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Le conditionnement (répondant) de l'homme


Après avoir pris connaissance des travaux de Y.P. Pavlov sur le conditionnement répondant chez les animaux, J.B. Watson (le fondateur du behaviorisme) considère que ces études expérimentales du conditionnement fournissent la clé de l'analyse des apprentissages humains. En effet, pour lui, le réflexe conditionné est le principe de base de toute acquisition chez l'homme.

Ainsi, selon Watson, sur la base de relations comportementales primaires, viennent s'ajouter de nouvelles organisations de type stimulus ---> réponse, et ce schéma s'applique à tous types de stimuli, qu'ils soient émotionnels, verbaux...


Quelques exemples de conditionnement humain

Expérience de conditionnement de la peur du rat, réalisée par J.B. Watson et R. Rayner. La réaction du petit Albert en présence d'un rat, avant et après conditionnement. Avant d'être conditionné, l'enfant n'a pas peur du rat. En revanche, après le conditionnement, le bébé manifeste sa peur en pleurant, en tremblant en voyant le rat.Une expérience a été réalisée en 1920 (et dont la moralité est contestée aujourd'hui) par Watson et R. Rayner. Pour montrer que les peurs sont conditionnées, ces behavioristes ont instauré la peur des rats chez un enfant de 11 mois, prénommé Albert. Cette expérience se déroule en trois temps:

  • Avant l'expérience, Albert était un enfant plutôt calme, qui pleurait rarement. Un jour, Watson et Rayner lui ont donné un rat blanc pour qu'il s'amuse avec. Et en effet, Albert semblait ravis et ne manifestait aucune réaction de peur.

  • Ainsi, après s'être assurés que le petit Albert ne craignait pas les rats, Watson et Rayner lui ont à nouveau présenté à plusieurs reprises un rat, mais au moment où l'enfant allait le saisir, les expérimentateurs frappaient à coup de marteau une barre de fer, ce qui produisait un bruit violent. Surpris, Albert sursautait et tombait à la renverse.

  • Puis, Albert a commencé à pleurer et à trembler à la seule vue du rat. Ainsi, le rat qui avait été un stimulus neutre était devenu un stimulus conditionnel déclenchant la peur. En outre, la peur des rats du nourrisson s'est généralisée à d'autres objets poilus et blancs tels que des lapins blancs, la barbe du Père Noël, le coton...


Un autre exemple, porte sur l'apprentissage du langage. Par exemple, si l'on présente plusieurs fois le biberon à un bébé en prononçant le mot "bibi", le nourrisson va finir par réagir de la même façon en entendant le mot "bibi", qu'en voyant le biberon. Cette réaction signifie pour Watson que l'enfant a compris la signification du mot "bibi".


Les perspectives d'application du conditionnement

Pour Watson, les hommes ont tous le même potentiel à la naissance et ce sont les différences du milieu dans lequel ils évoluent qui les façonne différemment et développe des personnalités uniques.

Bien que cette idée selon laquelle "nous sommes le fruit d'un conditionnement" paraisse plutôt pessimiste, pour les behavioristes cette position ouvre des perspectives éducatives et thérapeutiques prometteuses.
En effet, puisque nous dépendons uniquement de notre environnement, en réorganisant cet environnement, il est possible de modeler les individus et notamment les enfants. Ce réarrangement du milieu permettrait alors de modifier les comportements inappropriés en utilisant les méthodes de déconditionnement-reconditionnment. Cela permettrait également d'éviter la formation de mauvaises habitudes ou encore de développer une personnalité équilibrée.



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