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La définition de Benzodiazépine


La benzodiazépine est une molécule qui exerce une action pharmacologique anxiolytique et hypnotique (selon la dose). Elle est l'objet d'une automédication fréquente, dans l'ensemble de la population. En outre, elle souvent utilisée par les toxicomanes pour atténuer les symptômes du manque ou pour réduire leur anxiété.


L'action des benzodiazépines

Les benzodiazépines potentialisent la neurotransmission mettant en jeu le GABA, mais elles agissent également sur d'autres types de neurotransmission (par exemple, la dopamine, la sérotonine, etc...).
Par ailleurs, les benzodiazépines ont divers effets:

  • Une action anxiolytique: les benzodiazépines et leurs analogues limitent le comportement anxieux, ce qui se traduit par la suppression des réponses émotionnelles psychiques et somatiques. Cet effet est lié à l'activité sur l'hypothalamus et le système limbique.

  • Une action hypno-sédative: si elle explique les manifestations latérales de somnolence, d'apathie et de ralentissement des réflexes observées chez les usagers d'anxiolytiques, elle trouve sa pleine expression dans leur indication chez les insomniaques. Toutefois, l'effet hypnotique ne se manifeste qu'à partir d'une dose variable, selon la puissance des molécules.

  • Un effet myorelaxant: il se caractérise par un relâchement musculaire mis à profit dans certaines indications relevant notamment de l'anesthésiologie et de la rééducation.

  • Un effet amnésiant: si cet effet peut se révéler intéressant dans des situations spécifiques (par exemple, les anesthésies), il peut être gênant pour les prescriptions au long cours comme chez l'étudiant anxieux en période d'examen. Il explique l'oubli de certains actes, notamment après usage de molécules à courte durée d'action.

  • Un effet orexigène: les benzodiazépines augmentent la prise alimentaire et de boisson chez l'animal. Aussi, les conséquences en clinique humaine restent incertaines.

La dépendance aux benzodiazépines

Le recours systématique à des substances chimiques face à un mal-être existentiel posent certains problèmes. Aussi, les Anglo-Saxons distinguent, de façon générale, trois type de consommation inappropriée de benzodiazépines:

  • L'overuse: lorsqu'il n'y a pas d'indication à user de tranquillisants ou, plus généralement, d'un médicament.
  • Le misuse: lorsque l'indication est mauvaise.
  • L'abuse: lorsqu'il y a une véritable toxicomanie.

Ainsi, une dépendance aux benzodiazépines risque de survenir, suivant le contexte et le type de consommation:

  • Une dépendance survenant dans le cadre d'une posologie classique: un consensus se dégage voulant que le risque de dépendance ne soit plus négligeable après un an de consommation régulière, bien que les manifestations de sevrage soient le plus souvent frustes, voire bénignes, et généralement confondues par les généralistes avec les manifestations de rebond.

  • Une dépendance dans le cadre d'un usage abusif: la tolérance aux benzodiazépines devient parfois considérable, de part l'augmentation des doses ou l'association de molécules.

  • Une dépendance dans le cadre d'un abus général de sédatifs: les individus concernés associent des benzodiazépines à de l'alcool

  • Une dépendance dans le cadre d'une polytoxicomanie: les benzodiazépines potentialisent l'effet euphorisant des opiacés, y compris de la méthadone. En outre, elles minimisent certains effets de la drogue vécus comme désagréables et permettent de supporter l'angoisse du manque en masquant certains signes de sevrage. D'ailleurs, il est fréquent que les toxicomanes s'injectent des filtrats de comprimés broyés.

Par ailleurs, on estime le risque de dépendance à 10% pour une prescription comprise entre trois mois et un an, et à 25-50% pour une prescription prolongée au-delà d'un an. toutefois, ces données concernant une population médicalisée et non l'ensemble de la population de référence.


Les manifestations de sevrage

Les manifestations de sevrage surviennent dans la journée ou les deux jours suivant l'arrêt du traitement ou après une simple diminution de posologie. Cependant, en ce qui concernent les molécules éliminées plus lentement, les symptômes de sevrage peuvent se manifester plus tardivement (entre trois et huit jours après le sevrage).
Les formes à élimination brève donnent en pratique des manifestations de dépendance plus marquées. Une dose élevée, une association et/ou un traitement prolongé augmentent aussi la probabilité de survenue et la sévérité des manifestations. La prise simultanée d'autres psychotropes (par exemple, de l'alcool ou des barbituriques) potentialise les manifestations.
lors du sevrage, la symptomatologie se traduit par des signes peu spécifiques et souvent mineurs comme:

  • Des troubles psychiques: anxiété, insomnies, troubles du caractère avec irritabilité, nervosité.
  • Des troubles neurologiques: incoordination motrice, pertes de l'équilibre, céphalées, vertiges.
  • Des troubles digestifs: nausées, anorexie, vomissements, douleurs abdominales.
  • Des troubles sensoriels: hypersensitivité avec parfois photophobie, troubles kinesthésiques.

La variabilité de cette symptomatologie peut faire diagnostiquer à tort diverses affections somatiques ou psychiatriques. Il faut donc veiller à ne pas confondre avec un delirium alcoolique, lequel survient plus précocement au sevrage. Il ne faut pas non plus confondre manifestations de sevrage et phénomènes de rebond avec une simple rechute anxieuse.
Enfin, il est important de rappeler que les signes attribués au sevrage peuvent s'observer spontanément dans la population avec une fréquence que certains estiment à 10%.


La prévention

On peut relever divers leviers de prévention:

  • L'information du patient.
  • Une réduction progressive de la posologie.
  • Une prise en charge psychologique adéquate.
  • La limitation de la durée du traitement.
  • L'interdiction des associations de benzodiazépines.

Malgré les risques de dépendances, une prescription des benzodiazépines à long terme reste indispensable dans les rares cas où l'état du patient le justifie. Il peut ne pas y avoir d'autre alternative, et il faut éviter à certains patients d'emprunter une voie presque spontanée qui les conduirait à chercher d'autres produits anxiolytiques, tels que l'alcool ou le cannabis.


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