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La définition de Croyance


La croyance désigne l'attitude intellectuelle d'une personne qui tient pour vrai un énoncé ou un fait sans qu'il y ait nécessairement une démonstration objective et acceptable de cette attitude.


L'analyse des croyances et des univers de croyance

Aujourd'hui, on analyse les croyances, en tant qu'entités psychologiques, en distinguant l'acte cognitif lui-même et son contenu. Toute croyance, par exemple « Marie croit que la réunion est annulée », est de la forme « A croit que p », où A est un individu, et p une proposition. De fait, selon Bertrand Russell, les croyances sont, à cet égard, des attitudes propositionnelles.
On pourrait de façon équivalente écrire: « A croit que p est vrai. » Cette voie conduit vers une analyse des univers de croyance, c'est-à-dire d'ensembles de croyances reliées entre elles et dans lesquelles le souci des valeurs de vérité est au premier plan. Leurs propriétés principales sont la consistance et la décidabilité. En général, on considère que les verbes de croyance (croire que, penser que, estimer que, etc...) décrivent un certain genre de relation entre l'individu (ici A) et la proposition (ici p).


Le degré d'adhésion à une croyance

En psychologie générale, on s'est souvent intéressé au degré d'adhésion (ou degré de confiance , ou encore degré de certitude) de A envers p. Cela signifie que l'on ne se satisfait pas des deux valeurs « A croit que p est vrai », « A croit que p est faux » (ou « A ne croit pas que p »). Cette variable cognitive de degré peut être appréhendée de façon comportementale à partir d'échelles classiques. Il s'agit, par exemple, de demander à A de noter de 1 à 7 la force avec laquelle elle ou il adhère à p.
De nombreux facteurs agissent sur ces degrés de croyance. En général, ce sont des facteurs qui sont également présents dans les apprentissages. Certains concernent aussi des biais de raisonnements. Par ailleurs, les contenus des croyances sont appelés, des intentions. La psychologie les étudie de son côté de façon concrète à partir de questionnaires, d'interviews, etc...


La croyance en psychologie sociale

Le terme de croyance exprime des relations entre deux catégories cognitives dont aucune ne définit l'autre. Aussi, la criyance a deux composantes:

  • Un sujet (S) pouvant être caractérisé de diverses façons.
  • Une caractérisation (C) pouvant être appliquée à de nombreux sujets.

À titre d'exemple, il ne viendrait à l'esprit de personne de dire « je crois qu'un chat miaule » alors qu'on peut dire sérieusement « je crois qu'un chat noir porte malheur ». Ainsi, miauler constitue un trait qui définit la catégorie chat, ce qui n'est pas le cas de porter malheur.
Pourtant, bien qu'elle soit compatible avec les divers usages de la notion de croyance, cette définition minimale n'exprime pas toutes les implications de la notion. Ainsi, la notion de croyance est étroitement associée dans les recherches à l'étude des attitudes, le composant cognitif de l'attitude étant conçu comme contenant principalement des croyances. Une telle association donne à penser que les deux catégories impliquées par la définition minimale sont porteuses des valeurs nécessaires à l'orientation de l'attitude.
Ainsi, la notion de croyance est toujours indissociable d'une problématique sociale impliquant d'une part, qu'une croyance a toujours potentiellement une assise collective, et d'autre part, qu'on peut avoir des croyances différentes, voire contraires. De fait, une croyance est généralement étudiée au sein d'un faisceau de croyances. Il semble donc que les chercheurs aient présupposé que les croyances étaient organisées en des systèmes cohérents.
Avec ces implications, la notion de croyance débouche sur celle de systèmes, qu'il s'agisse de systèmes de croyances, de systèmes idéologiques ou de représentations.


La croyance en psychanalyse

Toute perception réelle donne lieu à une croyance, à moins qu'elle ne soit déniée. Cependant, le réel étant à la fois interne et extérieur, les conceptions qui sont transmises avec le langage se mêlent chez l'individu aux idées qu'il se fait concernant son origine, le lieu de la puissance, la sexualité et la mort. Le désir y a sa part mais la réalité peut lui apporter un démenti, susciter le doute et rendre effective l'expérience du manque.
Si cela est récusé, il y a alors instauration d'une conviction intensifiée qui doit être crue pour combler l'incertitude. Ou alors le moi se clive, se divise entre l'acceptation et le refus du fragment de savoir concerné. Enfin, il est assez fréquent que, même lorsque l'illusion chute, la croyance dépassée soit mise en réserve dans l'imaginaire, et se réactualise dans les moments d'inquiétante étrangeté, à la frontière de la fiction et du réel.


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