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La définition de Antidépresseur


Un antidépresseur est une substance qui a la capacité d’inverser l’humeur du déprimé.


Les traitements de la dépression avant les antidépresseurs

Pendant longtemps, on n’a disposé pour traiter les états dépressifs que de la morphine, amenant une sédation de la souffrance du patient en attendant la fin spontanée de l’épisode. En effet, la dépression, contrairement à d’autres syndromes psychiatriques, est caractérisée par une évolution naturelle vers la rémission. Cependant, cette évolution spontanée peut durer plusieurs années et le risque suicidaire reste très élevé. Aussi le recours, avant la Seconde Guerre mondiale, aux méthodes de choc, et en particulier au choc électrique (électrochoc ou sismothérapie), a transformé le pronostic des dépressions. On disposait alors d’un traitement actif sur le trouble de l’humeur proprement dit.
Grâce à l’anesthésie générale et aux curarisants d’action rapide, l’électrochoc est devenu le traitement le plus efficace et, sans doute, le moins dangereux des états dépressifs. Malheureusement, son effet n’est pas durable et la poursuite à titre préventif de séances électrochocs dites d’entretien, à un rythme généralement mensuel, est trop contraignante pour la majorité des déprimés.


Les antidépresseurs tricycliques

Ce sont des dérivés de l’imipramine. Parmi ces antidépresseur, on trouve:

  • Les tricycliques: ils diffèrent entre eux par la structure de leur chaîne latérale. Certains sont très proches de l’imipramine, comme la désipramine et la clomipramine.

  • Les dibenzo-cycloheptadiènes: on trouve dans ce groupe l’amitriptyline, qui associe des propriétés sédatives à une activité antidépressive égale à celle de l’imipramine. Certains composés de cette famille (nortriptyline, protriptyline) ont une action antidépressive moins puissante.

  • Les dibenzoxépines: dans ce groupe, la doxépine possède des propriétés anxiolytiques à faible dose et des propriétés antidépressives à dose plus élevée.

  • Les dibenzépines: la dibenzépine est également tranquillisante à faible dose et antidépressive à dose élevée.

  • Les dibenzo-oxazépines: l’amoxapine appartient à cette famille qui comprend aussi un neuroleptique, la loxapine. Employée dans les mêmes indications que les tricycliques, avec les mêmes effets secondaires, l’amoxapine a pu entraîner certains effets extrapyramidaux de type neuroleptique.

  • L'amineptine: c'est un composé tricyclique original par son effet sélectif sur la dopamine. L’amineptine exerce un effet stimulant rappelant celui des I.M.A.O. (inhibiteurs de la monoamine-oxydase). Par ailleurs, elle n’entraîne pas comme l’imipramine d’effets secondaires gênants à type d’hypotension artérielle et de sécheresse des muqueuses.

  • Les composés tétracycliques: le modèle de ces substances apparentées aux tricycliques reste la maprotiline, dérivée d’un tranquillisant mais douée de propriétés antidépressives authentiques. Ce groupe comporte également la miansérine, douée d’un effet sur les récepteurs neuronaux présynaptiques régulant le flux de noradrénaline.

Les inhibiteurs de la monoamine-oxydase (I.M.A.O.)

Les I.M.A.O. sont moins souvent utilisés que les tricycliques. La surveillance clinique nécessaire, le nombre élevé d’associations médicamenteuses contre-indiquées et la lenteur de leur élimination expliquent la prudence des cliniciens.
Néanmoins, les I.M.A.O. dits réversibles et compétitifs, n’entraînent pas les effets secondaires des IMAO classiques en cas d’interaction avec des médicaments ou des aliments potentiellement dangereux. Leur efficacité ne serait cependant pas comparable à celle des I.M.A.O. traditionnels.


Les antidépresseurs non tricycliques et non IMAO

Ce groupe comprend un ensemble hétérogène d’antidépresseurs ayant donné la preuve de leur efficacité. S'ils ne sont pas plus efficaces que les imipraminiques et que l’électronarcose, ils sont généralement mieux tolérés. Leur mécanisme d’action monoaminergique est en règle plus spécifique que celui des premiers antidépresseurs.


Les effets des antidépresseurs sur l'humeur

Les antidépresseurs ont une action thymoanaleptique,. Ils redressent l’humeur dépressive. Dépassant leur but, ils peuvent entraîner une inversion de l’humeur, qui devient euphorique. Cette capacité à induire des virages thymiques les distingue d’autres psychotropes pouvant soulager le déprimé sans être de vrais antidépresseurs (par exemple, les tranquillisants).
L’inversion de l’humeur se produit après un délai de dix à quinze jours, parfois plus, et cela quel que soit le type de composé ou de traitement.


L'action neurologique des antidépresseurs

Chez l’homme, les antidépresseurs réduisent l’akinésie induite par les neuroleptiques ou causée par la maladie de Parkinson. ils peuvent entraîner un tremblement et une dysarthrie (une difficulté à parler), généralement discrets. Ils agissent sur le système neurovégétatif, entraînant une hypotension orthostatique (une chute de la pression artérielle lorsque la personne se lève), plus rarement des bouffées de chaleur et des sueurs. On peut également observer des effets atropiniques, ou anticholinergiques, c'est-à-dire une sécheresse de la bouche, une constipation, une vision floue et surtout un risque de glaucome ou de rétention urinaire chez les individus prédisposés.
À forte dose (par exemple, une tentative de suicide), les antidépresseurs peuvent induire des crises épileptiques.


L'usage d'antidépresseurs en dehors de la dépression

Si les antidépresseurs peuvent être également utilisés dans d’autres indications. On a d’ailleurs critiqué le terme même d’antidépresseur, qui qualifie des substances très différentes. Ces substances ont peut-être, en dehors du champ de la dépression, des propriétés que l’on risque de méconnaître en les désignant par un seul de leurs effets. Les antidépresseurs ont été utilisés pour différents troubles:

  • La schizophrénie: lorsque le tableau de schizophrénie est dominé par l’athymormie (un déficit de l’humeur et une perte de l’élan vital), les neuroleptiques s’avèrent moins efficaces. On tente alors de les associer à un antidépresseur non sédatif.

  • Les syndromes paranoïaques: associés ou non aux neuroleptiques, les antidépresseurs à faible dose se sont montrés efficaces lorsque les patients apparaissent déprimés, enfermés dans des comportements masochistes et pessimistes. On peut en rapprocher le délire de relation de Ernst Kretschmer (l'individu rapporte à lui-même, dans un sens persécutoire, le comportement de son entourage). En effet, les tricycliques sont utilisés à doses moyennes, associés à un neuroleptique en cas de réaction hypersthénique.

  • Certaines névroses: les organisations névrotiques dominées par la psychasthénie (caractérisée par la fatigue, l’indécision et les difficultés de concentration) sont sensibles aux I.M.A.O. et à certains antidépresseurs stimulants. De même, les anciennes névroses obsessionnelles, désormais appelés troubles obsessionnels-compulsifs, s’améliorent avec des doses élevées de clomipramine. La clomipramine inhibe préférentiellement la recapture de la sérotonine, neuromédiateur en jeu dans la pathologie obsessionnelle. Les nouveaux antidépresseurs, sérotoninergiques purs, revendiquent la même efficacité.

  • Les états hypocondriaques: ces tableaux recouvrent souvent des états dépressifs masqués par les plaintes somatiques incessantes des patients. Ils sont alors sensibles aux antidépresseurs.

  • Les états anxieux: c’est surtout dans les attaques de panique (caractérisés par la répétition d’épisodes aigus d’angoisse) que les antidépresseurs se sont révélés plus efficaces que les tranquillisants benzodiazépiniques classiques. Les composés utilisés (I.M.A.O., imipramine) sont paradoxalement des antidépresseurs stimulants, ce qui a contribué à différencier les attaques de panique des autres troubles anxieux, sensibles aux substances traditionnellement sédatives et anxiolytiques.

  • Certains troubles alimentaires: les boulimies répondent parfois aux antidépresseurs, en dehors même de tout syndrome dépressif. Aussi, le type d’aliment consommé semble important à déterminer. En effet, lorsque les patientes consomment des aliments sucrés, on a plutôt recours aux antidépresseurs sérotoninergiques (fluvoxamine, trazodone, fluoxétine) car ils tendent à réguler la consommation de glucides. En revanche, dans les boulimies salées, on utilise plutôt les antidépresseurs noradrénergiques (maprotiline).

  • D'autres pathologies: certaines pathologies, liées ou non à la dépression, ont pu bénéficier de la chimiothérapie antidépressive. Il s’agit de la douleur chronique, du syndrome subjectif des traumatisés du crâne, du sevrage de l’alcool ou des opiacés, de l’énurésie chez l’enfant, de la narcolepsie, etc...

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