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La définition de Bleuler


Eugen Bleuler, psychiatre et psychanalyste (1857-1939).Eugen Bleuler est un psychiatre suisse. Il est né à Zollikon, près de Zurich, en 1857. Il est mort en 1939.


La carrière de Bleuler

Bleuler fait ses études de médecine à Zurich, avant de commencer son apprentissage en psychiatrie à l'hôpital de la Waldau de Berne (avec Schaerer). Ensuite, pour compléter sa formation, il part à Paris avec Jean-Martin Charcot et Valentin Magnan, puis à Munich avec von Gudden. Enfin, il retourne à Zurich pour terminer son assistanat dans le service universitaire de Auguste Forel, au Burghölzli. C'est dans cet établissement psychiatrique qu'il succède à Forel en 1898 et qu'il reste jusqu'à sa retraite, en 1927.
Bleuler a été l'un des premiers psychiatres universitaires à s'intéresser à la psychanalyse. En même temps que son assistant Carl Jung, il noua des relations avec Sigmund Freud. Aussi, en 1910, il publie une défense enthousiaste de Freud. Cependant, en 1912, à la suite des désaccords entre Freud et Jung, il quitte l'Association psychanalytique internationale et fonde avec Jung l'école de Zurich, appelée depuis école de psychologie analytique.


Ses travaux sur l'ambivalence et la schizophrénie

Bleuler est surtout connu pour avoir introduit en psychanalyse la notion d'ambivalence. Celle-ci fut immédiatement adoptée par Freud et ses disciples. Pour Bleuler, l'ambivalence était un des symptômes fondamentaux de la schizophrénie, jusqu'alors décrite comme psychose chronique dont l'évolution paraissait inéluctablement déficitaire et démentielle. Or, Bleuler s'insurge contre ce pronostic si pessimiste. En effet, pour lui, non seulement les fonctions intellectuelles restent pratiquement intactes chez le dément précoce, mais ce dernier conserve aussi une vie intérieure très riche. La maladie du schizophrène n'est donc pas caractérisée par l'effacement et la perte des activités psychiques, mais par leur défaut d'harmonisation, la dissociation mentale.
Comme l'a écrit son fils, M. Bleuler, « cette dissociation se combine avec un amalgame de représentations, sentiments et tendances contradictoires qui se manifeste dans la pensée, les sensations et les actions du schizophrène. C'est pour cette raison que Bleuler ne voulait pas inclure le mot démence dans l'appellation de la maladie et c'est également pour cette raison qu'il désapprouvait la comparaison entre la démence précoce et la démence sénile ». En outre comme cette dislocation des processus intérieurs n'est pas le propre d'une seule maladie mentale, on peut penser que beaucoup d'affections psychiques aux origines différentes sont marquées par cette dissociation. C'est pourquoi Bleuler préférait parler du groupe des schizophrénies.


Son utilisation de la psychanalyse pour expliquer la schizophrénie

Bleuler utilise la psychanalyse en montrant qu'elle permet de trouver le sens de toute une série de symptômes de la schizophrénie. Car, pour lui, cette symptomatologie est l'expression d'un mouvement psychopathologique provoqué par la maladie. Mais ce sont seulement des symptômes secondaires qui sont analysables, car les symptômes primaires renvoient à des processus organiques et sont donc inaccessibles à toute recherche de sens.
Ainsi, malgré son intérêt pour l'interprétation psychanalytique, Bleuler reste persuadé de l'origine organique de la schizophrénie. Il le confirme d'ailleurs en écrivant: « Dans tous les cas prononcés de schizophrénie, on constate des modifications anatomo-pathologiques dans le cerveau, modifications d'un caractère suffisamment déterminé et qu'on ne trouve point dans les autres psychoses. L'intensité de ces modifications correspond à peu près à la gravité des symptômes primaires [...]. La schizophrénie est ainsi non seulement une entité clinique, mais en même temps une entité anatomopathologique. »
Ainsi, Bleuler a donné une identité clinique et psychopathologique à la schizophrénie.


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