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La définition de Contrainte



La contrainte en psychiatrie

La contrainte désigne l'ensemble de toutes les attitudes, de toutes les méthodes et techniques par lesquelles on impose à un malade, contre sa liberté et sa volonté, une hospitalisation, un traitement, une alimentation ou une limitation de son activité. C'est le cas de l'internement et de toutes les formes de thérapeutique prescrites sans le consentement du malade. C'était aussi la contention par les chaînes, remplacées au XIXe siècle par les gilets et camisoles de force, l'immobilisation au lit, l'isolement en cellules dites de sécurité.
C'est l’aliéniste John Conolly qui fut le le premier à supprimer toute contrainte dans le traitement des malades mentaux en défendant le principe du non-restraint. Mais, selon Andrew Scull, il n'obéissait pas lui-même, dans sa pratique quotidienne, intégralement à ce principe. Comme pour la légende de l'enlèvement des chaînes des aliénés à Bicêtre par Philippe Pinel, le mythe du psychiatre libérateur vient constamment occulter la contradiction fondamentale et dramatique de tout traitement psychiatrique: traiter une pathologie de la liberté (la maladie mentale) exige presque toujours au départ une violence et une atteinte à la liberté du malade.


La contrainte biomécanique

Chez les êtres organisés, la contrainte biomécanique désigne une limitation des mouvements due à l'agencement des composantes corporelles telles que les muscles, les tendons, l'ossature ou les dépôts de graisse. Aussi, le jeu des articulations est soumis à de telles contraintes. Certaines de ces contraintes sont dues à des rapports allométriques entre différentes parties du corps. Elles changent en fonction de la croissance et évoluent, voire s'éliminent, au cours du temps. C'est la cas, par exemple, de celles liées au poids de la tête chez le nouveau-né humain. Les réactions posturales antigravitaires qui, chez l'être humain, s'élaborent au cours de la première année postnatale corrigent, en partie, les effets des contraintes allométriques.
La motricité s'organise nécessairement en fonction des contraintes biomécaniques, que celles-ci soient permanentes, qu'elles changent au cours du temps ou qu'elles puissent être assouplies et donc transformées grâce à des techniques particulières d'apprentissage (par exemple, chez les danseurs professionnels).


La contrainte motrice

Il s'agit de la particularité de l'environnement ou de l'individu qui canalise le comportement et réduit le nombre des configurations possibles du système d'action, en dépit de l'apparente multitude des ses possibilités.
On distingue couramment trois catégories de contraintes influençant la coordination motrice et son développement:

  • Les contraintes intrinsèques: il s'agit des contraintes neurologiques, biomécaniques, morphologiques et biochimiques.

  • Les contraintes liées à une tâche spécifique: il s'agit du but de la tâche, des règles plus ou moins explicites, des caractéristiques physiques des objets impliqués dans l'action, etc...

  • Les contraintes plus spécifiquement liées à la tâche: Allen Newell a mis l'accent sur le rôle du caractère stéréotypé des tâches proposées aux nourrissons dans la limitation des comportements observés pour un âge donné.

Lorsque nous pensons avoir un nombre exubérant de possibilités d'action à notre disposition, du fait du grand nombre de degrés de liberté du système neuromoteur, nous sous-estimons le fait que toutes les configurations n'ont pas la même probabilité d'occurrences du fait des contraintes du système. Par exemple, si nous demandons à des individus de faire des cercles dans l'air simultanément avec les deux bras sans de plus amples précisions, nous observerons peu de diversité dans les réponses malgré les nombreuses possibilités théoriques. Du fait des contraintes intrinsèques du système sous forme de synergies de base, la plupart des individus auront tendance à faire des mouvements en miroir, à la même vitesse, et cela dans le plan frontal.
Le rôle d'attracteurs de comportement de ces configurations préférées est particulièrement mis en avant dans l'approche dynamique. Le poids ou les caractéristiques anthropométriques sont d'autres exemples de contraintes intrinsèques influençant l'organisation des synergies motrices. La force de gravité représente sans doute la plus forte des contraintes environnementales influençant la coordination motrice. L'observation d'une augmentation du rythme de marche automatique des nourrissons lorsqu'ils sont tenus dans l'eau en fournit un exemple.
Par ailleurs, la notion de contrainte, en particulier celle de contrainte intrinsèque, s'oppose d'une certaine façon à la notion de prescription, notion centrale aux théories du contrôle moteur utilisant la métaphore d'un programme (ou schéma d'action) élaboré au niveau du système nerveux central. Cependant, l'intervention volontaire peut permettre de dépasser ces contraintes lorsqu'une situation demande l'inhibition d'une réponse naturelle ou apprise en faveur d'une nouvelle réponse mieux adaptée, mais moins spontanée.


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