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La définition de Cognitivisme


Le cognitivisme est une doctrine (ou courant de pensée) de la psychologie qui met l'accent sur les phénomènes de cognition. Cette notion de cognitivisme est relativement récente. Dans la psychologie contemporaine, on peut distinguer deux périodes durant lesquelles existent des courants cognitivistes. Ces périodes sont séparées par l'apparition de la théorie du traitement de l'information, qui marque le début du cognitivisme récent.


Les théories antérieures à la théorie du traitement de l'information

Dans la période antérieure, plusieurs courants distincts ont pu être qualifiés de cognitivistes:

  • En psychologie animale avec les théories de l'apprentissage: pour expliquer le comportement appris chez des rats et d'autres animaux, des uateurs ont développé une théorie dite S-S, c'est-à-dire stimulus-stimulus.
    La thèse principale en est que les animaux établissent des liaisons entre les stimulus du monde extérieur. Ces auteurs, qui ont souvent été influencés par la gestalt théorie, utilisent donc des notions comme celle d'attente qui serait développée par les animaux à l'égard des stimulus dont ils ont fait l'expérience, de signes qui suscitent ces attentes, d'hypothèses sur ce qui pourrait advenir, de comportements intentionnels et de buts, etc... Ils considèrent que les apprentissages se font, même chez l'animal, par l'acquisition de connaissances et non par l'établissement d'habitudes, et qu'il existe chez l'animal une forme de résolution de problème, qu'ils décrivent souvent en termes d'insight.
    Toutes ces notions ont clairement un caractère cognitif. Elles sont considérées comme des concepts hypothétiques dont la liaison avec des événements observables, stimulus ou comportements, est très précisément définie. Cette famille de théories s'oppose aux théories S-R (stimulus-réponse) du béhaviorisme radical, pour lesquelles le mécanisme fondamental des apprentissages est l'association d'un stimulus et d'une réponse (habitude).

  • En psychologie sociale avec les travaux de Kurt Lewin, Solomon Asch, Leon Festinger, etc...: leur thèse principale est que l'on doit rendre compte des comportements sociaux non seulement à partir des événements auxquels les individus sont soumis, mais aussi et surtout à partir des interprétations que les individus en donnent. Celles-ci contrôlent non seulement leurs représentations, mais aussi leurs opinions et leurs attitudes, ainsi que les équilibres cognitifs et les éventuelles dissonances cognitives, qui règlent ensuite les comportements.

  • En psychologie comportementale avec les travaux de Daniel Berlyne, voire de Donald Hebb: ces auteurs ont mis l'accent sur des comportements comme celui d'orientation-investigation, introduit par Ivan Pavlov, ou celui d'exploration de l'environnement. Ils ont également mis en avant des activités internes relatives à la nouveauté des stimulus, tels l'attention, l'intérêt, la curiosité, la recherche du changement perceptif et les conflits cognitifs entre l'ancien et le nouveau. On trouve des tendances semblables parmi les auteurs russes post pavloviens.

  • En psychologie développementale avec les travaux de Jean Piaget et de Jerome Bruner: il s'agit d'une véritable étude générale de la cognition, concernant directement l'être humain et son fonctionnement mental. Le rôle de la cognition est attribué, d'une part, à l'étude du développement de l'enfant et, d'autre part, à la comparaison avec l'activité scientifique (l'épistémologie génétique de Piaget).

Le cognitivisme récent

Lorsque la théorie de l'information apparaît au cours des années 1960, elle se développe et pénètre peu à peu la psychologie d'orientation scientifique, puis finit par progressivement englober toutes les tendances cognitivistes antérieures. Ainsi naît le cognitivisme le plus récent.
Une évolution théorique et épistémologique profonde s'opère alors dans la psychologie scientifique par rapport au béhaviorisme S-R en crise. La théorie de l'information fournit un cadre conceptuel général dans lequel on peut penser de façon complexe les activités internes, en particulier humaines, sans faire immédiatement référence aux activités cérébrales qui les sous-tendent.


Les thèses cognitivistes

La première thèse du cognitivisme récent a été que les comportements ont pour cause une activité interne. Bien que celle-ci soit neurobiologique, la psychologie peut la décrire à son propre niveau en termes de traitement de l'information et, pour ce qui concerne la mémoire et l'intelligence, de structures de cette information. Ainsi, la psychologie n'est plus caractérisée comme la science du comportement. Elle inclut une modélisation de l'activité interne.
La seconde thèse, complémentaire de la première, conserve l'idée que cette activité interne n'est pas directement observable ni interprétable. De fait, l'élaboration et la validation des modèles cognitifs doivent nécessairement passer par des inférences, fondées sur l'expérimentation ou l'observation systématique. Mais celles-ci doivent, comme dans la perspective du béhaviorisme méthodologique, inclure la mise en relation des comportements et de leurs conditions d'apparition (situations et stimulus).
Finalement, après avoir une simple doctrine ou une tendance vers le milieu des années 1960, le cognitivisme s'est peu à peu révélé extrêmement viable et fécond. Les connaissances et les problématiques se sont accrues et précisées, en sorte que la tendance philosophique s'est muée en un domaine complet, extrêmement actif, de la psychologie cognitive.


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