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La définition de Changement



La mesure du changement

Il s'agit d'une mesure opérée dans la comparaison d'observations effectuées sur les mêmes individus (ou sur des individus comparables), à des dates ou à des âges différents. Ainsi, on peut mesurer, par exemple, les effets de l'âge, d'un enseignement, d'un traitement, etc... (études longitudinales). On remplace parfois ce type de données par celles que l'on obtient en pratiquant chacune des observations à comparer sur un groupe différent, par exemple des enfants d'âges différents (études transversales).
Les sources de variation intervenant dans ces deux catégories d'études ne sont pas toutes identiques. Aussi, le changement peut être décrit par des courbes de développement obtenues en mettant en abscisse la succession des mesures et en ordonnée la valeur de chacune d'elles.
En général, la fidélité des notes obtenues en faisant la différence entre deux mesures successives du même individu est faible, d'autant plus faible que la corrélation entre ces mesures est forte.


Le changement social

Il s'agit d'une production de modifications durables au niveau des croyances collectives et des relations entre catégories sociales.
Le manque d'attention envers le changement social, voire la construction de théories psychologiques qui excluent la possibilité du changement social, est l'un des plus grands problèmes de la psychologie et en particulier de la psychologie sociale. C'est ce qui fait d'une prétendue science une idéologie conservatrice. Depuis que Platon a expliqué l'inégalité comme la conséquence de l'existence d'hommes d'or, d'hommes d'argent et d'hommes de bronze, l'idée que la structure sociale est le reflet d'une nature humaine stable a été néfaste. En effet, cette naturalisation des relations sociales incite à penser que nous vivons dans la meilleure société possible. Aussi, ses imperfections ne peuvent pas être changées puisque, si elles sont les conséquences d'une nature stable, elles sont stables également.
À notre époque, la stabilité est devenue fonction de l'héritage génétique. Les différences de réussite sociale entre individus et entre groupes sont expliquées par des différences de capacités génétiques. Ainsi, Goddard, en 1919, considère qu'il n'y a pas d'injustice dans le fait qu'un ouvrier habite un taudis tandis qu'un bourgeois habite un manoir. L'intelligence de celui-ci est probablement le double de celle de celui-là, et l'ouvrier ne pourrait apprécier les possessions du bourgeois, même s'il pouvait les obtenir. Pour Goddard, l'égalité est impossible avec de telles différences de capacité mentale.
Aujourd'hui, très peu de psychologues seraient aussi explicites que Goddard. Ils accepteraient, probablement, que l'inégalité est, au moins en partie, un produit des structures et des positions sociales. Néanmoins, pour la plupart, ils n'ont pas inclus l'influence de ces structures et de ces positions sociales dans leurs analyses du comportement humain.


Les modèles du changement social

Les recherches et les théories traitent principalement de l'individu isolé, ou des relations interpersonnelles. Or, pour Serge Moscovici et Henri Tajfel, la psychologie sociale doit être replacée dans son contexte social afin d'analyser les impacts réciproques entre individus et société c'est-à-dire, tout à la fois, la détermination sociale et le changement social.
L'apport de Moscovici à l'étude du changement social se trouve principalement dans son modèle de l'influence minoritaire. Cet auteur souligne que, d'après les modèles fonctionnalistes dominants, les relations d'influence reflètent les relations interpersonnelles de pouvoir: plus on est dépendant des autres, plus on est influencé par eux et plus les autres sont dépendants de soi, plus on a d'influence. Dans cette perspective, l'influence sert donc toujours à intégrer la société. Moscovici propose, quant à lui, un modèle génétique. Au lieu de considérer les systèmes sociaux comme des données absolues qui déterminent les résultats de l'influence, il les considère comme le résultat de processus de négociation et de confrontation. Cela veut dire qu'une minorité n'est pas toujours impuissante, mais peut provoquer de l'innovation en intervenant sur ces processus. Il faut d'abord créer un conflit en brisant le consensus et en bloquant les négociations qui visent à rétablir ce consensus. Cela génère de l'incertitude pour le groupe, qui peut alors se résoudre par un mouvement vers la position de la minorité.
En ce qui concerne les préoccupations de Tajfel, elles portent également sur la dynamique des systèmes sociaux, mais plutôt sous l'angle des relations entre groupes. La question qu'il pose est la suivante: dans quelles conditions est-ce que les gens agissent collectivement pour améliorer leur situation? A priori, on serait tenté de penser qu'ils agissent quand leur situation est suffisamment mauvaise. Pourtant, même dans les pires circonstances, la révolte est rare. Et, quand un groupe se révolte finalement, c'est souvent les membres qui possèdent le plus de ressources qui en sont les catalyseurs. Ainsi, ce n'est pas la privation absolue qui est importante, mais la privation relative à un autre groupe comparable. De plus, cette privation relative ne doit pas être égoïste, mais fraternelle. Mais la révolte ne s'explique pas seulement par des facteurs structurels. Il faut y ajouter une dimension psychologique.


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