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La définition de Anxiolytique


Un anxiolytique est un médicament qui traite l'anxiété. L'anxiété est un syndrome retrouvé dans différentes pathologies et sensible à de nombreux composés.


Les anxiolytiques et les sédatifs

En pratique, il s'avère difficile de séparer l'anxiolyse de la sédation, ou de la réduction de l'activité de certaines fonctions physiologiques, comme la vigilance. La majorité des anxiolytiques appartiennent à la vaste catégorie des psycholeptiques (ou sédatifs). On les situe dans le sous-groupe des tranquillisants mineurs et sédatifs classiques. Par ailleurs, les tranquillisants se définissent par comparaison avec les autres composés de la famille des psycholeptiques. Ainsi, sur le plan pharmacologique, ils ne sont ni des hypnotiques, ni des neuroleptiques, ni des régulateurs de l'humeur.


L'histoire des anxiolytiques

Historiquement, la découverte de substances neuroleptiques douées de propriétés sédatives sans effet hypnotique prédominant, a fondé la classe des tranquillisants. Ces derniers peuvent avoir des effets antipsychotiques ou neuroleptiques, et sont appelés tranquillisants majeurs, antipsychotiques, ou encore neuroleptiques.
À l'opposé, il existe des tranquillisants mineurs qui ont un effet symptomatique sans modifier profondément le cours de la maladie ni induire d'effets secondaires neurologiques de type extrapyramidal. Par ailleurs, ils correspondent à un ensemble beaucoup plus hétérogène sur le plan pharmacologique.


La classification des tranquillisants

Il existe différentes sortes de tranquillisants mineurs:

  • Les dérivés des hypnotiques: ces composés ont un effet sédatif. Ils altèrent la vigilance et ne sont pas dénués d'action hypnotique.

  • Les tranquillisants à effets neurovégétatifs prédominants: cette classe regroupe des antagonistes des systèmes sympathique et parasympathique. Ainsi, l'hydergine, substance antiadrénergique constituée d'alcaloïdes de l'ergot de seigle, est indiquée dans certains troubles anxieux à expression neurovégétative. Des médicaments traditionnels (la belladone, les atropiniques, les dérivés de l'ergotamine) ont le même type d'action.

  • Les antihistaminiques: ils comprennent les dérivés du benzhydrol et les phénothiazines. Certains de ces composés se situent à la frontière entre tranquillisants et neuroleptiques.

  • Les tranquillisants myorelaxants: cette catégorie regroupe les substances les plus largement usitées et les plus originales. Ainsi, on retrouve les benzodiazépines, le méprobamate, le chlordiazépoxide, l'opipramol.

  • Les composés de transition: ces substances se situent entre les antidépresseurs et les neuroleptiques. En effet, certains tranquillisants possèdent des propriétés antidépressives, insuffisantes pour les classer sans réserve parmi les antidépresseurs. En dehors de ces différents tranquillisants, des substances appartenant à diverses classes thérapeutiques possèdent des propriétés anxiolytiques, parfois selon les doses employées. C'est le cas de certains neuroleptiques à faible dose et des antidépresseurs à effets latéraux anxiolytiques. On peut également citer les bêtabloquants, particulièrement efficaces sur les signes physiologiques de l'anxiété.

Le rôle des tranquillisants dans l'anxiété et la névrose d'angoisse

Les tranquillisants sont avant tout utilisés pour réduire l'anxiété. On tend à distinguer plusieurs types d'anxiété.
L'anxiété généralisée n'est pas structurée en phobies ou en troubles obsessionnels-compulsifs. Elle n'évolue pas sous la forme d'une succession d'attaques de panique. Elle se caractérise par une tension motrice, une hyperactivité du système nerveux autonome, une attente anxieuse et une hypervigilance évoluant de façon durable. L'ensemble des tranquillisants, et en particulier les benzodiazépines classiques, se montrent efficaces sur ce type d'anxiété.
Au contraire, les troubles paniques consistent en de véritables attaques d'anxiété aiguë, de durée limitée, qui ne sont pas seulement des réactions à des stimulus redoutés par le patient. Les benzodiazépines classiques sont peu efficaces sur ces manifestations, qui sont plus sensibles l'alprazolam. Mais ces troubles paniques répondent également à des agents antidépresseurs considérés comme non sédatifs tels que les I.M.A.O. (inhibiteurs de la monoamine-oxydase) et les tricycliques (imipramine), ce qui remet en cause la conception traditionnelle des anxiolytiques. La pharmacologie a contribué à mettre en lumière l'hétérogénéité du concept d'anxiété.


Le rôle des tranquillisants dans d'autres troubles

Les tranquillisants peuvent aussi être indiqués pour divers troubles, tels que les accès confuso-oniriques des alcooliques en sevrage (le delirium tremens), les névroses structurées (la phobie, l'hypocondrie, etc...), l'insomnie, les terreurs nocturnes, l'instabilité motrice, les troubles du comportement chez l'enfant, ou les psychoses.


Les précautions relatives aux anxiolytiques

Sans énumérer toutes les contre-indications des tranquillisants, il est possible de relever quelques points essentiels:

  • Le risque d'une dépendance psychologique et physiologique: l'emploi des tranquillisants à visée anxiolytique, parfois considérés comme des médicaments de confort, déclenche des réactions de sevrage à l'arrêt du traitement.

  • Une baisse de la vigilance: elle peut gêner des activités psychomotrices complexes et dangereuses comme la conduite automobile. Cette baisse de la vigilance est potentialisée par l'alcool. Elle est plus fréquente chez la personne âgée.

  • La décompensation d'une insuffisance respiratoire: les anxiolytiques sont généralement contre-indiqués en cas de myasthénie et dans les premiers mois de la grossesse.

Par ailleurs, la découverte de nouvelles molécules apportant une meilleure réponse thérapeutique, représente l'un des enjeux de la recherche sur l'anxiété.


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