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La définition de Association


L'association désigne la liaison établie par un individu entre deux éléments déterminés. En réalité, la notion d'association peut recevoir des sens très différents selon la nature des entités entre lesquelles l'association est supposée être établie. De fait, il est très important de distinguer les sens théoriques du sens descriptif.


Les conceptions anciennes de l'association

Historiquement, on a d'abord parlé d'association des idées. Cette expression recouvre deux notions:

  • La notion d'idée: elle est équivalente à celle d'événement ou d'état mental. En général, elles est sans restriction au domaine conceptuel.

  • La notion d'association proprement dite: elle recouvre de son côté deux hypothèses: d'une part, lorsqu'une idée est présente dans l'esprit d'un individu, elle engendre l'apparition d'autres idées bien déterminées, d'autre part, cette apparition dépend d'une liaison permanente qui existe chez l'individu entre la première idée et certaines autres.

Ces notions ont été utilisées dès l'antiquité. En effet, Aristote avait déjà énoncé trois principes de l'association des idées: la contiguïté, la ressemblance et le contraste.
Au XIXe siècle, la philosophie empiriste (notamment anglaise) et la psychologie introspectionniste ont accordé une grande place à la notion d'association et ont développé, sous sa première forme, l'associationnisme en tant que doctrine. Elles ont formulé des lois de l'association et ont présenté des lois secondaires: la primauté (temporelle), la récence, la fréquence et la vivacité.


La conception béhavioriste de l'association

Si le béhaviorisme a repris la notion d'association, il la dissociée de celle d'idée, bannie en raison de son caractère subjectif. Ainsi, dans ce nouvel associationnisme, l'association, aussi appelée liaison, lien, ou connexion, est établie par apprentissage, entre deux éléments observables, qu'il s'agisse d'un stimulus et d'une réponse (S R), de deux stimulus (S S), ou éventuellement de deux items (par exemple deux mots).
Par ailleurs, cette association est considérée comme plus ou moins forte et est donc quantifiable. Ainsi, c'est la force de l'association qui détermine les phénomènes observables. De fait, si plusieurs items, B, C, D, E..., sont liés par association à un item A, mais si la force associative de A-D est supérieure à celle de A-B, A-C, A-E, etc..., c'est D qui apparaîtra le plus souvent, le plus rapidement ou avec le plus de vigueur lorsque A sera présent. Cette conception est en accord avec de nombreux résultats expérimentaux et d'observations cliniques.
Aussi, certains auteurs ont jugé nécessaire d'adjoindre des caractéristiques qualitatives aux caractéristiques quantitatives. Ainsi, ils ont généralisé les anciennes catégories d'association par contiguïté, par ressemblance, par contraste et créé de nouvelles catégories. On parle alors d'associations étiquetées. Les théories qui utilisent ce type d'associations sont appelées néo-associationnistes. Elles jouent un rôle important dans le domaine de la mémoire.


L'association verbale

Une association verbale simple est définie par la situation suivante: on demande à une personne de « répondre à un mot par le premier mot qui lui vient à l'esprit ». On appelle inducteur le mot qui est présenté, et associé le mot qui est donné en réponse à celui-ci.
Aussi, on peut étendre ce schéma: on parle d'associations en chaîne si on demande à l'individu de répondre par une suite de mots. Du point de vue expérimental, cette situation est imparfaite puisque, après la première réponse, on ne peut savoir si les réponses ont pour inducteur le mot présenté en premier ou les réponses de l'individu elles-mêmes. Cependant, cette technique peut présenter un intérêt dans des conditions bien définies. Ainsi, on parle d'association contrôlée si la consigne précise que la réponse doit appartenir à une catégorie donnée, absolue ou relative à l'inducteur. Dans ce dernier cas, on retrouve la notion d'association étiquetée, qui en est le correspondant théorique.
Par ailleurs, on peut recueillir les associations verbales simples données par un ensemble d'individus après leur avoir proposé une liste déterminée de mots inducteurs. Ainsi, on établit des normes d'association qui, pour chaque mot inducteur, fournissent la réponse dominante, c'est-à-dire celle qui est donnée par le plus grand nombre de sujets. En outre, ces normes indiquent la fréquence de cette réponse, c'est-à-dire le pourcentage de personnes qui l'ont fournie dans l'ensemble considéré. Pour une population donnée, ces normes associatives sont relativement stables. Elles varient si on change de population.
La situation d'association verbale, libre, en chaîne ou sous forme de discours continu, est largement utilisée en psychologie clinique. Elle est une technique de base de la psychanalyse. Elle a été quelque peu systématisée par Carl Jung sous forme de test d'association verbale. Dans ce cas, on utilise des mots inducteurs standardisés, mais on vise une interprétation individuelle des réponses et de leurs latences. L'emploi, à titre de référence, des normes associatives est utile pour cet usage clinique.


La méthode de libre association

Il s'agit d'une technique psychanalytique, selon laquelle le patient doit exprimer, pendant la cure, tout ce qui lui vient à l'esprit sans aucune discrimination. La méthode de libre association fut proposée à Sigmund Freud, en 1892, au cours d'un traitement où l'une de ses patientes lui demanda expressément de cesser d'intervenir sur le cours de ses pensées et de la laisser parler librement.
Progressivement et jusqu'en 1898, où elle fut définitivement adoptée, cette méthode s'est substituée à l'ancienne méthode cathartique et elle est devenue dès lors la règle fondamentale de la cure psychanalytique, en d'autres termes, le moyen privilégié d'investigation de l'inconscient.
Ainsi, le patient doit exprimer toutes ses pensées, idées, images, émotions telles qu'elles se présentent à lui, sans sélection, sans restriction, même si ces matériaux lui apparaissent incohérents, impudiques, impertinents ou dépourvus d'intérêt. Ces associations peuvent être induites par un mot, un élément de rêve ou tout autre objet de pensée spontanée. Le respect de cette règle permet à des représentations inconscientes se surgir, en outre, elle actualise les mécanismes de résistance.


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