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La définition de Continuité



La relation de continuité

Il s'agit d'une relation spatiale topologique qui permet de distinguer une figure fermée dont le contour enclot une surface sans aucun hiatus (par exemple, un cercle ou un trapèze) d'une figure ouverte dont le contour est interrompu (par exemple, un anneau de Landolt) ou n’enclot aucune surface (par exemple, un segment ou une croix).


La continuité développementale

Il s'agit d'une thèse selon laquelle le développement de l'enfant se déroule sans rupture et de façon continue. Contrairement aux modèles qui représentent le développement comme une succession ordonnée de stades, les thèses de la continuité soutiennent que le développement consiste en une suite ininterrompue de transformations. Elles voient dans les ruptures repérées entre des âges successifs un artefact dû à la fois aux méthodes utilisées et à des présupposés théoriques. En outre, elles reprochent aux théories classiques de fournir des explications indigentes du dynamisme des filiations. Enfin, elles privilégient les approches fonctionnelles au détriment des études de mécanismes.


La thèse continuiste de Kagan

Le point de vue continuiste dans l'ontogenèse a notamment été défendu par Jerome Kagan contre le structuralisme constructiviste, avec les propositions suivantes:

  • La continuité développementale doit être considérée sur toute la durée de la vie.

  • Plusieurs formes de continuité peuvent être appréhendées chez un individu. En effet, la continuité peut résider dans la persistance d'un trait, d'une qualité psychologique (par exemple l'introversion ou l'extraversion), ce qui s'exprime par un taux de changement très faible au cours du temps dans une conduite donnée. Elle peut également résider dans la pérennité d'une relation entre deux fonctions, qui fait apparaître cette relation comme nécessaire, ou encore dans une progression sans sauts ni régressions, telle qu'elle peut être reflétée par les courbes d'apprentissage.

Ce sont surtout les études longitudinales de tempérament et de personnalité qui donnent matière aux thèses de continuité, en recherchant des témoignages d'unité de la personne. Cependant, cette unité ne serait pas inscrite dans la nature mais elle demanderait à chacun, tout au long de sa vie, un effort héroïque pour maintenir son identité, effort que conforteraient des contraintes biologiques et des exigences sociales et culturelles.
Cette perspective, axée sur la longue durée, restaure le primat de l'individualité. Ainsi, ce sont les trajectoires individuelles qui comptent et elles peuvent présenter des orientations différentes de telle sorte qu'une étape nécessaire à un individu peut ne pas l'être à un autre.


Les critiques des thèses continuistes

Bien qu'une continuité ait été attestée à des périodes considérées comme sièges d'une rupture (par exemple, entre la vie fœtale et la vie postnatale), l'adhésion aux thèses continuistes chez les spécialistes de l'ontogenèse reste limitée.
Par ailleurs, les constructivistes ont toujours admis que les changements et filiations qui composent le développement incluent des continuités. Ainsi, Jean Piaget décrit la période sensorimotrice (de 0 à 2 ans) comme continue à travers les six étapes qu'il y distingue. Mais ils considèrent que les continuités ne sont pas toujours décelables ni explicatives d'une orientation générale.


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