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La définition de Anxiété


L'anxiété désigne un état émotionnel de tension nerveuse, de peur, mal différencié, et souvent chronique.


La différence entre la peur et l'anxiété

On appelle plutôt peur un état dont l'objet est bien connu de la personne, c'est-à-dire un état qui a un contenu émotionnel et représentatif de son objet. Par contraste avec ces situations, on réserve généralement le mot anxiété aux cas où l'objet est mal différencié cognitivement. Mais on peut aussi l'appliquer à des peurs intenses ou répétitives, chroniques et, finalement, pathologiques.


La différence entre l'anxiété-état et l'anxiété-trait

La notion d'anxiété-état, comme son nom l'indique, correspond à un état passager, qui peut survenir chez tout individu. Par contraste, l'anxiété-trait est une caractéristique individuelle, apparemment innée, qui se manifeste de deux façons:

  • La prédisposition à éprouver des états de peur en présence de stimulus qui, pour d'autres individus, sont moins fortement anxiogènes, voire pas anxiogènes du tout.
  • La prédisposition à développer des peurs conditionnelles à l'égard de stimulus qui ne sont pas par eux-mêmes directement anxiogènes.

Un niveau élevé d'anxiété-trait est réputé avoir un caractère pathologique.


L'anxiété en psychiatrie

En psychiatrie, l'anxiété correspond à un état de non-quiétude dans lequel prédomine l'appréhension d'une situation qui, bien que généralement indéterminée, pourrait s'avérer désagréable, voire dangereuse.
Pour Pierre Pichot (1987), « l'anxiété (ou l'angoisse) est un état émotionnel fait sur le plan phénoménologique de trois éléments fondamentaux: la perception d'un danger imminent, une attitude d'attente devant ce danger et un sentiment de désorganisation lié à la conscience d'une impuissance totale en face de ce danger ». En outre, l'anxiété peut s'accompagner de tension musculaire, d'inhibition motrice et surtout de manifestations neurovégétatives. Parmi celles-ci, les plus courantes sont:

  • Des palpitations ou de la tachycardie où le pouls et la respiration s'accélèrent bien que l'individu soit au repos.
  • Des sensations vertigineuses ou d'étourdissement.
  • Des bouffées de chaleur ou de froid ou une sudation excessive, accompagnées d'accès de rougeur et de pâleur et d'une sécheresse de la bouche.
  • Des nausées.
  • Une boule dans la gorge ou une gêne au creux de l'estomac.
  • De la diarrhée ou un besoin fréquent d'uriner.

De nombreuses réactions anxieuses occasionnées par des facteurs de stress (par exemple la présence d'un danger imminent et réel, une situation d'examen, un deuil, la maladie d'un proche, etc...) restent normales. Elles pourraient même avoir un rôle protecteur en inhibant une action intempestive de la personne. A l'instar les réactions de peur, elles se dissipent lorsque le facteur de stress ou le danger perçu ont disparu.
Mais l'anxiété se caractérise généralement par sa manifestation sans raison valable et constitue un lourd handicap.


L'anxiété pathologique

Dans l'anxiété pathologique, les symptômes décrits ci-dessus sont exacerbées et peuvent prendre un caractère plus durable. L'anxiété pathologique a également des composantes comportementales, inhibant l'action de la personne ou l'incitant à éviter de nombreuses situations; et des composantes cognitives, l'amenant à sous-estimer ses capacités réelles, si bien qu'elle est souvent en rapport avec des affects dépressifs.
D'ailleurs, les troubles anxieux restent au premier plan des névroses. Aussi, les recherches biochimiques et les traitements comportementaux (notamment la relaxation) permettent d'aborder ces troubles dans une optique plus biologique. L'anxiété est ainsi soumise non seulement à l'influence de facteurs extérieurs, mais également à celle de prédispositions internes, psychophysiologiques, qui se manifestent avec plus ou moins d'intensité selon les individus.
Mais en psychologie, l'anxiété se présente également comme un trait de personnalité. Aussi, elle est mise en évidence dans de nombreux questionnaires. D'ailleurs, certains de ces questionnaires permettent de faire une distinction très utile entre une anxiété permanente et une anxiété d'intensité variable.


L'anxiété et les différences individuelles

Les différences individuelles dans une disposition personnelle relativement générale et relativement stable à éprouver de l'anxiété ont fait l'objet d'un grand nombre de recherches. Celles-ci ont donné lieu à la construction de plusieurs outils d'évaluation. Aussi, l'évaluation de l'anxiété-trait doit être distinguée de l'évaluation de l'anxiété-état.
Par ailleurs, bien que l'évaluation de l'anxiété puisse utiliser des mesures physiologiques, comportementales, ou des tests de personnalité, le plus souvent, ce sont des questionnaires spécifiques qui sont utilisés. Jordan Taylor a proposé une échelle d'anxiété manifeste (Manifest Anxiety Scale ou MAS) composée d'items empruntés au Minnesota Multiphasic Personality Inventory. Ainsi, dans ce test, l'individu se décrit à l'égard de sentiments d'insécurité, de manque de confiance ou de certains symptômes physiologiques. Les recherches réalisées à l'aide de cet instrument peuvent conduire à considérer les différences individuelles d'anxiété comme explicables par une tendance acquise.
Dans la même orientation, des questionnaires d'anxiété ont été proposés pour des situations spécifiques, telles que les examens par tests, les situations sociales, les situations scolaires, etc... Raymond Cattell a mis au point un questionnaire d'anxiété de 40 items fournissant une note générale d'anxiété et deux notes correspondant respectivement à l'anxiété manifeste et à l'anxiété voilée. Ce questionnaire conduit à considérer l'anxiété comme un facteur de second ordre, auquel contribuent cinq facteurs primaires de personnalité dont l'importance relative peut varier d'un individu à un autre:

  • Structures caractérielles socialement approuvées
  • Faiblesse du moi
  • Sentiment d'insécurité sociale
  • Pression du surmoi
  • Forces pulsionnelles du ça


Hans Eysenck, lui, considère que le facteur d'anxiété se ramène à une combinaison de deux des facteurs fondamentaux: le névrosisme et l'introversion.


Le questionnaire d'anxiété

Il s'agit d'un ensemble de questions élaborées systématiquement et posées dans un ordre toujours identique à des individus, dans le but d'apprécier et d'évaluer leur anxiété. Les questionnaires sont utilisés en psychopathologie quantitative depuis les années 1970. Ce sont des instruments d'auto-évaluation que Pierre Pichot tient à distinguer nettement des échelles d'évaluation qui sont, elles, des instruments d'hétéro-évaluation.
Parmi les questionnaires d'anxiété, certains restent assez généraux, incluant plusieurs éléments psychopathologiques. D'autres questionnaires sont plus centrés sur l'anxiété et ses diverses manifestations. Enfin, certains questionnaires sont centrés sur un symptôme précis. Toutefois, tous ces questionnaires n'ont qu'un intérêt relatif pour le clinicien, qui préfère généralement des échelles d'hétéro-évaluation. En effet, les questionnaires d'auto-évaluation sont à la fois trop sensibles et peu discriminants, et leurs résultats sont le plus souvent mal corrélés avec ceux que fournissent des échelles d'hétéro-évaluation, beaucoup plus sûres et objectives.


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