Accueil > Dictionnaire > Les termes psychologiques commençant par C > La définition de coordination


La définition de Coordination


La coordination désigne l'association entre des systèmes ou sous-systèmes différents pour la réalisation d'une action cohérente ou l'accomplissement d'une tâche.


Les différents types de coordination

La plupart des actes de la vie courante requièrent la coordination de plusieurs systèmes. Par exemple, marcher exige une coordination des membres inférieurs, ouvrir une boîte nécessite une coordination bimanuelle, etc... De même, lire, écrire, conduire un véhicule, tricoter, etc... demandent une coordination plus ou moins étendue entre systèmes sensoriels et moteurs.
Il existe de multiples types et niveaux de coordination. Aussi, on a pu montrer que les relations bilatérales évoluent dans le temps et qu'en dépit de liaisons précâblées, elles font partie des faits de développement. Par exemple, bien que le nouveau-né n'ait pas une vision diplopique, la convergence binoculaire n'est pas réalisée à la naissance. En effet, elle s'instaure dans les premières semaines postnatales. En outre, l'étude de la motilité spontanée du nouveau-né révèle des postures latéralement asymétriques et une fréquence de mouvements latéralisés qui l'emporte sur celle des mouvements bilatéraux.
On a également des raisons de penser que le rythme de développement des deux hémisphères n'est pas strictement identique et que les commandes des fonctions assumées de façon prévalente par l'un ou l'autre se précisent et s'élaborent au cours du temps.


Les coordinations sensori-motrices

Parmi toutes les formes de coordination, les coordinations sensori-motrices suscitent un intérêt particulier de la part des spécialistes de l'ontogenèse. En psychologie génétique, ces coordinations, qui associent au moins un système sensoriel à au moins un système moteur, ont toujours été investies d'un rôle important dans le développement cognitif. En effet, elles seraient à l'origine de la relation moyens-but.
Plus précisément, le but serait assigné par une perception, laquelle déclencherait et guiderait le ou les mouvements d'approche et d'appréhension du but. Il en est ainsi chez l'enfant et chez l'adulte qui ont à saisir un objet dans l'environnement, à appuyer sur une pédale de frein, à passer un fil dans le chas d'une aiguille, etc...


Les analyses et les interprétations

Les émergences de ces coordinations et le cours de leurs transformations et de leurs interrelations ont fait l'objet d'interprétations diverses. On sait maintenant qu'il existe, dès la naissance, des structures nerveuses qui régissent à la fois des activités sensorielles et des activités motrices. Par exemple, le colliculus, qui est une structure du tronc cérébral, est impliqué à la fois dans la commande des perceptions visuelles et dans celle des mouvements de la main.
D'autres recherches montrent que des coordinations sensorimotrices sont observables beaucoup plus tôt que les théories classiques ne le supposaient. Par exemple, des coordinations entre la tête et les yeux, entre l’œil et la main, ou encore entre la main et la bouche, ont été observées chez le nouveau-né. Toutefois, elles présentent toutes, à cet âge, des traits spécifiques encore mal connus, qui les différencient des conduites coordonnées ultérieures et laissent augurer d'un développement non linéaire.


Le devenir des coordinations

La fluidité supposée des coordinations, leur contribution à l'élaboration d'activités diverses, les automatismes auxquels elles donneraient naissance, restent des objets d'étude encore rares.
Par ailleurs, comprendre comment se forment et se développent les coordinations demande également que l'on connaisse les structures nerveuses impliquées, leur mode de fonctionnement relationnel, le ou les centres responsables d'une intégration et les mécanismes qui la gouvernent. Or, à cet égard, on dispose actuellement de plus de modèles que d'analyses.


Les structures de coordination

Il s'agit de groupements fonctionnels transitoires de plusieurs unités d'action recrutées en vue d'une action précise. Aussi, ces groupements sont temporairement liées en une seule unité, de sorte que le contrôle s'opère sur le collectif et non sur chaque unité en particulier.
La notion de structures de coordination a été élaborée par les théoriciens de l'approche dynamique pour rendre compte de la réduction du nombre de degrés de liberté à contrôler pendant l'action, par rapport au nombre de degrés de liberté potentiels. Le groupement en structure de coordination a deux conséquence principales:

  • Une grande part de la régulation se fait de façon autonome par la simple coopération des différents éléments entre eux.
  • Le contrôle s'opère sur l'ensemble des effecteurs impliqués dans une action et non sur chaque effecteur en particulier.

Ces groupements s'observent, par exemple, par l'invariance des relations temporelles entre les différents effecteurs lorsque la vitesse absolue change.
Contrairement à ce que la terminologie semble indiquer, l'approche dynamique considère que c'est le but qui relie entre eux les éléments d'une structure de coordination, et non des liens structuraux. Par ailleurs, la notion de structure de coordination recouvre en partie la notion plus ancienne de synergie fonctionnelle.


Autres termes psychologiques :