Accueil > Dictionnaire > Les termes psychologiques commençant par D > La définition de dessin


La définition de Dessin



Le dessin de l'enfant

Il s'agit d'une activité graphique exercée par l'enfant entre 3 et 12 ans.
La fréquence et la qualité des dessins enfantins sont tributaires de facteurs culturels et économiques. En effet, certaines cultures condamnent les représentations figuratives du monde, surtout quand il s'agit de personnages humains. En revanche, la culture occidentale y est particulièrement favorable, dessin et peinture sont pratiqués dans les écoles maternelles. Ainsi, de nombreux parents prodiguent l'équipement nécessaire (papier, crayons, pinceaux, feutres, gouache, etc...), encouragent leurs enfants à exercer une aussi saine activité et exposent ensuite les meilleures œuvres.
Mais d'autres parents n'ont ni le même intérêt ni les mêmes moyens financiers.
Aussi, si le nombre et la qualité des productions dépendent de la disponibilité et de la nature des divers instruments d'exécution, il n'en demeure pas moins que, dans notre culture, tous les enfants dessinent peu.


Les fonctions du dessin

Le dessin a pour les enfants plusieurs fonctions:

  • C'est une activité motrice, donc une des joies du jeune enfant, et une activité particulièrement gratifiante puisqu'elle laisse une trace durable.
  • C'est un moyen d'exprimer ses émotions en les extériorisant.
  • C'est un mode privilégié pour représenter ce que l'enfant voit autour de lui, le plus fidèlement possible.
  • Le dessin a une fonction narrative et signifiante.

Ainsi, le dessin serait un système de signes, ou plus exactement de symboles, permettant à l'enfant de communiquer aux autres le contenu de ses représentations.


L'évolution du dessin avec l'âge

L'évolution avec l'âge suit des étapes que l'on retrouve chez tous, mais l'âge auquel s'observe le passage de l'une à l'autre varie beaucoup selon les enfants.

  • Entre 1 et 3 ans: l'enfant gribouille sans vraiment dessiner. Il développe à la fois la coordination des gestes et la représentation figurale, instruments indispensables à la conception et à l'exécution de véritables dessins.

  • Vers 2 ans et demi: l'enfant est en possession de deux répertoires: l'un constitué de schèmes figuratifs (ou modèles internes), l'autre de formes graphiques de base (le rond et le trait), qu'il est capable de produire, de répéter à volonté et d'articuler en formes complexes. Aussi, la première représentation graphique de l'être humain par le jeune enfant est un bonhomme-têtard: la forme de base est un rond à la partie inférieure duquel s'attache un long trait vertical (bonhomme-têtard unijambiste). Ce dessin schématique devient par ajouts successifs et doublement du trait vertical le bonhomme-têtard classique, composé d'une tête, avec deux yeux et une bouche, et de deux jambes terminées par des pieds mais partant directement de la tête.
    Disposant alors conjointement d'une capacité de déchiffrage symbolique qui lui permet d'identifier un objet ou une scène sur une image et d'un contrôle suffisant de son activité graphique, l'enfant peut passer du gribouillage au dessin.

  • Entre 3 et 12 ans: le schématisme et l'intention représentative caractérisent le dessin enfantin. Au cours de cette longue période, les changements observés vont dans le sens d'une ressemblance croissante entre un dessin et ce qu'il représente. Cette évolution n'est pas régulière mais procède par paliers. Lorsque l'enfant découvre une ressemblance entre un objet connu et un de ses gribouillages, il donne une signification à celui-ci. Le réalisme est dit manqué lorsque l'enfant produit un gribouillage avec l'intention de représenter quelque chose de précis mais échoue dans l'entreprise. Cet échec peut résulter du contrôle imparfait du geste ou de la pauvreté de ses représentations.
    La maîtrise du geste graphique continue à progresser mais ne joue plus qu'un rôle d'instrument au niveau de l'expression. L'enfant a atteint le stade du réalisme intellectuel, dominé par la schématisation et l'intention représentative.

  • Entre 4 et 10 ans: l'enfant ne se soucie pas de fixer sur le papier la fidèle reproduction d'un état du réel à un instant précis, sous un point de vue unique. Il raconte aux autres ce qu'il sait de son environnement grâce à un vocabulaire de graphismes dont chaque élément correspond à un schème figuratif. Il ne copie pas la nature, mais des modèles internes.

  • Vers 10 ans: l'enfant abandonne le schématisme. Il choisit un point de vue unique et s'efforce d'appliquer les lois de la perspective. C'est la période dite de réalisme visuel (ou conventionnel).

  • Durant l'adolescence: l'activité graphique de dessin se tarit complètement ou évolue vers une production professionnelle.

Les orientations des recherches sur le dessin enfantin

Depuis la fin du XIXe siècle, l'importance de l'activité graphique de l'enfant a suscité de très nombreuses recherches selon trois principales orientations:

  • Une orientation descriptive: elle a permis d'analyser les particularités du dessin de l'enfant et d'opérer des comparaisons entre productions enfantines, graphismes des peuples primitifs et œuvres artistiques.

  • Une orientation psychométrique: plusieurs recherches, parmi lesquelles celles de Georges-Henri Luquet tiennent la première place. Ayant fait apparaître une évolution caractéristique du dessin avec l'âge, de nombreux auteurs ont postulé l'existence d'une relation entre le niveau d'un dessin et le niveau de développement cognitif de son auteur. Aussi, plusieurs épreuves de dessin sont couramment utilisées pour mesurer le développement mental jusqu'à 12 ans. Parmi les plus connues, on peut citer le dessin du bonhomme, de l'arbre, et l'échelle de Goodenough.

  • Une orientation interprétative: d'inspiration psychanalytique, elle considère le dessin comme un champ d'expression privilégié de l'inconscient. Les techniques d'interprétation sont inspirées de celles du rêve. Dans ce cadre, le dessin est utilisé comme instrument de diagnostic et de thérapie, en association avec l'examen clinique.

Autres termes psychologiques :