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La définition de Autoérotisme


L'autoérotisme est une forme de manifestation de la pulsion sexuelle. La particularité étant que celle-ci ne se dirige pas vers d'autres personnes, ou plus généralement vers des objets extérieurs, mais se satisfait dans le corps propre de l'individu.


L'autoérotisme selon Freud

Le concept d'autoérotisme est repris par Freud à Havelock Ellis, qui l'avait introduit dans le vocabulaire scientifique en 1898. Mais, tandis que Havelock Ellis désignait par là une excitation surgissant à l'intérieur même du corps et non pas provoquée de l'extérieur, Freud considère que la question porte moins sur la genèse que sur l'objet de la pulsion sexuelle. L'expérience de la cure oblige à reconnaître l'existence d'une sexualité infantile (c'est même peut-être la thèse à la fois la plus connue et la plus critiquée de la psychanalyse, au moins à l'origine). Pourtant, les enfants ne peuvent vivre une sexualité comparable à celle des adultes, ils ne peuvent l'accomplir dans le cadre d'une relation d'amour et de désir. Il y aurait donc une contradiction si la sexualité de l'enfant n'était pas désignée comme autoérotisme.
Freud, dans les Trois Essais sur la théorie sexuelle (1905), montre comment les satisfactions érogènes s'étayent sur les fonctions du corps (par exemple, le plaisir buccal sur la nutrition, la tétée du sein maternel). Lorsque le sevrage intervient, et même avant, le suçotement se met en place comme activité autoérotique retournée sur le corps propre. À la limite, ce qui ici donnerait idée de ce qu'est l'autoérotisme, c'est la satisfaction des lèvres qui se baiseraient elles-mêmes plus encore que la succion du pouce ou de la tétine. Mais, par la suite, Freud a nuancé ce point de vue. Ainsi, l'analyse du petit Hans lui donne l'occasion de relever que « les enfants de trois à cinq ans sont capables d'un choix d'objet tout à fait perceptible et accompagné d'affects violents ». Cette remarque est une de celles qui peuvent fonder les recherches ultérieures.


L'autoérotisme selon Lacan

Jacques Lacan a également souligné qu'il y a des objets « dès le temps le plus précoce de la phase néonatale ». Si l'on peut cependant parler d'autoérotisme, c'est en se référant à la théorie freudienne d'un moi-plaisir qui commence par distinguer ce qui est bon pour lui avant même de savoir si ce qui est ainsi défini comme bon se retrouve dans la réalité. L'autoérotisme consiste alors en ceci « qu'il n'y aurait pas de surgissement des objets s'il n'y avait pas des objets bons pour moi ». Il semble indubitable que l'enfant n'attend pas la puberté pour former des « choix d'objet ». Pourtant, la théorie de l'autoérotisme a le mérite de nous apprendre que la sexualité ne se définit pas essentiellement comme activité finalisée, adaptée à une relation satisfaisante à un partenaire. Elle peut aussi bien se constituer sans rapport à un autre, auquel d'ailleurs l'individu n'est accordé par aucune harmonie préétablie.
Dans la suite de son œuvre (par exemple, dans l'Introduction à la psychanalyse, 1916), Freud eut tendance à confondre autoérotisme et narcissisme primaire. Nous voyons mieux aujourd'hui, depuis la thèse lacanienne du stade du miroir, comment les répartir. Alors que le narcissisme investit le corps dans sa totalité et prend pour objet l'image unifiante du corps, l'autoérotisme concerne, lui, des parties du corps ou les bords d'orifices corporels investis par la libido.


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