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La définition de Appareil psychique


En psychanalyse, l'appareil psychique est une figuration de la structure élémentaire et fondamentale qui formalise le lieu dans lequel se déroulent des processus inconscients. Le terme même d'appareil risque de provoquer la méprise car la présentation de départ de Sigmund Freud prend pour modèle une figuration neurophysiologique. Cette vision met en oeuvre le caractère foncièrement inadéquat de l'organisme à entériner désir et plaisir sexuels, sans troubler son fonctionnement. Ainsi, le caractère en apparence scientiste de ce modèle doit être d'autant plus écarté que Freud définit cette construction comme un lieu psychique, désignant à proprement parler le champ analytique même.


L'histoire de l'appareil psychique

C'est dans l'Interprétation des rêves (1900) que Freud présente un appareil psychique capable de rendre compte de l'inscription, entre perception et conscience, de traces mnésiques inconscientes. L'interprétation des rêves est entièrement tournée vers la découverte des règles qui régissent l'inconscient.
Dès septembre 1895, Freud produit une élaboration théorique dans l'Esquisse d'une psychologie, qui éclaire l'exposé abrégé de l'Interprétation des rêves et qui montre les conditions théoriques et cliniques de cette construction. Plus tard, Freud est revenu sur l'appareil psychique dans sa Note sur le bloc magique (1927). Mais c'est véritablement dans Au-delà du principe de plaisir (1920) que les processus inconscients sont développés dans leur fonction symbolique, car la construction de l'appareil psychique répond avant tout à la nécessaire mise en place de cette fonction. Puis, en 1923, un autre appareil a été produit dans le Moi et le Ça. Celui-ci réinsère le système perception-conscience dans sa corrélation aux moi, ça, surmoi, mais n'apporte rien de nouveau quant au processus inconscient.
Jacques Lacan a produit d'autres appareils. Bien qu'ayant été désignés du terme de schémas, ces derniers s'inscrivent dans cette même perspective. Ces schémas explicitent deux faits fondamentaux:

  • Le premier, par le schéma optique, situe la fonction libidinale du moi dans sa forme originelle, imaginaire. En outre, il centre la pulsion libidinale en grande partie sur cette fonction imaginaire.

  • Le second fait démontre la jonction du symbolique et de l'imaginaire dans leur rapport au réel, comme articulés par le discours de l'inconscient, liant ainsi le refoulement à la fonction du signifiant.

La signification de l'appareil psychique

Ces appareils ont été élaborés à partir de deux faits d'observation essentiels dans l'hystérie, et plus largement dans les névroses. Ces deux faits impliquent une première épure des notions de défense et de refoulement tels qu'ils sont à l'oeuvre dans le symptôme:

  • Si l'hystérique souffre de réminiscences, celles-ci sont constituées de vécus sexuels de nature traumatique liée au caractère prématuré. Ce constat rend compte de l'aspect inassimilable de toute expérience sexuelle première dans sa corrélation au désir. Cet inassimilable est un fait de structure.

  • Dans l'opération de défense qui en résulte, la représentation est séparée de l'affect. Cette déliaison entraîne pour ces deux éléments un destin différent. Il s'agit de la possibilité pour la représentation de s'inscrire comme trace mnésique et donc de pouvoir être refoulée alors que l'affect ne peut l'être en aucun cas. Cependant, l'affect étant libre, il va s'attacher à d'autres représentations ou traces mnésiques et produire des effets erratiques du symptôme.

Néanmoins, cette description n'explique pas la cause d'un tel processus. Dans l'Esquisse d'une psychologie, Freud observe que l'appareil psychique est sous la domination du principe du plaisir, qui se définit par une diminution de l'excitation. Le désir, au contraire, engendre une augmentation de l'excitation. Cette antinomie structurale du désir et du plaisir révèle la fonction de la défense, c'est-à-dire assurer la pérennité de moindre excitation, donc du plaisir.
Les systèmes évoqués dans l'Esquisse d'une psychologie et l'Interprétation des rêves assurent l'inscription des traces mnésiques, tout en obéissant à l'instance plaisir-déplaisir. Ces systèmes en réseaux seraient menacés dans leur fonction par une élévation excessive d'excitation, suscitée par le désir, s'il ne leur appartenait pas un système de régulation permettant de tempérer, voire de refouler les désirs. De fait, n'étant pas en mesure d'assumer pleinement les excitations reçues, le système est largement tourné contre le désir, définissant ainsi la fonction de la défense contrôlée par le je. Celui-ci inhibe l'excitation et veille à ce que l'investissement d'une image de souvenir désagréable, ou trop agréable, ou non conforme, soit inhibé. Or, cette image de souvenir est précisément une trace mnésique laissée par une expérience primordiale de plaisir ou de déplaisir.


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