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Décembre 2012(Mise à jour: Mai 2014)

La gestuelle et la parole...


Parler avec les main n'est pas si anodin. La gestuelle intervient dans le langage pour appuyer nos paroles ou faciliter la production de celles-ci.Quotidiennement et sans même nous en rendre compte, nous avons recours aux gestes pour s'exprimer plus facilement et mieux se faire comprendre, pour faciliter la verbalisation de certaines pensées que ce soit au cours d'une conversation téléphonique ou en face à face, pour trouver un mot que l'on a sur le bout de la langue, pour calculer, etc...
Aussi, l'omniprésence d'une telle gestuelle soulève la question de son rôle dans la parole.


Alors, à quoi servent les gestes dans le langage?

Les mouvements spontanés d'un orateur sont considérés comme une véritable aide à la communication. En effet, ils sont en quelque sorte une interface entre la pensée et la parole. Plus précisément, les gestes ne sont régis par aucune grammaire et sont exécutés instantanément, précédant ainsi la production de la parole.
De fait, il est plus facile de comprendre que la gestuelle puisse jouer un rôle déterminant dans l'expression verbale. Voici les principaux intérêts de ce langage corporel:

  • Cela permet d'amplifier un discours ou de préciser une description, notamment lorsque l'on explique un itinéraire. En effet, entre la visualisation du chemin à parcourir et la formulation verbale de ce parcours, un lourd traitement mental doit se mettre un œuvre. Aussi, pour alléger ce processus cognitif et mobiliser moins de ressources, les gestes jouent ici un rôle de relais: ils permettent de traduire d'abord l'image mentale de l'itinéraire en gestes, puis de traduire ces gestes en mots.

  • Cela peut aider à calculer. En effet, des études ont montré que les élèves résolvent mieux des exercices de calcul relativement complexes lorsque les consignes sont complétées par des mouvements de la main signalant une soustraction, une addition...

  • Cela peut résoudre des blocages linguistiques, notamment celui du "mot sur le bout de la langue". Ce phénomène s'expliquerait par une saturation de la mémoire de travail (elle permet de maintenir brièvement en mémoire une petite quantité d'informations, le temps de la traiter, c'est-à-dire de la verbaliser, de la mémoriser, de la comparer, etc...).
    Les gestes réussissent généralement à lever ce blocage car ils allégeraient ainsi les ressources mobilisées. Plus précisément, les mouvements corporels aideraient la mémoire de travail à traduire les pensées en mots, en dirigeant l'attention vers le terme recherché et en empêchant ainsi l'exécution d'autres tâches simultannées (par exemple, penser à la suite de la conversation, regarder autre chose, etc...)

Nos gestes pourraient-ils également nous desservir?

Bien que les mouvements corporels et la parole émergent tous deux de la même pensée, les gestes sont produits de façon instantanée, tandis que la production verbale nécessite un traitement plus long et plus complexe. Cette différence dans la rapidité d'exécution peut provoquer une sorte de lapsus.
Par exemple, dans une situation où notre patience est mise à rude épreuve, nous parvenons généralement à dissimuler notre ressenti dans notre discours, étant donné que l'élaboration des phrases et le choix des mots employés émanent d'un mécanisme complexe et suffisamment long pour que l'on puisse avoir un certain contrôle sur nos paroles.
En revanche, ce n'est pas forcément le cas de notre gestuelle. En effet, l'exécution instantanée de certains gestes ne nous laisse pas forcément le temps de tous les inhiber. De fait, certains mouvements spontanés peuvent révéler quelques signes d'impatience et ainsi nous trahir.


Inspiré des travaux de Gabriele Paschek et de David McNeill.


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