréquente. De la même façon, les mots ambigus ont aussi, le plus souvent, une acception dominante lors de la compréhension.
Des effets de dominance peuvent également s'observer entre les attributs des objets. Par exemple, chez l'enfant, la couleur est souvent la caractéristique qui est prise en considération de façon dominante, par rapport à la forme, à la taille ou à d'autres propriétés. Dans le cas des attributs, la dominance dépend du relief que possèdent ces attributs et des effets de contexte.


La dominance en éthologie

En éthologie, la dominance désigne toute différenciation stable des attitudes interindividuelles qui s'est formée à la suite d'un combat, parfois réduit à ses phases initiales.
Le terme dominance désigne d'abord une forme de relation binaire stable. Dans une rencontre entre deux individus (une scène de dominance), on distingue un individu dominant, qui manifeste une attitude active et des gestes analogues à ceux qui préludent à un combat, et un subordonné, qui reste passif, exécute des gestes ritualisés dits de soumission, voire esquive la rencontre.
Lorsque le groupe compte plus de deux individus, on appelle échelle de dominance (ou hiérarchie de dominance) l'ensemble des relations susceptibles d'apparaître entre les individus.
La prise d'une attitude dominante lors de la rencontre s'accompagne d'autres caractéristiques de comportement. Par exemple, l'individu dominant a la priorité dans l'accès à une source de nourriture et agresse un autre individu qui ne respecte pas cette priorité. D'autres caractéristiques dépendent davantage de la forme de groupement considérée. Par exemple, dans un groupe de mâles, le dominant réalise la plus grande partie des accouplements ; dans certaines bandes d'oiseaux, il occupe le lieu de perchage nocturne le plus élevé ; dans des sociétés polygynes d'insectes, la femelle dominante a souvent l'exclusive de la reproduction ; etc... D'une façon générale, la prise du rang dominant s'accompagne d'un accès privilégié à l'exercice d'une fonction présentant un avantage (direct ou indirect) pour la reproduction et, souvent, d'un état hormonal plus directement tourné vers la reproduction.
La dominance sociale joue un rôle régulateur et différenciateur, dans l'équilibre d'une population. Son établissement met fin aux attaques à l'intérieur du groupe. Aussi, elle se substitue aux conduites territoriales lorsque la densité s'élève et exclut alors de la reproduction un certain nombre d'individus. D'un point de vue darwinien, elle représente, dans une situation de concurrence, une stratégie sociale pour régler des relations de rivalité qui soit moins coûteuse que la persistance d'une forte agressivité interindividuelle.
Toutefois, la réalité n'est pas toujours aussi schématique. En effet, on a montré, notamment dans des groupes de mammifères, que des subordonnés peuvent réaliser une proportion non négligeable des accouplements, le plus souvent réalisés hors de la vue du mâle dominant. On a également montré, dans les bandes de porcs, que le dominant utilise une part importante de son budget temps à maintenir son rang social, au point que son accès à la nourriture s'en trouve réduit et qu'il montre des signes physiologiques de stress.


La dominance cérébrale

Il s'agit d'une notion selon laquelle, chez les individus droitiers, l'hémisphère gauche, spécialisé dans la fonction du langage articulé et de la commande de la main prévalente, domine l'autre hémisphère, considéré comme mineur. Cette notion renvoie donc au concept de distribution asymétrique des fonctions dans les hémisphères cérébraux.
C'est au cours du XIXe siècle que le rôle de l'hémisphère gauche pour la fonction du langage a été découvert par Paul Broca. En effet, cet anatomiste a démontré qu'un individu ayant eu une lésion au niveau de l'hémisphère gauche, présentait une perte de la faculté du langage articulé. Ainsi, à partir de ce cas clinique, l'idée d'une inégalité de contribution de chaque hémisphère aux fonctions mentales humaines se développa. De même, on a corrélé avec l'hémisphère gauche le fait d'être droitier ou gaucher. La forte proportion de droitiers (ayant une commande motrice à gauche) et la localisation gauche du langage contribuèrent à ériger le terme d'hémisphère dominant (ou majeur).
Cependant, depuis les années 1970, une prise en compte nouvelle et fondamentale de la participation de l'hémisphère droit aux différentes fonctions s'est opérée. En effet, l'étude des patients épileptiques ayant subi une déconnexion chirurgicale des deux hémisphères ainsi que les techniques nouvelles d'électrophysiologie et d'imagerie cérébrale sont à l'origine de cette remise en question.


La dominance cérébrale et l'asymétrie fonctionnelle

La prévalence manuelle est le signe le plus évident d'une asymétrie fonctionnelle. En effet, la proportion des individus droitiers est de 90%. Aussi, l'observation d'une proportion de même ordre pour la spécialisation verbale de l'hémisphère gauche a permis de mettre en relation ces deux phénomènes.
De même, l'asymétrie du planum temporal peut être rapprochée de la dominance de l'hémisphère gauche par le langage et des données recueillies sur la localisation d'autres fonctions. Toutefois, ces corrélations doivent coïncider avec le fait que cette asymétrie anatomique est présente chez 70% de la population seulement. On peut constater, par des techniques de résonance magnétique nucléaire, un parallélisme entre le degré de droiterie d'un individu et la surface du planum temporal.
En outre, la relation entre prévalence manuelle et représentation hémisphérique du langage est bien établie. En effet, 96% des droitiers ont une représentation gauche du langage. Chez les gauchers, 70% seulement ont la même représentation, 15% possèdent des projections droites et 15% ont un langage représenté dans les deux hémisphères. De plus, le corps calleux est plus développé chez le gaucher. Ce dernier possède donc des connexions plus nombreuses entre les deux hémisphères.
Dans le domaine de la génétique, il apparaît que les gauchers ont une forte proportion d'ascendants gauchers et une probabilité plus élevée d'avoir des descendants de la même préférence manuelle. La proportion de gauchers est par ailleurs identique quels que soient les milieux sociaux. Mais la transmission héréditaire n'est pas pour autant établie car les vrais jumeaux n'ont absolument pas la même préférence manuelle. De plus, un gradient maturationnel, une anoxie néonatale, ainsi que l'influence parentale, sont susceptibles de déterminer la préférence pour la main gauche dans une faible proportion de population. Cependant, on ne peut toujours pas expliquer précisément les causes de la préférence manuelle.


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