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La définition de Attention


L'attention correspond à l'orientation de l'activité par des buts. Elle a pour effet d'augmenter l'efficience des processus de prise d'information et d'exécution de l'action. L'activité est organisée par des buts, et ces buts orientent les traitements effectués dans le sens d'une meilleure sélectivité dans la prise d'information et d'une meilleure précision ou d'une rapidité plus grande dans l'exécution de l'action.
Par ailleurs, la tâche à réaliser peut comporter un seul but. On parle alors d'attention focalisée. Elle peut comporter aussi plusieurs buts. On parle dans ce cas d'attention partagée. Il se peut aussi que la tâche soit unique mais complexe. Dans ce cas, une régulation est nécessaire pour définir le meilleur équilibre entre la focalisation sur l'action et la focalisation sur la prise d'information. L'attention a alors une fonction de régulation de l'activité.


L'attention focalisée

L'attention focalisée concerne soit la prise d'information, soit l'exécution motrice. Dans le premier cas, elle permet d'effectuer une sélection de l'information utile à la tâche. Dans le second cas, elle permet une préparation à l'action.
Par ailleurs, l'organisme reçoit une grande quantité d'informations et serait submergé s'il n'y avait pas des mécanismes de filtrage. La sélection de l'information utile a été surtout étudiée dans des situations où l'information provient de plusieurs sources visuelles et auditives, et où la tâche à réaliser exige de ne traiter que l'information provenant de l'une des sources. Ainsi, on a pu mettre en évidence deux types de limitations dans le traitement de l'information:

  • Les limitations relatives à la saisie et à l'encodage de l'information utile: il s'agit, par exemple, du fractionnement de la présentation de l'information utile sur plusieurs canaux.

  • Les limitations relatives aux conditions d'élaboration de la réponse: il s'agit, par exemple, de la saturation de la mémoire de travail par le stockage des informations nécessaires à la réponse.

En ce qui concerne maintenant la préparation à l'action, elle présente deux aspects:

  • La préparation temporelle: il s'agit de la préparation à la date d'arrivée du stimulus pertinent pour la tâche. L'incertitude porte, non pas sur le stimulus lui-même, mais sur le moment de son apparition. Aussi, les questions qui ont été étudiées sont le temps nécessaire à l'installation d'une attitude préparatoire, le temps pendant lequel un état de préparation peut être maintenu efficacement, le rôle de la probabilité des différents délais possibles d'apparition et l'effet du dernier intervalle présenté. On a étudié principalement la latence de la réaction et les composantes psychophysiologiques de la préparation, notamment par l'étude des potentiels évoqués.

  • La préparation sélective au stimulus lui-même: l'incertitude porte non plus sur la date d'arrivée du stimulus mais sur le stimulus lui-même. Deux types de tâches sont utilisés: perceptives et motrices. Dans les tâches perceptives, on s'est essentiellement intéressé à l'effet d'une information préalable sur la composante utile du stimulus. On présente des stimulus multidimensionnels et on informe l'individu de la dimension dont il devra tenir compte pour la réponse. Dans les situations de temps de réaction, on a étudié surtout le rôle du nombre d'alternatives et de la probabilité de chacune des alternatives.

L'attention partagée

L'étude des situations à tâches multiples vise à savoir si l'on peut faire plusieurs choses en même temps. Plus précisément, il s'agit de savoir quelles choses on peut faire ou ne peut pas faire simultanément. Ainsi, on a mis en évidence l'existence d'un système à capacité limitée de traitement, faisant appel à la mémoire de travail: certaines opérations de traitement sollicitent ce système et donc ne peuvent être réalisées simultanément, tandis que d'autres ne le requièrent pas et mettent en oeuvre seulement des processus automatiques de récupération en mémoire à long terme. Les opérations qui font appel au système à capacité limitée sont, par exemple, l'identification d'un stimulus non familier présenté dans des conditions défavorables, le stockage en mémoire d'une information à rappeler ultérieurement pour réaliser la tâche, l'élaboration d'une réponse nouvelle, le contrôle de la précision d'un mouvement. En revanche, les opérations telles que l'encodage d'un stimulus familier présenté dans des conditions favorables, le déclenchement d'une réponse automatisée, ou le déroulement d'un programme moteur, ne font pas appel à ce système.
Par ailleurs, on peut distinguer deux types de préparation:

  • La préparation attentionnelle: elle se caractérise à la fois par un effet de facilitation (par rapport au traitement de l'information focale), par un effet d'inhibition (par rapport au traitement de l'information non focale) et par une préparation automatique, caractérisée par un effet de facilitation seulement. L'état de préparation engendré par des effets de fréquence ou par une attente intentionnelle est de nature attentionnelle. Aussi, la préparation attentionnelle est de nature sélective, c'est-à-dire qu'il y a inhibition des stimulus qui sont en dehors de l'état de préparation.

  • La préparation automatique: elle correspond à un amorçage consistant à présenter juste avant le stimulus un stimulus qui lui est lié. C'est une préparation non sélective, c'est-à-dire qu'elle n'a pas d'effet sur les stimulus auxquels l'individu n'est pas préparé.

Cette distinction a été reprise par Schneider et Shifrin qui ont montré que les processus attentionnels faisaient appel à la mémoire de travail, tandis que les processus automatiques font seulement appel à la mémoire à long terme.
La mémoire de travail fait partie du système de traitement à capacité limitée, de sorte que, si ce système est occupé à traiter un stimulus, les autres stimulus à traiter sont mis en attente, et s'ils ne sont pas traités dans un certain délai (quelques secondes), ils disparaissent de la mémoire de travail et ne sont donc pas traités du tout.


La charge mentale

La notion de charge mentale, ou de coût cognitif, est liée au fait que les opérations de traitement entrant dans une tâche donnée font plus ou moins largement appel à la mémoire de travail et au système à capacité limitée. Aussi, l'automatisation d'une activité diminue la charge mentale parce qu'une partie de plus en plus importante du traitement se fait par accès direct aux informations stockées en mémoire à long terme et ne fait plus appel à un stockage transitoire des informations en mémoire de travail.


L'attention conjointe

Il s'agit du regard porté sur ce que l'autre regarde. Ainsi, elle implique la présence d'au moins deux personnes qui portent intérêt à une même cible visuelle.
L'attention conjointe joue un rôle important dans le développement de la communication. En effet, elle permet de relier les deux sources d'intérêt que constituent l'environnement social et l'environnement physique : l'objet devient source d'intérêt en raison de l'attention que lui porte le partenaire ou, inversement, la personne devient attractive en raison de l'objet qui capte son attention.
Par ailleurs, l'attention conjointe peut être suscitée de façon ostensible avec un geste de pointage qui dirige le regard de l'autre. Aussi, ce geste de pointage peut avoir deux significations, qui correspondent à des niveaux de développement cognitifs différents:

  • Pointer peut correspondre à attirer l'attention sur un objet pour solliciter l'intervention de la personne et modifier la situation (par exemple, obtenir cet objet). Dans ce cas, le pointage est un proto-impératif.

  • Pointer peut aussi servir à attirer l'attention de la personne sur un objet et provoquer ainsi son intérêt, c'est-à-dire modifier son état mental antérieur. Le pointage est alors dit proto-démonstratif, pour sa fonction de désignation.

L'attention flottante

Il s'agit d'une règle technique à laquelle le psychanalyste tente de se conformer en ne privilégiant, dans son écoute, aucun des éléments particuliers du discours de l'analysant. L'attention flottante est la contrepartie de l'association libre proposée au patient. Dans Conseils aux médecins sur le traitement analytique (1912), Sigmund Freud décrit cette technique ainsi: « Nous ne devons attacher d'importance particulière à rien de ce que nous entendons et il convient que nous prêtions à tout la même attention flottante. » Il assigne également à l'inconscient de l'analyste de se comporter à l'égard de l'inconscient du patient « comme l'écouteur téléphonique à l'égard du microphone ». L'attention flottante suppose donc de la part du praticien la suppression momentanée de ses préjugés conscients et de ses défenses inconscientes.


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