Accueil > Dictionnaire > Les termes psychologiques commençant par A > La définition de anorexie mentale


La définition de Anorexie mentale


L'anorexie mentale est un trouble de la conduite alimentaire. Elle se caractérise par un refus plus ou moins systématisé de s'alimenter, intervenant comme mode de réponse à des conflits psychiques.


L'histoire de ce trouble

L'anorexie mentale survient le plus souvent chez une adolescente qui présente une aménorrhée et une hyperactivité associées à des changements du caractère ainsi que des troubles de la perception de son corps.
Les conduites anorexiques ont été décrites dès le XIe siècle, mais le terme d'anorexie mentale a été proposé par Henri Huchard, en 1883. Dès cette époque, l'anorexie était rattachée aux troubles mentaux tels que l'hystérie ou la névrose obsessionnelle. Par la suite, elle fut attribuée à une insuffisance hypophysaire (cachexie hypophysaire) par les endocrinologues. Cependant, depuis la Seconde Guerre mondiale, les progrès de la neuroendocrinologie ont démontré l'origine fonctionnelle des troubles endocriniens de l'anorexie, confirmant son origine psychique.


Les symptômes physiques de l'anorexie mentale

Les travaux psychopathologiques sont très nombreux et parfois divergents, mais la définition du syndrome anorexique est bien établie. L'âge de début se situe avant 25 ans chez une adolescente qui justifie un régime alimentaire par un discret embonpoint. Selon Philippe Jeammet, il s'agit d'une « conduite active de restriction alimentaire avec lutte contre la faim » . En outre, des accès boulimiques, un intérêt particulier pour la nourriture, des rites alimentaires, des vomissements et la prise de laxatifs et de diurétiques, peuvent être associé à ce trouble. L'amaigrissement, souvent spectaculaire, atteint ou dépasse 25% du poids initial. L'aspect physique est particulier, avec effacement des formes féminines et fonte musculaire prédominant aux membres, qui sont décharnés. L'aménorrhée est liée aux troubles fonctionnels de l'axe hypothalamo-hypophysaire et elle coïncide généralement avec l'apparition de l'anorexie.
Par ailleurs, la particularité de ce trouble est la méconnaissance par la malade de sa maigreur, son absence d'inquiétude pour son état de santé. Au contraire, elle est heureuse de sa maigreur et de pouvoir exercer une totale emprise sur la forme de son corps. Elle persiste à se trouver trop grosse et se livre à d'incessantes vérifications, en particulier de son tour de cuisse. Elle tente de maîtriser son poids par des exercices violents, traduisant ainsi sa méconnaissance de la fatigue, et la recherche de l'ascèse.


Les caractéristiques mentales de ce trouble

Le sommeil de l'anorexique est perturbé, écourté, comme si elle ne s'autorisait pas à se détendre. De même, la sexualité est refoulée massivement par défaut d'investissement érogène du corps. L'investissement intellectuel semble brillant, mais la peur de l'anorexique concernant sa réalité psychique interne entraîne un refuge dans le conformisme, ce qui induit un manque d'imagination nécessaire à la créativité.
Les secteurs professionnels les plus investis sont les professions médicales et paramédicales, ou faisant appel à une esthétique (dessin, danse, gymnastique).


L'évolution de la maladie

Les répercussions somatiques de l'anorexie, en particulier les troubles hydroélectrolytiques et gastriques et les dégâts dentaires, rend cette affection toujours grave. La mort peut survenir par dénutrition, à la suite de troubles de la conduction cardiaque ou lors d'une réanimation orale trop brutale. Le suicide est rare mais peut se produire après une période d'accès boulimiques.
Par ailleurs, les rechutes sont fréquentes et la normalisation du poids n'est pas une preuve de guérison. Les règles réapparaissent tardivement. Des symptômes psychiatriques émaillent l'évolution de l'anorexie. Ainsi, on peut retrouver des phobies, des obsessions, des accès de dépersonnalisation, des états dépressifs, des troubles des conduites (toxicomanie, alcoolisme). Parfois, on assiste à une véritable psychotisation.


L'étiologie et le traitement de l'anorexie mentale

Le problème de l'étiologie de cette affection reste entier. Les études psychopathologiques ont cherché à travers les psychothérapies d'anorexiques à retrouver la structuration de la personnalité. Hilde Bruch considère que le trouble fondamental et spécifique est un trouble de l'image du corps, lequel résulterait de perturbations de la perception intéroceptive (sensations, besoins du corps). Globalement les études placent la problématique de l'identité au cœur de l'anorexie.
L'hospitalisation avec réalimentation prudente, si possible par voie orale, par une équipe de soignants fixes, permet de nouer une relation plus confiante et de réaliser l'isolement, qui est considéré depuis Jean-Martin Charcot et Charles Lasègue comme le meilleur traitement symptomatique. Elle va de pair avec le contrat qui porte sur le poids à partir duquel la sortie pourra être envisagée. Ce contrat doit être respecté par les soignants et la famille. Il permet à la patiente d'intégrer son agressivité et de tester la fiabilité des thérapeutes.
Une action auprès des parents est toujours souhaitable et fait même l'essentiel du traitement pour les thérapeutes familiaux systémiques. D'autres spécialiste ont recours les thérapies comportementales.


Autres termes psychologiques :