Accueil > Dictionnaire > Les termes psychologiques commençant par C > La définition de caractère


La définition de Caractère


La caractère désigne l'ensemble des habitudes, des sentiments et des idéaux qui rendent les réactions d'un individu relativement stables et prédictibles. Le caractère, concept du langage courant. Il apparaît comme un aspect important de la personnalité et, pour certains, la résume.


La typologie des caractères

Selon les écoles, le caractère représente une somme de traits isolables ou bien un tout insécable. La caractérologie a tenté de définir les dimensions fondamentales sur lesquelles toutes les réactions individuelles peuvent être classées. Plusieurs philosophes ont pris le caractère comme sujet de réflexion, et certains d'entre eux ont proposé des caractérologies (ou typologies) et des questionnaires destinés à situer chaque individu dans une typologie.
Une des plus célèbres caractérologies est celle de Gerardus Heymans et Enno Wiersma. Elle considère que trois dimensions suffisent à une représentation exhaustive:

  • la passivité-émotivité
  • l'inactivité-activité
  • la primarité-secondarité

Les individus se placent sur la première en raison de leur sensibilité immédiate et manifeste aux événements ; sur la deuxième en raison de leur préférence pour la réflexion ou l'action ; sur la troisième en raison de l'impact des événements à plus ou moins long terme sur leur affectivité.


La différence entre le caractère, le tempérament et la personnalité

La notion de caractère est difficile à distinguer de celle de tempérament et de celle de personnalité.
La notion de tempérament met davantage l'accent sur les facteurs biologiques des régularités individuelles dans le style des conduites, tandis que celle de personnalité est plus globale et intègre les apports durables au style des conduites d'un individu et des expériences de cet individu dans son milieu.
En psychologie du développement, on a plutôt considéré le caractère comme un tout, soumis à des influences biologiques et sociales. Ainsi, Henri Wallon a insisté sur le rôle du tonus, de l'expression des émotions, et des réactions de prestance. Pour lui, le caractère se forme par étapes, de la naissance à 3 ans:

  • L'étape de la sociabilité syncrétique: elle débute à 6 mois. Elle se caractérise par une fréquence maximale des relations à autrui, quel qu'il soit.
  • L'étape du syncrétisme différencié: elle commence vers 12 mois. Elle se caractérise par l'apparition du mimétisme affectif, de la jalousie et de la sympathie, qui marquent des distinctions et des préférences.
  • L'étape de la personnalité interchangeable: il s'agit d'un état transitoire qui survient vers 30 mois, et qui prend fin avec la crise d'opposition et l'affirmation du moi, vers 3 ans.

La névrose de caractère

Il s'agit d'une forme de pathologie névrotique qui ne se caractérise pas par la présence de symptômes particuliers, isolables et clairement perçus par l'individu, mais plutôt par une organisation d'ensemble de la personnalité, conçue comme une organisation pathologique.
Il peut sembler surprenant de rencontrer le terme de caractère dans les ouvrages psychanalytiques. Il est pourtant présent chez Freud dans divers textes, et il a surtout servi, après lui, à caractériser des formes névrotiques qui posaient des problèmes nosographiques ou techniques particuliers. En ce qui concerne Freud, il est à noter que le concept de caractère est d'abord et surtout évoqué à partir d'une forme de caractère particulier. Il s'agit de cet ensemble de traits qui sont souvent réunis chez une même personne: ordre, économie et entêtement. Freud en rend compte en termes pulsionnels, en renvoyant à ce qu'il désigne comme érotisme anal dans sa théorie du développement de la libido. On sait en effet que, pour lui, la libido de l'enfant s'oriente, au moment de l'apprentissage de la propreté, vers l'objet anal, que l'enfant voudrait garder en lui ou dont il voudrait user à sa guise, l'excrément pouvant apparaître, par exemple, comme un cadeau qu'il peut offrir ou refuser. Freud souligne la façon dont cette dialectique peut se poursuivre à l'âge adulte, investie sur de nouveaux objets, comme l'argent. On conçoit que les dispositions acquises dans ce qui serait un stade anal, dispositions détournées de leur objet originel, mais se répétant dans l'existence ultérieure, puissent former la base d'un caractère assez typique.
Il est vrai qu'un auteur comme Karl Abraham a pu tenter de présenter une théorie plus générale du caractère, parallèle à une systématisation de la théorie des stades. Il conçoit, par exemple, comme relevant d'un caractère oral la tendance de certains individus à tout attendre « d'un être protecteur et bienveillant, c'est-à-dire d'un substitut de la mère ». Toutefois la notion même de caractère reste attachée par certains aspects aux premières descriptions freudiennes. Le caractère constituerait en effet une tentative de parer aux exigences de la libido en réalisant une modification définitive de la personnalité. Or celle-ci s'inscrit assez bien dans la dimension de la névrose obsessionnelle, elle-même liée aux avatars de l'érotisme anal.
La seconde contribution d'importance à la théorie psychanalytique du caractère est celle de Wilhelm Reich. Cet auteur part de considérations essentiellement techniques, c'est-à-dire, par exemple, d'une réflexion sur ces patients qui semblent acquiescer aux interprétations de l'analyste mais conservent une attitude ironique qui bloque tout le travail. Il en vient donc à définir une sorte de résistance liée au caractère et à proposer une théorie globale de ce qu'il appelle cuirasse caractérielle. Il faut cependant noter que Reich devait par la suite réorienter cette réflexion dans le sens d'une approche biologique supposée rendre compte des manifestations d'une énergie d'orgone cosmique.
Enfin, il est important de souligner que l'idée d'une névrose de caractère peut aussi être considérée comme venant annoncer certaines des questions actuelles de la psychanalyse. En effet, l'individu contemporain semble souffrir moins de symptômes semblables à ceux de l'hystérie, que d'une incapacité globale à se situer dans l'ordre du désir et de l'action.


Autres termes psychologiques :